François Chérèque (CFDT) et Bernard Thibault (CGT) manifestent ensemble à Paris le 13 juin 2009 © REUTERS / Gonzalo FuentesEric Woerth a déclaré mercredi soir que le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans d'ici 2018 ne serait pas renégocié. Mais, en théorie, le projet peut encore faire l'objet de discussions avec les syndicats. Le ministre a reçu jeudi et recevra de nouveau vendredi les partenaires sociaux pour éventuellement amender le projet, avant que Nicolas Sarkozy ne rende ses derniers arbitrages, vendredi étant la date butoir pour finaliser le texte si le gouvernement veut tenir les délais légaux pour un passage en Conseil des ministres le 13 juillet.
Retraites : Chérèque espère deux millions de manifestants
Les syndicats attendent une forte mobilisation dans la rue ce jeudi pour faire reculer le gouvernement sur la réforme des retraites.
Publié le 23/06/2010
Retraites : la guerre des sondages
Les Français sont abondamment sondés sur la réforme. Avec des résultats parfois divergents. Alors que, selon un sondage publié par Le Figaro, 58% des Français jugeraient le report de l'âge légal "acceptable", Bernard Thibault monte au créneau.
Publié le 23/06/2010
Retraites : deux Français sur trois sont pour la grève
A deux jours de la date prévue pour la journée de mobilisation contre la réforme des retraites, la grève dispose d'un large soutien au sein de la population, selon un sondage diffusé dans Les Echos.
Publié le 22/06/2010
Manifestation de jeudi : ce sera sans FO, sauf exception
Alors que le ministre du Travail a écarté lundi l'hypothèse d'un référendum sur les retraites, le secrétaire général de la CFDT a tablé sur "une très grosse manifestation jeudi".
Publié le 21/06/2010
Manif sur les retraites : Chérèque optimiste, Woerth intraitable
Alors que le ministre du Travail a écarté lundi l'hypothèse d'un référendum sur les retraites, le secrétaire général de la CFDT a tablé sur "une très grosse manifestation jeudi".
Publié le 21/06/2010
Retraites : Nicolas Sarkozy rend ses derniers arbitrages
Le gouvernement poursuit vendredi un dernier round de concertation express avec les partenaires sociaux pour finaliser son projet de réforme dévoilé la veille. Le projet ne sera amendé qu'à la marge.
Publié le 18/06/2010
Woerth : "Nous ne reviendrons pas sur les 62 ans"
Le ministre du Travail est venu défendre mercredi soir au 20 heures de TF1 l'avant projet de réforme des retraites présenté dans la matinée. Il l'a clairement exprimé : le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite ne sera pas renégocié.
Publié le 16/06/2010
Et pour les fonctionnaires, quel est le menu ?
Le gouvernement souhaite aligner en 10 ans le taux de cotisation retraite des fonctionnaires sur celui du privé, le faisant passer de 7,85% à 10,55%.
Publié le 16/06/2010
Retraites: Aubry dénonce une "réforme irresponsable"
La réforme des retraites présentée par le gouvernement est marquée du sceau de l'injustice et de l'irresponsabilité, a jugé mercredi le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry.
Publié le 16/06/2010
Quelle contribution pour les gros revenus ?
Eric Woerth a chiffré à 3,7 milliards d'euros les recettes en 2001des nouvelles taxes qui concerneraient 350 000 foyers fiscaux.
Publié le 16/06/2010
Réforme des retraites: dernier arbitrage élyséen vendredi
Après sa présentation mercredi matin par le ministre du Travail Eric Woerth, le texte sera de nouveau soumis à Nicolas Sarkozy vendredi, après de nouvelles consultations avec les partenaires sociaux.
Publié le 15/06/2010
Après avoir été reçu par M. Woerth, le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a déploré jeudi n'avoir reçu "aucune réponse". "Il me semble, mais ce n'est pas une surprise, qu'il n'y a pas de marge de manoeuvre: pour moi, c'est terminé. Prochaine étape le 24 juin, ce sera une journée décisive", a-t-il dit, faisant allusion à la nouvelle journée de manifestations et de grèves prévue le 24 juin, à l'appel de l'intersyndicale (CGT, CFDT, CFTC, FSU, Solidaires, Unsa), après une mobilisation en demi-teinte le 27 mai. De leur côté, la CGT et FO ont décidé de boycotter les nouvelles discussions au ministère. "Si c'est pour discuter des centièmes derrière la virgule, ce n'est pas la peine", a déclaré un porte-parole de FO. "Le ministre a dit clairement qu'il ne reviendrait pas sur la philosophie du texte. Or nous, c'est tout le texte que l'on veut changer", a renchéri Eric Aubin (CGT).
