Un référendum pour sauver leur emploi

Par TF1 News, le 19 juillet 2010 à 08h20 , mis à jour le 19 juillet 2010 à 22h00

C'est le dilemme posé aux 1150 salariés du site General Motors de Strasbourg. Sont-ils prêts à un gel des salaires et à perdre des RTT pour sauver l'usine ? Un référendum est organisé ce lundi sur leur site.

General MotorsGeneral Motors © TF1/LCI

Pour conserver leur emploi, les 1150 salariés du site General Motors de Strasbourg sont-ils prêts à renoncer à certains avantages et à se rapprocher du coût de la main d'oeuvre au Mexique ? Ils vont en décider ce lundi par un vote interne. Pas question de réduire les effectifs, ni d'accepter des baisses de salaire brut, dans une usine où "les gens sont plutôt correctement payés", selon la CFDT. L'idée est plutôt de rogner sur différents avantages, comme l'intéressement, les cotisations patronales à la mutuelle de santé, les subventions au restaurant d'entreprise, ou sur les journées de RTT, dont 7 ou 8 (sur 17 par an) disparaîtraient. Le projet est soumis à l'ensemble des salariés sous la forme d'un référendum interne, organisé sous contrôle d'huissier.  Les résultats de ce référendum ne sont pas attendus avant mardi.
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Il y a dix ans encore, cette usine de boîtes de vitesse, implantée au bord du Rhin, était pourtant l'un des plus gros sites industriels en Alsace, avec 2400 salariés à l'époque. Mais au fil des années, les effectifs ont fondu. Avec la déroute du géant américain, l'usine a été placée en 2008 sous le contrôle de MLC, la coquille chargée de céder les actifs de GM. Depuis, les salariés vivent dans l'attente d'un repreneur, et craignent pour leur avenir. D'autant que des doutes planent sur la volonté de BMW, le principal client de l'usine, de maintenir ses engagements à l'horizon 2014.

"Nous refusons de signer un chèque en blanc"

La question

Référendum General Motors : et vous, seriez-vous prêt à renoncer à vos RTT pour sauver votre entreprise ?

Oui
Non

 
En juin dernier, coup de théâtre : le "nouveau" General Motors, désormais renfloué et détenu à 60% par l'Etat fédéral américain, propose de racheter son ancien site... mais à certaines conditions. "Ils nous ont dit : on vous reprend, mais il faut que le coût de la main d'oeuvre baisse de 10%", résume Jean-Marc Ruhland, le secrétaire général CDFT du comité d'entreprise. Car la direction du groupe, aux Etats-Unis, doit décider le mois prochain si elle confie la fabrication de boîtes de vitesse à Strasbourg, ou à une de ses usines au Mexique, où les salaires sont évidemment moindres.

"GM Company ne nous a jamais demandé de travailler comme les Mexicains, mais plutôt de faire un effort pour réduire l'écart avec les coûts pratiqués là-bas", dit un porte-parole de la direction du site strasbourgeois. "En contrepartie, GM a pris certains engagements, en garantissant notamment que, si l'usine devait fermer d'ici 2013 faute d'activité suffisante, la direction rembourserait aux salariés les efforts consentis", ajoute le porte-parole.

Pragmatiques, les élus CFDT de Strasbourg considèrent que le retour de l'usine au sein de GM serait "une bonne nouvelle". Car "si on leur dit non, ils iront voir ailleurs. Et notre avenir sera sérieusement compromis", analyse Jean-Marc Ruhland. Voilà pourquoi la CDFT s'est attelée à "trouver une solution pour faire baisser la masse salariale de manière à ce que ça fasse le moins mal possible aux salariés". Mais si le référendum de ce lundi est organisé par trois syndicats sur quatre, FO, la CFTC et la CFDT, l'autre syndicat qui "pèse" au sein de GM Strasbourg, la CGT, a toutefois appelé à voter "non" à ce qu'elle qualifie de "chantage de la direction". "Nous refusons de signer un chèque en blanc aux dirigeants de GM. Ils ne nous donnent aucune garantie sur l'emploi en contrepartie de ce qu'ils nous demandent", dit Roland Robert, de la CGT. "De toute façon, le rôle des syndicats n'est pas de faire baisser le revenu des salariés. Nous n'avons pas à nous comparer aux travailleurs qu'on exploite au Mexique, en Chine ou je ne sais où". Et même si le "oui" l'emporte, l'attitude de la CGT pourrait avoir une influence déterminante sur la décision finale de GM, qui ne souhaite s'engager que sur la base d'un consensus syndical.

