Aide aux personnes âgées © TF1/LCILe collectif Génération Précaire s'était battu pour obtenir que tous les stages donnent droit à une gratification minimum (417 euros par mois), afin d'éviter les abus. Cette avancée, entrée en vigueur en 2008 pour les stages de plus de trois mois et depuis fin 2009 pour les stages de plus de deux mois, a été étendue à la fonction publique l'été dernier. Mais elle risque d'être en partie remise en cause à travers une proposition de loi examinée ce jeudi au Sénat qui privera, si elle est votée, les élèves éducateurs et futures assistantes sociales de toute rémunération pendant leur stage obligatoire de fin d'études.
Travailleurs sociaux : les stagiaires ne seront plus payés
Le Sénat a adopté jeudi une proposition de loi qui supprime la rémunération des stages obligatoires de fin d'études pour les élèves éducateurs et futures assistantes sociales.
Publié le 29/04/2010
La proposition de loi, déposée par les sénateurs Nicolas About (centriste) et Sylvie Desmarescaux, prévoit en effet de faire marche arrière dans les secteurs sanitaire, social et médico-social, au moins jusqu'en 2012. Le texte, composé d'un seul article, stipule ainsi la "non-gratification des stages effectués par les étudiants et élèves travailleurs sociaux". Pour ses promoteurs, c'est "la réponse la plus à même de résoudre rapidement le problème de raréfaction de l'offre de stages" dans ces secteurs.
Les promesses de 2008
Faux, estime Génération Précaire qui reconnaît que les étudiants en carrière sociale peinent à trouver des stages dans les structures associatives notamment, mais qui estime que "la réponse passe par des déblocages de fonds de l'Etat". Dans un communiqué, le collectif s'inquiète que le Parlement puisse ainsi ouvrir une brèche et que les employeurs d'autres secteurs ne réclament à leur tour des exemptions pour supprimer la gratification conquise de haute lutte. Inscrite en principe dans la loi pour l'Egalité des chances en 2006, elle n'est devenue réalité que deux ans plus tard au prix d'intense pressions et tractations avec le patronat et l'Etat. "Avec cette proposition de loi, on revient finalement au raisonnement selon lequel la jeunesse est un poids, et donc il faut dédommager les entreprises pour qu'elles leur fassent une place", a déploré jeudi Génération Précaire.
Ce texte constitue en outre un revirement par rapport aux promesses faites il y a deux ans. Au printemps 2008, les étudiants du secteur sanitaire, social et médico-social (qui recouvre des structures aussi diverses que foyers d'accueil, établissements pour handicapés, pour personnes âgées, pour jeunes en difficulté ou mineurs délinquants, centres d'action médico-sociale ou de réadaptation professionnelle), en butte à des problèmes pour effectuer leur stage de fin d'études, avaient manifesté à plusieurs reprises et interpellé l'Etat pour qu'il aide les associations ou collectivités locales les accueillant en stages à financer leur gratification. La Direction générale de l'action sociale avait alors assuré que l'Etat et l'assurance maladie prendraient en charge les dépenses correspondantes pour les établissements et services qu'il finance.
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