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, avait déclaré mercredi sur TF1 qu'il ne voyait pas "l'utilité d'avoir des discussions" d'ici vendredi avec le ministre du Travail. Et ce casus belli pourrait bien donner du tonus à une unité syndicale qui a du mal à se faire sur les retraites. Si FO a fait jusqu'à présent cavalier seul, Jean-Claude Mailly n'a pas écarté mercredi soir la possibilité de manifester aux côtés des autres syndicats. Il en débattra avec les instances dirigeantes de son syndicat le 21 juin.
"Un recul sans précédent"
Autre image symbolique, François Chérèque et Bernard Thibault s'étaient sont présentés ensemble au journal télévisé de France 2, où ils ont dénoncé d'une même voix "un recul sans précédent". Pour Bernard Thibault, "ce qui caractérise cette réforme, c'est la recherche d'économies rapides en rabotant les droits sociaux. On est sous la pression des marchés financiers, on est sous la pression des agences de notation, et il faut raboter les droits des salariés de façon particulièrement injuste. La plupart des organisations syndicales partagent le caractère très néfaste du projet de réforme". Le leader de la CGT a donc appelé "tout le monde à être dans la rue et en grève le 24 juin". Pour sa part, François Chérèque a précisé qu'il acceptait de rencontrer le ministre du Travail jeudi pour lui "faire des propositions alternatives". Mais "si le gouvernement ne suit pas, et je pense qu'ils ne vont pas beaucoup bouger, il faut qu'on soit dans la rue le 24 pour montrer notre mécontentement", a-t-il souligné. Tout en notant : "face à la réforme du gouvernement qui fait payer 85% de la réforme uniquement aux salariés avec des mesures injustes, je crois que la présence de Bernard et moi sur le plateau est un signe".
A l'issue des entretiens, jeudi, M. Woerth a promis d'être "attentif" à la journée d'action de jeudi, reconnaissant les "différences d'appréciation" avec les centrales syndicales.Il a aussi rejeté les critiques de l'opposition qui, selon lui, "prépare les primaires de l'élection présidentielle, pas la réforme les retraites".
A l'unisson des syndicats, la gauche dénonce une réforme qu'elle a promis de combattre dans la rue et au Parlement. Le Parti socialiste a de nouveau assuré qu'il abrogerait la mesure phare du projet gouvernemental - le recul de l'âge légal de la retraite à 62 ans - s'il revenait au pouvoir en 2012. "Cette bataille n'est pas terminée", a prévenu Pierre Laurent, qui doit prendre sous peu la succession de Marie-George Buffet à la tête du Parti communiste.
"Ce n'est pas forcément au moment de l'annonce de la réforme que la mobilisation est la plus forte, elle est parfois un peu plus tard et plus efficace", a estimé l'ancien ministre socialiste de l'Economie Michel Sapin, sur Europe 1. Critiquant la méthode et le calendrier du gouvernement, le premier secrétaire du PS, Martine Aubry, a assuré que la détermination de l'opposition serait durable, du mois de juillet - le projet de loi sera présenté en conseil des ministres le 13 juillet - à la rentrée prochaine. "Nicolas Sarkozy et François Fillon misent sur l'été, entre la Coupe du monde et les vacances" et sur "un débat bâclé à l'Assemblée nationale", a fait valoir l'ancienne ministre des Affaires sociales.
Ce ne sont pas les Français qui contrarieront l'opposition. 52% d'entre eux décrivent la réforme "injuste" et "inefficace" telle qu'elle a été présentée mercredi matin par Eric Woerth, selon un sondage CSA pour Le Parisien (1). Les mots sont durs ; sans surprise, le clivage est très marqué entre sympathisants de gauche, dont pratiquement les deux tiers dénoncent le projet en ces termes, et de droite, qui sont tout de même 23% à le juger "injuste" et 31% à le trouver "inefficace". L'opposition à un recul de l'âge de la retraite à 62 ans rassemble pour sa part 60% des sondés.
(1) Sondage CSA/Aujourd'hui en France/Le Parisien réalisé par téléphone le 16 juin sur un échantillon national représentatif de 940 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.
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