La CGT a créé la surprise mercredi en annonçant qu'elle ne participerait pas à la traditionnelle cérémonie des vœux du chef de l'Etat aux partenaires sociaux, qui se déroulera jeudi. Ce boycott, inédit, est bien entendu politique. La centrale de Montreuil affirme ne pas vouloir participer à un "simulacre" après le conflit des retraites, marqué à ses yeux par "l'intransigeance" et le "dédain" de
Sarkozy adresse samedi soir les derniers voeux de son mandat
Pour la 5e et dernière fois de son quinquennat, Nicolas Sarkozy adressera samedi soir aux Français des voeux plus que jamais marqués par la crise mais aussi, cette fois, par la perspective de la présidentielle de 2012. En attendant, retour sur 4 ans de voeux en images.
Publié le 30/12/2011
Sarkozy : les "35h uniformes et obligatoires", c'est fini
Dans ses voeux aux syndicats jeudi, le président a assuré que les 35h n'étaient pas un sujet "tabou", en posant les conditions du débat. Le souvenir de la bataille des retraites a aussi plané dans la salle des fêtes de l'Elysée. A la sortie, les avis étaient mitigés.
Publié le 06/01/2011
Retraites : la CGT veut une nouvelle journée d'action après samedi
Juste avant la réunion de l'intersyndicale pour décider de l'avenir du mouvement, Bernard Thibault propose une nouvelle journée d'action en novembre après celle de samedi, pour maintenir la pression tant que "le gouvernement n'acceptera pas de rediscuter".
Publié le 03/11/2010
l'Elysée.
Le choix de la CGT est "une décision collective prise mardi à la commission exécutive pour dire qu'on ne peut pas aller à une invitation pour le verre de l'amitié alors que le gouvernement a méprisé le dialogue social", a déclaré à Maurad Rabhi, chargé des questions d'emploi et de chômage. "C'est d'abord par respect pour les millions de personnes qui ont manifesté", selon ce responsable, qui, comme le patron de la centrale Bernard Thibault, brillera donc par son absence. Suite à cette annonce, le président de la République a téléphoné à Bernard Thibault qui lui a expliqué les raisons de son refus de se rendre à l'Elysée.
Avant même l'annonce de la CGT, cette réception s'annonçait plombée par les médiocres relations qu'entretiennent syndicats et gouvernement, aggravées par le conflit des retraites. Les syndicats dénoncent aussi "les ponctions régulières de l'Etat" sur les fonds qu'ils gèrent paritairement (formation professionnelle etc.), dans un contexte morose, marqué par les restrictions budgétaires.
Le débat sur les 35 heures en toile de fond
Tous les autres syndicats jugés représentatifs (CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) ont
confirmé mercredi qu'ils iraient, eux, aux voeux du président, invoquant souvent
le respect de la "tradition républicaine". Hasard du calendrier, ces voeux surviennent au moment où ressurgit le débat sur l'hypothèse d'une refonte des 35 heures, qui sème la pagaille à droite après avoir provoqué le zizanie à gauche, lorsque Manuel Valls, candidat aux primaires socialistes, a ressorti l'idée des placards. Favorable à la mort de ce symbole des années Jospin, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé s'oppose au ministre du Travail Xavier Bertrand, qui ne souhaite pas y toucher. Chaque camp se targue d'avoir le soutien de Nicolas Sarkozy. Qui pourrait profiter de l'occasion de ces voeux pour dire lui-même ce qu'il en pense.
"L'aveu de sa propre faiblesse"
Dans le camp de la majorité, les réactions fusent après le boycott des vœux de Nicolas Sarkozy par la CGT. "Je regrette cette décision de la CGT parce que je crois que c'est une attitude profondément anti républicaine", pour Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur, sur France 2. Le président de la République a été "légitimement élu. Même si on n'est pas d'accord avec lui, on lui serre la main, on va à ses voeux, on écoute ses arguments", a-t-elle ajouté.
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, a dit regretter sur Canal +, "parce que je pense que c'est un rendez-vous républicain. On peut être en désaccord, on peut mener des combats" contre la politique gouvernementale mais "quand on est une grande formation syndicale, on est présent aux voeux du président de la République, ça me paraît tout à fait naturel".
Jacques Myard, député UMP, sur RTL : "Non seulement c'est une belle bêtise qu'il fait vis-à-vis des institutions et du dialogue social, mais c'est l'aveu même de sa propre faiblesse. En réalité, on a bien vu que dans toute l'affaire des retraites, les syndicats ont été incapables d'avoir une cohérence interne pour pouvoir dialoguer avec l'Etat. Bernard Thibault devrait y réfléchir à deux fois, car il signe aujourd'hui sa propre défaite. Je crois qu'il porte un mauvais coup au syndicalisme français".
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