Droit au logement : l'Etat hors-la-loi

Par TF1 News, le 16 décembre 2010 à 07h15 , mis à jour le 16 décembre 2010 à 07h21

Trois ans après son entrée en vigueur, le droit au logement opposable, voulu par Nicolas Sarkozy et qui crée pour l'Etat une obligation de résultat, reste lettre morte pour des milliers de ménages fragiles : 10.000 rien qu'à Paris. Le Comité de suivi appelle l'Etat à "ne pas rester hors la loi".

immobilier logements foncier habitation

Entré en vigueur le 1er janvier 2008, le droit au logement opposable (Dalo), voté dans un consensus parlementaire rare et adopté le 5 mars 2007, a amélioré la situation de nombreux ménages fragiles et a permis à 30.000 d'entre eux d'être logés (c'est le cas pour 27.000 d'entre eux actuellement) ou hébergés (pour 3000 d'entre eux). Fait encourageant, le rythme des relogements "progresse significativement", souligne Bernard Lacharme, rapporteur du Comité de suivi de la mise en oeuvre du Dalo, entité rassemblant tous les acteurs du logement (organismes publics, élus et collectivités, HLM, syndicats, associations) et qui a publié mercredi son 4e rapport annuel. Néanmoins, ce rythme reste "très en dessous du besoin" et en conséquence, "les retards s'accroissent", s'inquiète le Comité.

  • Xavier Emmanuelli : " l'urgence sociale, personne n'y croit "

    Salué à droite comme à gauche pour son action, Xavier Emmanuelli a annoncé sa démission de la présidence du Samu social de Paris avec pertes et fracas. Un départ qui fait grincer beaucoup de dents.

    Publié le 20/07/2011 Xavier Emmanuelli : " l'urgence sociale, personne n'y croit "
  • Fin de la trêve hivernale, reprise des expulsions

    Les expulsions locatives reprennent mercredi matin avec la fin de la trêve hivernale qui les interdit, déclenchant de nouvelles critiques des associations contre la politique du logement menée par le gouvernement.

    Publié le 15/03/2011 Fin de la trêve hivernale, reprise des expulsions
Plus d'infos

Le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu s'est réjoui des 500 ménages relogés chaque mois en Ile-de-France, un doublement du rythme par rapport à 2009, tout en reconnaissant que c'était "insuffisant" et "qu'on ne savait pas gérer le flux de nouvelles demandes". Ainsi, le nombre des ménages prioritaires ne s'étant pas vus proposer de logements par le préfet était, au 30 juin, de 14.000, dont 12.500 en Ile-de-France et 10.000 rien qu'à Paris, des chiffres en augmentation constante. D'où cet appel de Bernard Lacharme : "Ce qui est nouveau cette année, c'est que la situation s'aggrave. Nous envoyons un message d'alerte".

Toujours des expulsions sans relogement

Parmi les "dysfonctionnements majeurs" de l'application du Dalo, le Comité relève les expulsions de ménages sans relogement, alors qu'ils étaient "prioritaires" justement en raison de ce risque d'expulsion, et leur "absurdité économique". "On ne peut se satisfaire d'un droit respecté dans 3 départements sur 4", insiste le Comité, qui rappelle que le Dalo a imputé à l'Etat une obligation de résultats, voulue par le président Nicolas Sarkozy. "Il n'y a ni fatalité à ce que la loi Dalo ne soit pas respectée, ni automaticité à ce qu'elle le soit", écrit le Comité, qui appelle l'Etat à ne pas "rester hors-la-loi". Pour Bernard Lacharme, "il faut cesser de ranger le Dalo dans ce qui est fait: il reste à construire".

Dans la "bataille" de l'offre de logement, explique le rapporteur, il y a la "bataille de fond", la construction, qui prend de 3 à 5 ans au mieux. Et la bataille immédiate passe par "une bonne attribution des logements sociaux", la mobilisation de logements dans le privé via des conventionnements ou encore l'incitation des organismes HLM à acheter dans "le diffus" (c'est-à-dire dans des copropriétés), ainsi que "la réquisition de logements vacants". Le gouvernement s'y est toujours refusé, mettant en avant la primauté du droit de propriété sur le droit au logement.

