Le trafic des trains est de nouveau perturbé ce mardi, principalement dans les régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, au septième jour de la grève lancée par la CGT et Sud-Rail. La direction de la SNCF et les syndicats CGT et Sud-Rail n'ont pas renoué lundi le dialogue, rompu depuis le déclenchement du mouvement il y a une semaine. La SNCF a évalué le taux de grévistes à 28,4% chez les contrôleurs (contre 26,6% la veille), 30,1% chez les conducteurs (28,6%), et 4% parmi les prises de service prévues contre 3,26% lundi. Mais selon la CGT, le taux de grévistes atteint 44% chez les contrôleurs et 40% chez les conducteurs, soit les mêmes niveaux que ce qu'elle annonçait lundi. La SNCF dit observer "une légère augmentation du taux de participation" dans cinq régions du sud (Paca, Midi-Pyrénées, Alpes, Languedoc-Roussillon et Limousin).
La direction de la SNCF se veut toujours optimiste sur le trafic, bien que les syndicats ayant appelé à la grève l'accusent de minimiser l'ampleur des perturbations, au risque de provoquer la colère d'usagers se retrouvant sans train, et des tensions dans les gares. Officiellement, le trafic en ce mardi est donc comparable à celui de la veille : la circulation des trains est annoncée à 90% du service normal en Ile-de-France. Les perturbations concernent les RER B (la SNCF avance le chiffre de 87% des rames prévues en circulation) et D (77%), avec deux trains sur trois prévus aux heures de pointe. La SNCF annonce en outre un train sur trois en gare de Lyon pour l'Ile-de-France, un sur deux sur la ligne La Verrière-La Défense, trois sur quatre sur Paris-Montparnasse et Paris-Nord.
Trafic "quasi-normal", affirme la direction
Sur les autres réseaux régionaux (TER), le trafic est censé être assuré à 79%, le Languedoc-Roussillon (50%) et Midi-Pyrénées (40%) étant les régions les plus touchées. Sur le réseau TGV, 82% des trains sont annoncés avec des perturbations sur le TGV sud est (trois sur quatre assurés) et les liaisons province-province (un sur deux). La SNCF confirme en outre ses prévisions de 71% sur le trafic Intercités et de 58% sur les Corail (province-province) et Téoz (province-Paris). Les trains de nuit nationaux sont annulés. Et le trafic international est annoncé normal sur Eurostar, Thalys, Artesia (Italie), Lyria (Suisse) ainsi que vers l'Allemagne.
La direction a proposé aux quatre syndicats représentatifs (CGT, Sud-Rail, CFDT, Unsa) une table ronde sociale pour discuter emploi, parcours professionnels, conditions de travail et ouverture à la concurrence du transport régional. Cette rencontre se tiendrait le 21 avril ou "plus tôt, si trois éléments sont réunis : le retour à la normale du trafic, la participation de tous les syndicats, une discussion sur tous les sujets qui intéressent les cheminots".
Le PS et les Verts entrent dans la danse
Mais la CGT et Sud-Rail veulent une négociation avec les seuls syndicats grévistes (la CFDT, qui avait déposé un préavis à partir du 6 avril, l'a finalement retiré et l'Unsa ne s'était pas associée à ce mouvement dès le début) et sans condition préalable de fin de conflit. "Soit la direction prend d'autres initiatives que la table ronde du 21 avril, soit elle prend le risque du pourrissement et de perturbations notamment ce week-end en pleines vacances scolaires", a lancé mardi Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-cheminots. Pour Sud-Rail, "jouer le pourrissement en dit long sur le sens que donne la direction au dialogue social; c'est inacceptable". Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault est aussi monté au créneau en déclarant qu'il n'était "pas normal qu'après sept jours de grève, on ne puisse pas discuter avec l'entreprise publique".
La grève a également pris une tournure politique, à l'initiative de la gauche. Pour le Parti socialiste, Razzy Hammadi, secrétaire national aux services publics, a estimé que "la direction de la SNCF se retrouve livrée à elle-même du fait du désengagement de l'Etat", citant notamment "l'augmentation des droits de péage et la non-garantie de financement de son plan fret". Pour les Verts, "la négociation doit remplacer la logique du rapport de force adoptée par le gouvernement et la SNCF" critiquant également le "désengagement récurrent de l'Etat" et l'abandon d'une "grosse partie de ses trains de marchandises". A droite, la classe politique est silencieuse depuis les déclarations, le 8 avril, du secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau qui avait qualifié le conflit "d'incompréhensible et d'inutile".








