Eric Woerth/Image d'archives © Abaca"Je veux faire quelque chose qui soit efficace et qui soit juste", a déclaré jeudi à la presse Eric Woerth, le ministre du Travail, après avoir, avec son secrétaire d'Etat Georges Tron, reçu quatre syndicats (Unsa, FSU, CGC, CFDT) sur la réforme des retraites qu'il prépare. La CGT, FO et la CFTC seront reçues lundi, et Solidaires le lendemain. Le ministre a estimé que le fait "qu'il y ait des règles différenciées entre public et privé n'est pas en soi choquant". "Ce qui compte, c'est de regarder si elles sont bien d'actualité, si elles sont équitables, si, au fond, les Français les acceptent", a-t-il dit. Eric Woerth a pris l'exemple de "la pénibilité" qui donne droit dans certaines professions du secteur public à un départ en retraite anticipée: "le parpaing public pèse le même poids que le parpaing privé". Six régions -autour de Paris, Lyon, Strasbourg, Nice, Rennes et Clermont-Ferrand- vont faire l'objet de contrôle expérimental renforcé par l'assurance-maladie des arrêts maladie de moins de six mois des fonctionnaires. Entre 195.000 et 350.000 personnes ont manifesté ce samedi partout en France, contre 465.000 à 1,2 million l'an dernier, pour ce 1er mai centré sur la réforme des retraites. Les syndicats avancent le contexte de crise de 2008 pour justifier cette mobilisation "moins importante". Les militants de Force Ouvrière, 650 selon la police, 2.000 selon les organisateurs, ont défilé seuls à Paris samedi pour la journée internationale des travailleurs, contre les projets de réforme des retraites. Les manifestations annoncées ce samedi, grand rendez-vous de mobilisation pour cinq syndicats à l'approche du sommet social du 10 mai, sont soutenues par 70% des Français, selon un sondage CSA. Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a de nouveau plaidé sur Europe 1 pour une réforme globale des retraites qui permettrait de lutter contre les inégalités, sans quoi il faudra recommencer dans cinq ans. Salaires, grèves, retraites, licenciement... Tout ce que vous voulez savoir sur les fonctionnaires sans jamais oser leur demander. Les propositions des syndicats et du PS sur la réforme des retraites ne sont pas à la hauteur, a déclaré dimanche sur Europe 1 le ministre du Travail, tandis que le leader de FO cherchait sur Radio J comment empêcher de repousser l'âge légal. Le ministre du Travail Xavier Darcos s'est déclaré dimanche en faveur d'un rééquilibrage des cotisations. Il a aussi estimé qu'il faudrait sans doute faire bouger le "curseur" de l'âge légal de la retraite. La patronne du PS estime que le rapport alarmant du Conseil d'orientation des retraites (COR) ne doit "pas être instrumentalisé", appelant à une "véritable négociation". Comment sauver les retraites ? Les scénarios établis par le Cor, et dont les grandes lignes ont été dévoilées mardi, doivent être présentées ce mercredi ; mais ils risquent de donner lieu à des interprétations politiques très divergentes. Sans réforme, le déficit des retraites atteindra au moins 70 milliards d'euros en 2050, selon l'hypothèse la plus favorable du Conseil d'orientation des retraites. Le ministre du Travail Eric Woerth a reçu les dirigeants des grands syndicats et du patronat. Ils ont critiqué les intentions et les méthodes du gouvernement. Martine Aubry présidera une réunion du parti dans huit jours sur le sujet. En attendant, les socialistes tentent de masquer des points de vue parfois divergents. Les manifestations ont réuni 800.000 personnes en France mardi, selon la CGT, 380.000, selon la police. L'Education nationale a connu la grève la plus suivie depuis le début de l'année scolaire. Ce thème est le plus symbolique du rendez-vous au cours duquel le nouveau ministre du Travail rencontre aujourd'hui les syndicats de fonctionnaires. Découvrez l'évolution du nombre de chômeurs et le taux de chômage trimestriel en France métropolitaine depuis 2006 (au sens du BIT).
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Les syndicats se sont inquiétés des projets prêtés au gouvernement, notamment d'une remise en cause possible du mode de calcul des retraites des fonctionnaires, basé sur les six derniers mois de salaires (les 25 meilleures années dans le privé). Le délai imposé par le gouvernement est "trop serré" pour envisager une telle modification, a protesté Brigitte Jumel (CFDT). Cela ne peut pas se faire "en deux mois", a-t-elle ajouté. Elle a rappelé que les primes du fonctionnaire étaient peu prises en compte dans le calcul des pensions, alors qu'elles représentent "en moyenne 24%", pouvant aller jusqu'à "40 à 50%". Au nom de l'Unsa, Elisabeth David a prévenu que revenir sur les six mois "peut se traduire par des grandes manifestations".
Fonctionnaires, pas nantis
Devant les syndicats, le ministre "n'a pas avancé de propositions et n'a pas donné de signes", a déploré Bernadette Groison, numéro un de la FSU. L'examen d'un projet de réforme étant prévu début juillet, la responsable syndicale s'est impatientée : "Nous attendons maintenant de rentrer dans le vif du sujet". Selon Elisabeth David, le gouvernement veut "essayer de combler" le déficit "considérable" du budget de l'Etat provoqué par le coût des retraites des 5,2 millions de fonctionnaires. Le montant des retraites des agents de l'Etat représente 34 milliards d'euros du budget en 2010. "En aucun cas nous n'accepterons de régressions pour les fonctionnaires", a dit Bernadette Groison.
En marge de cette consultation, le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly a mis en garde le gouvernement contre toute velléité de mettre "de l'huile sur le feu" dans un secteur déjà affecté par des restructurations et réductions d'effectifs. Pour sa part, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT s'est dit favorable à un niveau de retraite comparable entre public et privé "quels que soient les modes de calcul qu'on utilise dans l'un ou l'autre des régimes". Elisabethe David a contesté que "les fonctionnaires soient des nantis" car "beaucoup d'entre eux sont dans des situations très difficiles au moment de la retraite".
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