Le député UMP des Yvelines Etienne Pinte, qui présidait mercredi un colloque à l'Assemblée sur le Dalo, a invité maires et préfets à se saisir de cette "arme de dissuasion massive", rappelant que "la réquisition n'est pas une expropriation" et qu'en période de crise la force publique doit en faire usage "temporairement pour loger des gens". Cela vaut particulièrement pour l'Ile-de-France qu'il faut "sortir de l'impasse", selon le Comité de suivi, la région concentrant les deux tiers des recours Dalo et près de 90% des difficultés de mise en oeuvre.

Par TF1 News le 16 décembre 2010 à 07:15
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

20 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • big83000, le 17/12/2010 à 12h32

    Maman d'une petite fille de 5 ans, je suis expulsable du jour au lendemain, malgré loi dalloh ,qui au 30 aout 2010 devait me reloger,a ce jour je n'ai qu'une proposition d'hlm.en 3eme position alors que je suis prioritaire et bien sur celui ci a était attribuer au 2éme sur la liste,alors qu'ils avait un toit !!!!ou vas t'ont......Je vie dans l'angoisse d'être mise dehors du jours au lendemain depuis 8 mois.....Alors que beaucoup d'appartement hlm son vide ou vacant,ce une honte!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • a.1.2.c.4, le 16/12/2010 à 17h38

    Mais non ... les excuses sont à l'usage ... exclusif de Marie-Ségolène Royal ...! M'enfin, pas la neige ...! :o)))

  • margat, le 16/12/2010 à 16h17

    Et Versailles, Rambouillet, Chambord, Chenonceaux avec tous ces châteaux on devrait pouvoir loger tout le monde .................. LA VIE DE CHÂTEAU pour les ménages fragiles, à vous de visiter ensuite .. et chez vous il n'y a pas de place?? en cherchant bien

  • 33a25a52, le 16/12/2010 à 13h48

    La loi doit etre appliquée et surtout pour l'état qui se permet trés souvent de la faire appliquer à tous...mais surtout pas pour lui .....

  • meurz, le 16/12/2010 à 13h27

    Facile à dire mais pas facile à faire, le sol à Paris n'est pas extensible

  • meurz, le 16/12/2010 à 13h25

    Et pour en construire il faut du terrain, difficile de faire des logements sociaux à Paris ou le peu de terrain libre est à un prix exorbitant.

  • quincy08, le 16/12/2010 à 12h29

    Ok il n'y pas que Paris mais faut il encore que les gens trouvent un travail ailleurs. si les gens n'ont qu'un petit boulot sur Paris pour survivre, je ne pense pas qu'ils vont faire une croix dessus, surtout s'ils sont au bord de l'expulsion.

  • beaufdu69, le 16/12/2010 à 12h03

    Cette loi voulue par Sarkozy est une ineptie qui fait croire qu'on règle les problèmes par des lois ! La où il y a pénurie de logements , il faut en construire ou rénover ! Sinon , autant faire une loi pour empêcher la neige de tomber !! ( Et qu'elle présente ses excuses , la neige ...! )

  • geniuss006, le 16/12/2010 à 11h23

    Je te rejoins, il n'y a pas que paris... j'ai des potes qui bossent à paris, certes les salaires sont élevés (enfin pas pour tous), mais tout est plus cher... chez moi dans le sud, une bière c'est 2.30 euros, à paris 4 euros. idem avec tout, loyer, moi je paie 400 euros une maison ancienne de 130 m2 (4 chambres, salon, cuisine, buanderie) + une remise de 100 m2 partagée avec le proprio, à paris un pote paie 930 euros un 2 pièces de 60 m2... et moi j'ai pas le flot incessant des voitures, petit village, 5 minutes à pieds et je me promène avec mes filles dans les vignes

  • pins01190, le 16/12/2010 à 11h22

    T'inquiete pas le français et riche, tres riche d'ailleur y a pas de crise en france

Lire tous les commentaires

      logAudience