Continental négocie des concessions salariales en échange d'un maintien de l'emploi 

La situation de GM à Strasbourg n'est pas unique, il y a déjà eu plusieurs cas similaires, de Bosch à Goodyear, en passant par Hewlett-Packard. Les salariés de Continental avaient eux accepté, au cours d'un référendum organisé en septembre 2007, de passer de 37h30 à 40 heures. La direction de Continental entend d'ailleurs revoir avec les syndicats les accords salariaux à Toulouse, Foix et Boussens : pour préserver leur emploi (2500 sur les trois sites), les salariés vont devoir accepter de travailler plus, sans compensation salariale. Mais pour l'instant, les négociations sont mal parties, la CGT et la CFDT qui représentent 60% des voix au comité d'entreprise ayant rejeté les propositions de la direction début juillet. Les deux syndicats comptent bien se servir des 38 millions d'euros de bénéfices réalisés en 2009 sur ces trois sites, le consentement à plus de 100 départs volontaires pendant la crise, et la prévision d'un chiffre d'affaires en hausse en 2010.


 

Par TF1 News le 19 juillet 2010 à 08:20
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43 Commentaires

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  • mondolino, le 20/07/2010 à 09h03

    Kikigigi44 vous avez aussi oublié LIBERTÉ. J'ai travaillé dur pour créer ma société et je ne compte pas mes heures mais je suis satisfait de ma situation. Je suis libre mais j'ai bossé dur pour ça.

  • tonmoulin52, le 19/07/2010 à 20h19

    Je n'ai pas de conseil à donner à celui qui se trouve confronté à ce type de chantage. Seulement il faut se dire à juste titre que la plupart du temps c'est reculer pour mieux sauter. Avec une prime de licenciement diminuée puisqu'elle est calculée sur le salaire et une allocation chômage diminuée elle aussi. Alors signer peut être mais avec un contrat et de solides garanties financière.

  • syberya, le 19/07/2010 à 17h21

    @nycole72---Oui... pour ceux qui bossent c'est de l'argent !!!!! Pour les autres ça s'appelle du chômage....en perspective....

  • oeuillet1, le 19/07/2010 à 17h17

    Je vous mets au défi de la place du patron et on en reparle ! ok à mon avis...... au vu de votre commentaire ! no comment !

  • kikigigi44, le 19/07/2010 à 17h14

    Bonjour Yannick ..... vous avez oublié .....FRATERNITE !!!!!

  • jlub84, le 19/07/2010 à 16h11

    Pas selon l'OCDE et de plus il ne faut pas confondre duree moyenne de travail (qui inclue entre autres les gens a temps partiel) avec duree legale de la semaine de travail.

  • kikigigi44, le 19/07/2010 à 16h04

    Chère Nycol72 : Tout d'abord vous nous dite que l'effet néfaste des 35 heures est d'avoir bloqué les salaires et après vous nous dite que le coût de la main d'oeuvre en France est trop élevé ..... j'ai beaucoup de mal à comprendre votre raisonnement !!

  • yannickatl, le 19/07/2010 à 16h03

    Questions: est ce que les mots riches, patrons/chef d'entreprise, travailleurs sont devenus des gros mots en France? Est ce que reussir par le travail est une honte? Faut il obligatoirment etre pauvre et au chomage pour etre une personne bien (attention je ne critique pas les chomeurs qui n'ont pas la vie facile)? L'egalite n'est pas de mettre tout le monde au smic, l'egalite c'est de donner la chance a tout le monde de s'enrichir par le travail. Si une personne veut travailler 35 heures, ok...mais il ne faut pas se plaindre que le salire soit plus bas qu'une personne qui passe sa vie au boulot.

  • pascalcaen, le 19/07/2010 à 15h38

    La suppression des emplois aussi parait inévitable, vu que toutes les entreprises ayant appliqué ce genre d'accord ont fini par licencier leurs salariés 1 an ou 2 après.

  • pasnade, le 19/07/2010 à 15h34

    Pour moi les 35 heures ,ses super,car on a plus de tempts avec notre famillle .car la vie passe trop vite.moi je dis vive les 35 heures mercie aubry vive 2012...

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