Les salariés de General Motors ont bien voté à une large majorité le plan de reprise de l'usine de Strasbourg mais les syndicats refusaient encore, mercredi matin, de signer l'accord avec la direction. C'est lors d'une ultime réunion que la situation se serait finalement débloquée, la direction cédant devant la colère des syndicats, en tout cas selon leurs dires. " Ce matin à 10 heures, lors de la réunion avec les délégués syndicaux, la direction a accepté a 100% nos revendications. Elle a enlevé toutes les non-conformités qui ont pu être relevés", rapporte Jean-Marc Ruhland, délégué CFDT à Strasbourg.
Le constructeur avait en effet présenté mardi un plan exigeant de nouvelles concessions notamment un projet d'annualisation du temps de travail des employés, ce qui aurait pu conduire à des baisses d'heures supplémentaires et à de nouvelles conditions pour le travail du dimanche. Des concessions dont il n'était pas question dans le vote des salariés, selon les syndicats. " Nous leur avons dit de revoir leur copie. Il n'etait pas question de signer un tel accord", poursuit le délégué CFDT.
Le syndicat va-t-il finalement signer l'accord ? Jean-Marc Ruhland reste prudent : "Avant la signature, nous avons eu une réunion avec nos juristes pour essayer de lire entre les lignes de l'accord, afin de s'assurer qu'il n'y a pas d'autres points de non-conformités".
GM dément
Dans un communiqué, la direction de GM Strasbourg "dément formellement" avoir modifié le projet de nouveaux accords collectifs accompagnant la proposition d'achat par General Motors. "L'annualisation était parfaitement connue des représentants du personnel et des salariés puisqu'elle était en discussion depuis plusieurs semaines. C'est l'une des mesures négociées qui ont permis de renoncer à d'autres qui pouvaient engendrer une baisse de revenus (...)", affirme la direction. Jean-Marc Ruhland rétorque que" le referendum évoquait bien les annualisations mais elles ne concernaient que les RTT. Il n'a jamais été question du temps de travail ni du repos dominical dans les discussions".
La CGT qui avait appelé à voter "non", continuait mercredi à affirmer qu'elle ne signera pas le document alors que le repreneur a souhaité l'aval des quatre syndicats. Jeudi, le comité d'entreprise donnera son avis et la signature pourrait avoir lieu comme prévue vendredi, d'autant qu'après le recul de la direction de GM sur ses nouvelles exigences, " nos juristes ne relèvent plus aucune contradiction majeure", affirme la CFDT. Après quoi la maison-mère de Detroit devrait rapidement décider de la suite à donner.




