Retraites : Nicolas Sarkozy rend ses derniers arbitrages

Par DjS (d'après agences), le 18 juin 2010 à 07h07 , mis à jour le 18 juin 2010 à 08h40

Dossier : Quel avenir pour les retraites ?

Le gouvernement poursuit vendredi un dernier round de concertation express avec les partenaires sociaux pour finaliser son projet de réforme dévoilé la veille. Le projet ne sera amendé qu'à la marge.

Elysée Présidence Nicolas SarkozyLe palais de l'Elysée © TF1

Ce vendredi est une date butoir pour le gouvernement s'il veut tenir les délais légaux pour un passage de sa réforme des retraites en Conseil des ministres le 13 juillet. Et si Eric Woerth continue à recevoir les partenaires sociaux pour discuter des mesures annoncées en début de semaine, la marge de manœuvre est réduite puis le ministre a exclu de revenir sur le recul de l'âge légal de 60 à 62 ans d'ici 2018, auquel s'opposent quasiment tous les syndicats.

Plus d'infos

 
Les derniers arbitrages de Nicolas Sarkozy à l'issue de cette semaine d'annonce ne devraient pas chambouler le dispositif imaginé par le ministre du Travail. Ils devraient concerner la pénibilité, les "carrières longues" et les personnes relevant de plusieurs régimes de retraites. Le ministre du Travail et le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, recevront vendredi Bernard Van Craeynest (CFE-CGC) et Alain Olive (Unsa).

"La décision se prend ailleurs"

Premier syndicat reçu dès jeudi, la CFTC est ressortie déçue: "On venait sans illusion", a commenté à la sortie son président Jacques Voisin. La CGT et FO ont décidé de boycotter les nouvelles discussions au ministère. "Si c'est pour discuter des centièmes derrière la virgule, ce n'est pas la  peine", a déclaré un porte-parole de FO. "Le ministre a dit clairement qu'il ne reviendrait pas sur la philosophie du  texte. Or nous, c'est tout le texte que l'on veut changer", a renchéri Eric Aubin (CGT).

Devant ce qui leur apparaît une impasse, les syndicats ont déjà les yeux tournés vers la journée de mobilisation du 24  juin. Après avoir été reçu par Eric Woerth, le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a déploré n'avoir reçu "aucune réponse"."Le ministre n'a pas de réponses à donner parce que la décision se prend ailleurs." "Il me semble, mais ce n'est pas une surprise, qu'il n'y a pas de marge de manœuvre: pour moi,  c'est terminé. Prochaine étape le 24 juin, ce sera une journée décisive", a-t-il dit.

Le ministre du Travail Eric Woerth reçoit la délégation du Medef conduite par Laurence parisot le 17 juin 2010
Eric Woerth
"Il faut une réaction à la hauteur de l'attaque"

Une intersyndicale CGT-CFDT-Unsa-FSU-Solidaires, réunie jeudi après-midi, a appelé une nouvelle fois à une participation massive, dénonçant un projet de réforme "inacceptable, injuste" et "brutal". Elle espère mobiliser jeudi prochain davantage de gens que lors de la journée d'action du 27 mai, où entre un million de personnes selon les syndicats et 395.000 selon la police avaient défilé. Force ouvrière, qui faisait jusque-là cavalier seul contre le projet, n'exclut plus de rejoindre le mouvement. La confédération se prononcera lundi. Pour le leader de la CGT, Bernard Thibault, "il faut une réaction à la hauteur de l'attaque" car il est "important que le gouvernement ait un signal clair de la réaction des salariés".
 
A l'issue des premiers entretiens, Eric Woerth a promis d'être "attentif" à la journée d'action de jeudi, reconnaissant les "différences d'appréciation" avec les centrales syndicales. "La mobilisation sera certainement forte. Nous l'attendons, nous ne la redoutons pas", a-t-il dit sur RTL.

