Les "Sodimatex" sont fatigués

Par Franck LEFEBVRE, le 13 avril 2010 à 09h08 , mis à jour le 13 avril 2010 à 16h08

Il y a quelques jours, les salariés de l'équipementier automobile menacés de perdre leur emploi se disaient prêts à faire sauter l'usine. Ce mardi, ils reprennent les négociations. Avec fatigue et résignation.

Des salariés de Sodimatex menacent de faire sauter leur usine à Crépy dans l'Oise, le 1er avril 2010Des salariés de Sodimatex menacent de faire sauter leur usine à Crépy dans l'Oise, le 1er avril 2010 © TF1-LCI

Les salariés avaient lancé un ultimatum. Faute de reprise des discussions, la menace de détruire leur usine, brandie au début du mois d'avril, était toujours valable. Les négociations ont effectivement recommencé lundi, et après une interruption pour la nuit, doivent reprendre ce mardi à 18 heures à la sous-préfecture de Senlis, mais pour les "Sodimatex", le coeur n'y est plus.

  • Le directeur de PTPM libéré

    Retenu depuis lundi par le personnel, le directeur du fabricant de tissus pour automobiles à Aÿ, a été libéré mardi soir après un accord sur des négociations concernant la réindustrialisation du site promis à la fermeture.

    Publié le 27/04/2010 Le directeur de PTPM libéré
  • Après Sodimatex, l'action des salariés de PTPM

    Après des plaintes en justice, les salariés de PTPM, propriété du groupe Trèves -comme Sodimatex, menacée d'explosion par ses salariés au début du mois- retiennent depuis lundi soir leur direction dans l'usine à Aÿ censée fermer.

    Publié le 26/04/2010 Après Sodimatex, l'action des salariés de PTPM
  • Ils menacent de faire sauter l'usine, réunion à la mairie

    Des salariés de Sodimatex étaient toujours retranchés vendredi matin dans leur usine de Crépy-en-Valois dans l'Oise. Réclamant un meilleur plan social, ils menacent de faire exploser une citerne.

    Publié le 01/04/2010 Ils menacent de faire sauter l'usine, réunion à la mairie
  • Sodimatex : négociations tendues

    Les salariés de l'usine Sodimatex de Crépy-en-Valois, qui menacent de faire exploser une citerne de gaz pour réclamer de meilleurs indemnités de licenciement, ont quitté vendredi soir pendant deux heures la table des négociations.

    Publié le 02/04/2010 Sodimatex : négociations tendues
Plus d'infos

Les 92 salariés de l'équipementier automobile - qui produit des moquettes pour automobile - craignent de se retrouver sans emploi et sans ressources alors que le site doit fermer, et réclament une prime extra-légale de licenciement de 21.000 euros. Depuis l'annonce de cette fermeture, le 10 avril 2009, dans un bassin d'emploi particulièrement touché par la crise, toutes les négociations sur le plan social ont échoué et la tension n'a cessé de monter sur le site, jusqu'au 2 avril dernier, lorsque les salariés avaient menacé de faire exploser une citerne de gaz de près de cinq mètres de long pour détruire l'usine.

"On sera pratiquement prêt à céder"

Désormais Julio Tavarès, le délégué CGT de l'usine, laisse entrevoir une issue possible. "On sera pratiquement prêt à céder" car "tout le monde est fatigué", a-t-il dit lundi soir, évoquant, avant la reprise des discussions à Senlis, le "ras-le-bol" des ouvriers. Selon lui, les salariés lundi soir ont été à "60% positives et 40% négatives". Selon Patrick Testard, de la CFDT, les dernières propositions du groupe Trèves sont "bien en-dessous de ce qu'on demande. Ils nous ont encore baladés toute la journée, ça commence à bien faire".

Avant de se retrouver à la sous-préfecture dès 18 heures mardi, les salariés ont été consultés sur les dernières propositions du groupe Trèves, propriétaire de Sodimatex, dont les responsables syndicaux ont refusé de livrer la teneur. En début d'après-midi, les salariés ont voté sur ces propositions. Mais ils ont refusé de divulguer leur décision. "Il y a eu un vote, on le donnera ce soir à notre direction, parce qu'on blinde l'info", a déclaré à des journalistes Patrick Testard, délégué CFDT, disant avoir "peur" que la direction "se retourne".

De son côté, l'avocat de la direction du groupe Trèves, Me François Farmine a déclaré que les discussions de lundi ont été "constructives" et "confidentielles". Il a évoqué le besoin de "discussions jusqu'à ce que nous parvenions à un accord équilibré qui satisfasse les deux parties", tout en soulignant : "on pense évidemment aux salariés de Sodimatex, on pense également aux difficultés très importantes du groupe, on pense à la préservation des 1500 emplois du groupe Trèves en France". Signe de la tension de ces discussions, selon les syndicats, un salarié de l'usine qui avait été victime d'un infarctus dans le passé a été transporté à l'hôpital lundi soir après un malaise.

Par Franck LEFEBVRE le 13 avril 2010 à 09:08
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

5 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • syberya, le 13/04/2010 à 19h18

    Bravo, je vous suis à 1000% c'est lamentable de voir à quel point nous en sommes arrivés en France...pfitttt :o(( Cordialement syberya

  • monacfrance, le 13/04/2010 à 18h23

    Dieu sait si je ne suis pas révolutionnaire. Je suis de droite et le serai toujours mais ces hommes là feraient sauter leur usine que j'applaudirais à tout rompre. Leur refuser une prime de départ de 21 000 ? c'est une honte lorsque l'on sait que les lyonnais ont eu en football une prime de CHACUN 100 000 ? pour avoir battu ..... Bordeaux ! Il y a quand même des incohérences insupportables en France.

  • pascal-leh, le 13/04/2010 à 11h07

    Ces bien les gars vous vous êtes battu au moins pour défendre vos intérêts et vos emploi s de plus vous n'êtes pas resté dans l'ombre je vous soutien à cent pour cent

  • tipoussy01, le 13/04/2010 à 10h35

    Parce que les nuits sont froides.

  • 566456, le 13/04/2010 à 09h26

    Et pourquoi ils brulent des palettes ?

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience