Laurent Hénard, député et président de l’Agence nationale des services à la personne © LCI.fr / Olivier LevardLa rigueur trouve peu à peu son visage. Le ministre du Budget François Baroin a annoncé mardi qu'il allait tailler dans une série d'aides sociales pour redresser les comptes publics. Ces économies passeront notamment, annonce-t-il, par la suppression de l'abattement de 15 points sur les exonérations sociales dans le cadre de l'aide à domicile (garde d'enfant, ménage) pour les employés déclarés au salaire réel, soit quelque 300 millions d'euros par an. Pour TF1 News, Laurent Hénart, président de l'Agence nationale des services à la personne et député UMP de Meurthe-et Moselle revient sur cette annonce. Il critique une "'mauvaise idée" et propose d'autre pistes au gouvernement.
"Les services à la personne ne sont pas réservés aux riches"
Dans le cadre de la semaine pour l'emploi, le président de l'Agence nationale des services à la personne, revient sur leur image et les perspectives d'emplois du secteur.
Publié le 24/11/2009
TF1 News : Parmi les économies annoncées par le gouvernement, la suppression de l'abattement de 15 points sur les exonérations sociales pour les employés "déclarés au salaire réel" inquiète les ménages. Qu'est-ce que cela va changer pour ceux qui ont un employé à leur domicile ?
Laurent Hénart, président de l'Agence nationale des services à la personne : Il y a de part et d'autres beaucoup d'informations contradictoires : on entend parler, pêle-mêle, depuis mardi matin de niches fiscales, d'exonérations fiscales... Laissez-moi revenir sur ces différentes aides. D'abord, le gouvernement a compris l'essentiel. Il fallait pérenniser les exonérations d'impôts et elles restent la priorité. Il y a ensuite des exonérations de charges pour les publics fragiles (NDLR : personnes âgées) qui seront maintenues. Enfin, il y a pour les particuliers employeurs une exonération sociale de 15% qui a pour but de donner à leurs employés la même protection sociale qu'en entreprise en les déclarant au "salaire réel". C'est celle-ci qui est remise en cause.
TF1 News : Les ménages devront donc choisir entre précariser leur propre situation et celle de leurs employés !
L. H. : C'est pour cela que je pense que c'est une mauvaise idée. Le gouvernement aurait pu faire des économies budgétaires en simplifiant les exonérations au lieu de revenir sur quelque chose qui va fragiliser la protection sociale des employés du secteur qui a été le seul à avoir créé des emplois en 2009.
TF1 News : Vous êtes membre de la majorité. N'avez-vous pas pu faire passer ce message auprès du gouvernement ?
L. H. : Nous n'avons pas été consultés jusqu'à maintenant mais notre agence s'est réunie et j'ai décidé de demander un rendez-vous avec Christine Lagarde, François Baroin et Laurent Wauquiez. Il faut rappeler que la décision n'est pas encore prise et que Bercy fait ce type de propositions chaque année depuis le plan Borloo pour les services à la personne. C'est un marronnier ! Je compte aussi sur les parlementaires pour faire passer le message. Ils sont nombreux à être sensibles à la notion d'équité entre les employés.
Propos recueillis par Olivier Levard
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