La bataille des retraites commence

Par TF1 News (D'après agence), le 11 avril 2010 à 12h04 , mis à jour le 12 avril 2010 à 12h01

Dossier : Quel avenir pour les retraites ?

Le défilé des partenaires sociaux qui débute ce matin chez Eric Woerth donne le coup d'envoi des discussions précédant la réforme destinée à sauver le système de retraites. Les syndicats refusent que les salariés en fassent seuls les frais.

travail senior télétravail emploi © DR

La concertation sur les retraites démarre ce lundi entre gouvernement et partenaires sociaux, alors que l'Elysée a ouvert la porte à un "prélèvement" pour financer les retraites, sonnant comme une réponse aux syndicats fâchés de voir les débats se concentrer sur l'âge de la retraite. Le défilé des dirigeants syndicaux et patronaux au ministère du Travail marque le coup d'envoi officiel de cette réforme tant annoncée. Eric Woerth reçoit successivement ce lundi les dirigeants de Force ouvrière, du Medef, de la CFDT, de la CGPME, de la CFTC, de la CGT, de l'UPA et de la CFE-CGC. Il recevra ensuite les représentants des fonctionnaires. Puis, mercredi, le Conseil d'orientation des retraites livrera de nouvelles projections financières qui nourriront le débat.

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Plus d'infos

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2010 prévoit d'ores et déjà que le déficit du régime général, qui concerne la majorité des salariés du privé, atteindra 10,7 milliards d'euros. L'an dernier, il s'est établi à 7,0 milliards, selon les chiffres quasi définitifs publiés le 2 avril, soit moins que les 8,2 milliards prévus jusqu'alors. Et avant même la publication des chiffres très attendus du COR, François Fillon a déjà donné son pronostic : "Si nous ne faisons rien, il nous manquera 100 milliards par an à l'horizon 2050".

L'inquiétude des fonctionnaires

Cette réforme, dont Nicolas Sarkozy et le gouvernement ont fait leur priorité pour 2010, doit répondre aux inquiétudes des Français sur la pérennité même du système de retraite, et rassurer les partenaires et les créditeurs de la France sur la capacité du pays à réduire ses déficits. La réforme, dont les contours se dessinent, s'ouvre dans un climat difficile pour le gouvernement, affaibli par la déroute de la droite aux élections régionales et une contestation au sein de la majorité de ses choix en matière de fiscalité. Le nouveau "Monsieur Retraites" du gouvernement, Eric Woerth, ne veut pas miner la concertation en donnant l'impression d'avoir un projet déjà ficelé, mais les pistes du gouvernement ne sont pas un mystère. Son prédécesseur, Xavier Darcos, avait été explicite au Sénat en janvier : "Dans un pays où l'espérance de vie s'accroît d'un trimestre chaque année, nous n'avons d'autre solution que de travailler plus longtemps".

Le gouvernement a écarté un changement structurel de système, auquel il préfère une réforme "paramétrique" qui ne lui laisse que la possibilité de jouer sur trois leviers : la durée effective de cotisation, le niveau des cotisations, et celui des pensions. L'exécutif, refusant de baisser le niveau des retraites, présente comme une conséquence logique de l'allongement de la durée de la vie celui du temps passé à travailler. Il dispose pour cela de deux grandes options : un nouvel allongement de la durée de cotisation nécessaire pour toucher une retraite complète, qui sera de 41 ans en 2012, et le relèvement de l'âge légal de la retraite, actuellement fixé à 60 ans. Mais les syndicats refusent de soutenir une réforme qui pèserait uniquement sur les travailleurs. Dans ce contexte, le quotidien économique Les Echos croit savoir que "l'exécutif prépare les esprits au relèvement de l'âge légal de départ", tout en estimant que gouvernement et partenaires sociaux "savent, déjà, qu'au bout du processus, il n'y aura pas d'accord".