Les Français partagés sur la retraite à 62 ans

S'ils se montrent toujours opposés au recul de l'âge légal de la retraite de 60 à 62 ans, les Français ne le sont qu'à une courte majorité de 54% contre 45% d'opinions favorables, selon un sondage BVA (1). L'hostilité est forte parmi les sympathisants de gauche (77% sont contre),  tandis que 77% de sympathisants de droite déclarent soutenir la réforme.
Le sondage montre aussi un clivage entre générations, les partisans se recrutant surtout parmi les moins concernés avec 51% d'avis favorable parmi les 50-64 ans et 63% parmi les 65 ans et plus, mais une majorité d'opposants à la fin de la retraite à 60 ans chez leurs cadets.
Une majorité écrasante (84%) jugent que la réforme ne permettra pas d'équilibrer durablement le financement des retraites. Seulement 33% des personnes interrogées croient à la promesse du PS de revenir à un âge légal de 60 ans s'il gagne l'élection présidentielle 2012, une  proportion qui monte à 51% parmi les sympathisants de gauche et 60% pour les  proches du parti socialiste.

  • (1) Sondage BVA/Canal+ réalisé par internet le 16 et 17 juin sur un échantillon national représentatif de 1171 personnes de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas.
Par DjS (d'après agences) le 18 juin 2010 à 07:07
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

44 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • roucoucou17, le 19/06/2010 à 06h16

    Vous avez pas d humour je vois ,j aurai une petite retraite,donc j essaye de rever hc46 et chon28..après tout pkoi j aurai pas le droit d etre assisté à ce moment là ,puisque le gouvernement le trouve normal et qu on distribue de l argent à un homme qui a plein de maitresses par la caf..moi je suis seule je leur couterai moins cher que cet homme..ayez de l humour et de la derision...et puis j aurai tout fait jusqu au président....na

  • antirobert21, le 18/06/2010 à 21h18

    Hein aciery, on n'arrive même plus à le vouvoyer tellement il enerve avec son rabachage!

  • aileaime, le 18/06/2010 à 19h14

    à hc il y a 20 ans nous fêtions le bicentenaire . Aujourd'hui le devoir de mémoire s'efface avec la disparition des témoins . Des décharges publiques prennent place sur des lieux de combats de la Grande Guerre , là ou sont encore enseveli les corps de combattants .Qu'est-ce qui est fini ?

  • alain-paris, le 18/06/2010 à 19h13

    @hc46 : Il en avait de la chance votre père, ses aieux travaillaient 70 heures par semaine sans congés payés, les enfants travaillaient tout petit (quels gémissements a poussé le MEDEF de l'époque quand on l'a interdit. c'était la ruine de l'économie assurée). pas de sécu, pas de retraite. C'était au XIXème siècle me direz vous. oui certes, mais comme on y retourne tout droit ....

  • flacleco, le 18/06/2010 à 19h11

    7% oui, helas..!! Un jour, vous comprendrez mieux ,ce qu'est un syndicat, mais je crains pour vous, qu'il sera alors trop tard. Cdlt

  • pilepoil13, le 18/06/2010 à 18h54

    J'aime aileaime.

  • hc46, le 18/06/2010 à 18h34

    Les jeunes qui travaillent ils font 35 heures,mon père il en a fait 48 alors...

  • hc46, le 18/06/2010 à 18h33

    Et votre retraite il ne vous viendrait pas à l'idée de la gagner.On vit dans un monde d'assistés:Donnez moi!!!

  • hc46, le 18/06/2010 à 18h31

    Dites, l'URSS c'est fini depuis 20 ans

  • kline972, le 18/06/2010 à 17h54

    D'accord avec meurz.. On se demande ce qui dicte les commentaires de piou8piou !!! "une injustice faite aux rares jeunes qui travaillent" : on nage en plein délire !!! Mais c'est parce que le gouvernement veut nous maintenir au travail jusqu'à un âge canonique, que les jeunes subiront la plus grande insulte, puisqu'en partant très tard, nous empêchons (à notre corps défendant) justement l'embauche des jeunes. PAS BESOIN DE SORTIR DE L'ENA POUR COMPRENDRE CELA !!!

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience