Une pharmacie © TF1/LCISi vous avez besoin de médicaments ce week-end, il vous faudra peut-être vous rendre... à la gendarmerie. Les trois syndicats représentatifs des pharmaciens d'officine, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, l'Union nationale des Pharmacies de France et l'Union des Syndicats de Pharmaciens d'Officine, ont annoncé vendredi en fin de journée le lancement d'une grève du service des gardes et des urgences pour attirer l'attention sur les difficultés économiques auxquelles ils sont confrontés.
La grève n'entravera pas l'accès aux médicaments, souligne Philippe Gaertner, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, qui rappelle que "lorsque les syndicats départementaux chargés d'organiser les gardes ne s'en occupent pas, ce sont les préfets qui le font et réquisitionnent les pharmaciens".
Une fermeture par semaine
"Le service sera normal en journée, seuls les soirées, les dimanches et les jours fériés seront concernés par la grève", ajoute Claude Japhet, président de l'Union nationale des pharmacies de France. "Les pharmaciens réquisitionnés offriront un service traditionnel", explique-t-il. "Dans certains départements, il faudra se rendre avec son ordonnance au commissariat ou à la gendarmerie" pour en bénéficier, alors que dans les autres, les personnes munies d'ordonnances pourront appeler directement le pharmacien de garde. Dans tous les cas, les pharmaciens réquisitionnés ne prendront en charge que les personnes disposant d'une ordonnance.
Par cette mobilisation, les pharmaciens souhaitent notamment obtenir une diminution de la dégressivité des marges, un phénomène qui limite leurs gains sur les ventes des médicaments les plus coûteux. Jusqu'en 1990, la marge sur la vente des médicaments remboursables, fixée par arrêté, était proportionnelle à leur prix de vente ; mais depuis 1990, l'instauration d'une marge dégressive a changé la donne : désormais, pour les pharmaciens, la marge en valeur relative est majorée pour les produits les moins onéreux, et minorée pour les plus chers. Mais les syndicats de pharmaciens jugent aujourd'hui ce système inadapté, du fait d'une faible inflation et de la volonté de maîtriser les dépenses de santé : l'Objectif national des dépenses d'assurance maladie, montant prévisionnel établi chaque année pour réguler les dépenses de l'assurance maladie, prévoit une hausse inférieure à 3%.
"Aujourd'hui, on est sur le rythme d'une fermeture d'officine par semaine. Les officines de petite taille situées dans les zones rurales ou les Zones Urbaines Sensibles sont les plus menacées, avec les grandes officines qui ont des charges d'emprunt fortes", explique Philippe Gaertner. "Sur les 20 dernières années, la marge des officines est passée de 32 à 21%. Peu de domaines d'activité ont réussi à réduire d'un tiers leur marge sans altérer le service", ajoute-t-il. Les trois syndicats ont rencontré le gouvernement le 1er juillet mais, selon Philippe Gaertner, cette réunion "n'a abouti à aucune proposition, bien que l'Etat partage (leur) constat". Les syndicats doivent être à nouveau reçus au ministère de la Santé le 20 juillet et décideront alors de poursuivre ou non la grève au-delà de cette date.
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