Mais la solution d'un relèvement de l'âge de la retraite, seule, serait sans doute insuffisante ; aussi, pour justifier une éventuelle hausse des prélèvements, qui serait une entorse à la promesse de Nicolas Sarkozy de ne pas augmenter les impôts, l'exécutif a-t-il mis en avant la nécessité que la future réforme soit perçue comme "absolument juste". "Aucune réforme ne sera acceptable pour les Français si ce n'est pas une réforme marquée du sceau de l'équité", avait déclaré Eric Woerth en prenant ses nouvelles fonctions. Les fonctionnaires, qui seront eux aussi concernés par la réforme, craignent que cette exigence affichée "d'équité", doublée d'une volonté de simplifier les systèmes de retraite, ouvre la voie à une réforme prévoyant d'importantes concessions de leur part.

La présidente de la Cnav plaide pour un "bouclier retraite"

Danièle Karniewicz (CFE-CGC), présidente de la Caisse nationale de l'assurance vieillesse (Cnav), qui gère les pensions du secteur privé, a plaidé lundi pour un "bouclier retraite" qui garantirait un niveau minimum. "Il faut absolument qu'on trouve un consensus ensemble, pas pour dire sur quel levier on va jouer pour les retraites, mais pour dire quel niveau de retraite on veut préserver pour tous les salariés du privé", a-t-elle indiqué sur BFM radio. Danièle Karniewicz, qui est également chargée des négociations au nom du syndicat de cadres CFE-CGC, estime que ce "bouclier retraite" serait une "assurance pour tous les Français du privé". Interrogée sur le pourcentage de ce "bouclier retraite", la présidente de la Cnav a répondu qu'il serait "fonction des efforts" des partenaires sociaux, qu'elle a appelés à prendre leur "responsabilité".

Par TF1 News (D'après agence) le 11 avril 2010 à 12:04
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63 Commentaires

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  • william95260, le 14/04/2010 à 09h13

    C'est exactement ce qu'il faudrait faire mais bien évidement les syndicats s'y opposeraient, ils ont tord sur ce point et c'est bien dommage...

  • a.1.2.c.4, le 14/04/2010 à 01h31

    On le sait depuis longtemps "aciey" ... Ce n'est pas un scoop ...! :o)))

  • a.1.2.c.4, le 14/04/2010 à 01h30

    Pour créer une "taxe" ... il faut une "loi" ... "aciery" ... Vous qui savez tout (?) ... il y a un trou dans vos lectures ... Hilarant, non ? :o)))

  • a.1.2.c.4, le 14/04/2010 à 01h25

    @ "syberya", vos réserves sont infondées ... et il y a plus de grugeurs ... que vous ne puissiez l'imaginer ... Ou alors ... faire l'innocente pour masquer la vérité ...! \ Ö /

  • ilesmarquises, le 13/04/2010 à 00h32

    Bien dit aciery..... Et à contrario, je connais des fonctionnaires qui votent à droite..... Rien n'est tout blanc ou tout noir dans la vie.. Mais que voulez-vous... dans la tête de certains, les raisonnements sont tellement simplistes ! Je suis sûre que même des enfants d'école maternelle raisonneraient mieux que certains internautes qui postent des commentaires !

  • grin15728, le 12/04/2010 à 14h57

    Comment voulez vous résoudre le probléme des retraites :quand les leadres syndicaux sont fonctionnaires et quand les politiques ne montrent pas l"exemple ,mais de ce fait personne n'en parle ,bizarre non?

  • tipoussy01, le 12/04/2010 à 12h11

    Je pense que nous devrions demander à examiner les comptes de la sécu, branche maladie et branche retraite fin d'avoir une idée précise du problème. De même je pense qu'il serait intéressant d'avoir les chiffres des salariés licenciés à 55 ans depuis plus de 20 ans et ceux mis en pré-retraite à 57,5 ans sur le même laps de temps. Enfin, puisqu'on parle de prélèvement financier, pourrait-on voir l'évolutions des cotisations salariales et patronales depuis les années 1980 ainsi que l'évolution des taux de taxation des plus values boursières depuis 10 ans. Onpourrait voir ainsi que Chirac a supprimé la taxation des plus values Boursières, que les cotisations patronales ont moins augmenté que les cotisations salariales surtout à cause de la réduction dite Filion sur les cotisations patroales et que les déficits des caises de retraite et maladies sont dues au chômage principalement et aux entreprises qui ne payent pas leur cotisation tout en les prélevant chaque mois sur les salaires. Et enfin on verrait que le nombre de retraités a explosé ces 25 dernières années du fait de tous les plans sociaux où des centaines de milliers de salariés ont été mis en pré-retraite.

