"Les 35 heures uniformes et obligatoires n'existent plus". Ce mot de Nicolas Sarkozy, jeudi, lors de ses voeux aux partenaires sociaux, a donné le signal de la réouverture d'un dossier douloureux : "Je considère qu'il n'est pas de sujets tabous, d'autant plus que la crise a changé la donne", a-t-il d'ailleurs souligné, en donnant son feu vert à l'UMP pour reprendre ce débat. Mais avec des conditions strictes : "Ne pas toucher au pouvoir d'achat des salariés" - "je n'accepterai pas ça", a-t-il martelé - et "ne pas peser sur la compétitivité des entreprises". Vent debout contre un détricotage des 35 heures, les syndicats ont relevé le "flou" des propos présidentiels. Il "n'a pas été du tout rassurant" et ne s'est pas engagé à maintenir "la durée légale" du temps de travail à 35 heures, a réagi François Chérèque, le numéro un de la CFDT. Jean-Claude Mailly, son homologue de FO, n'a voulu retenir que la volonté affichée par le chef de l'Etat de "ne pas toucher au pouvoir d'achat des salariés. Donc, il ne faut pas remettre en cause la durée légale" du temps de travail, a-t-il déduit.
Retraites : les décrets qui fâchent
Le gouvernement vient de transmettre aux partenaires sociaux les projets de décret qui précisent le volet pénibilité de sa réforme des retraites, dont le contenu peut encore évoluer.
Publié le 21/01/2011
Compétitivité : la France paye les 35 heures. Mais pas uniquement...
Selon une étude remise à Eric Besson, la France décroche par rapport à l'Allemagne en termes de compétitivité.
Publié le 20/01/2011
Sarkozy : les "35h uniformes et obligatoires", c'est fini
Dans ses voeux aux syndicats jeudi, le président a assuré que les 35h n'étaient pas un sujet "tabou", en posant les conditions du débat. Le souvenir de la bataille des retraites a aussi plané dans la salle des fêtes de l'Elysée. A la sortie, les avis étaient mitigés.
Publié le 06/01/2011
Retraites : la CGT veut une nouvelle journée d'action après samedi
Juste avant la réunion de l'intersyndicale pour décider de l'avenir du mouvement, Bernard Thibault propose une nouvelle journée d'action en novembre après celle de samedi, pour maintenir la pression tant que "le gouvernement n'acceptera pas de rediscuter".
Publié le 03/11/2010
Des propos en tout cas suffisamment ambigus pour poser la question de la survie des 35 heures. Cette question, l'institut Harris Interactive l'a posée à un peu moins d'un millier de sondés (935 personnes âgées de 18 ans et plus) et les résultats de l'étude sont publiés dans L'Humanité. Bilan : cinquante six pour cent des Français sont opposés à la suppression des 35 heures.
Une menace sur les conditions de travail ?
A la question, "Etes-vous tout à fait favorable, plutôt favorable, plutôt opposé ou tout à fait opposé à la suppression des 35 heures ?", 32% des Français se déclarent "tout à fait opposés" et 24% "plutôt opposés". Au contraire, 26% se disent "plutôt favorables" à la suppression de ce dispositif et 18% "tout à fait favorables", soit un total de 44% de Français souhaitant que cette mesure soit supprimée. Et lorsque l'on interroge les salariés qui bénéficient des 35 heures, 77% des sondés répondent qu'ils sont opposés à leur suppression.
Par ailleurs, 51% des sondés estiment que la productivité des salariés n'augmenterait pas en cas de suppression du dispositif. En revanche, cette suppression est perçue comme un facteur de détérioration des conditions de travail sans pour autant générer la relance de la croissance. A la question: "pensez-vous que si les 35 heures devaient être supprimées, cela entraînerait une détérioration des conditions de travail", 30% répondent "oui certainement" et 25% "oui, probablement" (contre 32% de "non probablement pas" et 13% de "non certainement pas").
Avant ces propos de Nicolas Sarkozy, la polémique sur les 35 heures avait été relancée par le député PS de l'Essonne Manuel Valls. Ses déclarations ont suscité la controverse dans l'opposition mais elles ont également déclenché une polémique au sein de l'UMP. Dans la majorité, les partisans de la remise en cause des 35 heures sont emmenés par Jean-François Copé, patron de l'UMP, et ceux qui ne souhaitent pas aller plus loin dans son démantèlement, tout en estimant légitime un débat sur le "coût du travail" sont menés par le ministre du Travail Xavier Bertrand.
(1) sondage a été réalisé en ligne les 5 et 6 janvier 2011 sur un échantillon de 935 personnes âgées de 18 ans et plus, d'après la méthode des quotas.
| Temps de travail: la CGT veut renégocier |
En plein débat sur les 35 heures, la CGT entend faire renégocier au sein des entreprises certains aspects de la loi Bertrand de 2008 sur le temps de travail, en s'appuyant sur la charte européenne des droits sociaux, a annoncé vendredi son secrétaire général Bernard Thibault. "Le temps de travail va être de nouveau d'actualité, mais pour une raison qui n'a pas encore été abordée puisqu'il se trouve que le comité européen des droits sociaux vient de déclarer la loi française sur le temps de travail de Xavier Bertrand non conforme à la charte européenne des droits sociaux", notamment sur le forfait jour et les astreintes, a déclaré Bernard Thibault sur RTL. "Nous allons nous faire fort de faire renégocier ces accords pour être conformes", a-t-il poursuivi. "Ce n'est pas vers un abandon de la référence aux 35 heures que nous allons aller (...) c'est pour avoir un accord plus conforme au droit européen", a-t-il lancé. |
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