  • tipoussy01, le 12/04/2010 à 12h02

    Je me souviens de mon père décédé en 2005 partit en pré-retraite comme tant d'aures à l'âge de 57,5 ans; il avait reçu une médaille alors que j'étais encore enfant pour avoir fait 8 enfants. C'était sous Giscard fin des années 70 et on incitait encore les Français à faire beaucoups d'enfants alors que l'on savait déjà que le chômage était structurel et pas passager. On nous dit qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses de retraite; moi déjà, j'aimerais pouvoir le vérifier par moi-même et avoir accès aux comptes de la sécu, de la CAFet la caisse de retraite. Nous en avons le droit puisque nous cotisons obligatoirement chaque mois. Mais ces comptes bizarrement ne sont pas rendus publics par les gouvernements successifs. Et moi, je ne crois que ce que je vois. Ensuite, on nous dit qu'il faut partir à la retraite plus tard et qu'il faut aussi cotiser plus longtemps. Or des milliers de salariés sont licenciés chaque année à 55 ans et d'autres milliers sont mis en pré-retraite à 57,5 ans car la pré-retraite ne fait pas augmenter les chiffres du chômage. Donc, comment travailler jusqu'à 70 ans lorsqu'on vous pousse dehors une fois la 50è passée?? C'est contradictoire non? Et les jeunes, s'ils ont déjà du mal à trouver du travail, çà va être pire et à quel âge pourront-ils partir à la retraite? A 80 ans ou devront-ils travailler jusqu'à leur mort parce qu'ils n'auront pas pu cotiser suffisamment?? Bizarre que les Français n'y réféchissent pas à tout celà, c'est pourtant logique, non??

  • tipoussy01, le 12/04/2010 à 11h50

    Les pays voisins pensent?? Ah bon, donc il n'y a rien de fait. Avez-vous des noms à donner?? Après, c'est bien de dire qu'il faut travailler plus longtemps, à condition qu'on ne vous licencie pas à 55 ans ou qu'on ne vous fasse pas partir en pré-retraite à 57,5 ans. C'est plus d'1 million de personnes qui en plus de 20 ans qui se sont retrouvées dans cette situation et je peux en témoigner pour l'avoir vécu en 1986, 1987, 1989 dans une entreprise de 120 salariés. Ensuite si on repousse l'âge de la retraite celà veut dire que les jeunes vont commencer à travailler beaucoup plus tard et partiront encore plus tard à la retraite vers l'âge de 80 ans. Réfléchissez à tout celà avant de répéter ce que vous entendez..

  • mimo35, le 12/04/2010 à 11h42

    Il y en a vraiment ras le bol de voir tous ces commentaires racontant n'importe quoi!!!!!!!!! Mes parents étaient fonctionnaires et je peux vous assurer que leur pension de retraite n'atteint pas 1900 euros!!!!Vous pouvez enlever 800 euros!!! Ma mère a travaillé toute sa vie en 2.8 et mon père en 3.8 : 1100 euros de retraite pour 40ans de fonction public (eh oui, ils ont commencé à 17ans tous les 2) à bosser avec une conscience professionelle jamais pris en défaut. Quel privilège!!!!!!!!! Des faineants, on en trouve partout : dans le public mais aussi dans le privé. Et je sais de quoi je parle puisque j'ai bossé 10 ans dans le public avant de partir pour créer mon entreprise(Aujourd'hui, j'emplois 37 salariés) . Des faineants, j'en vois aussi dans mon entreprise.......privée. Par contre, je suis d'accord avec vous : il faut mettre tout le monde sur un pied d'égalité, salariés du public et salariés du privé. Car, j'enrage quand je vois tous les avantages qu'ont plusieurs de mes amis qui travaillent dans le ......privé : - les voitures de fonction - les semaines de ski à 150 euros la semaine ( oui, oui 150 euros!!!) - les tickets restos, les chèques vacances - les primes de résultats - les primes comptabilisées pour la retraite - les "journées bureau" à domicile où ils font tout sauf bosser!!! et j'en passe..... A bon entendeur. Un défenseur des salariés du public

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