Voeux de Sarkozy aux partenaires sociaux : ce sera sans la CGT

le 06 janvier 2011 à 06h31 , mis à jour le 06 janvier 2011 à 13h25

Dossier : Quel avenir pour les retraites ?

Pour la première fois, le syndicat a décidé de boycotter cette cérémonie, qui se déroulera jeudi, en signe de défiance vis-à-vis de l'exécutif. La CGT affirme ne pas vouloir participer à un "simulacre" après le conflit des retraites.

La CGT a créé la surprise mercredi en annonçant qu'elle ne participerait pas à la traditionnelle cérémonie des vœux du chef de l'Etat aux partenaires sociaux, qui se déroulera jeudi. Ce boycott, inédit, est bien entendu politique. La centrale de Montreuil affirme ne pas vouloir participer à un "simulacre" après le conflit des retraites, marqué à ses yeux par "l'intransigeance" et le "dédain" de
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l'Elysée.
 
Le choix de la CGT est "une décision collective prise mardi à la commission exécutive pour dire qu'on ne peut pas aller à une invitation pour le verre de l'amitié  alors que le gouvernement a méprisé le dialogue social", a déclaré à Maurad Rabhi, chargé des questions d'emploi et de chômage. "C'est d'abord par respect pour les millions de personnes qui ont manifesté", selon ce responsable, qui, comme le patron de la centrale Bernard Thibault, brillera donc par son absence. Suite à cette annonce, le président de la République a téléphoné à Bernard Thibault qui lui a expliqué les raisons de son refus de se rendre à l'Elysée.
  
Avant même l'annonce de la CGT, cette réception s'annonçait plombée par les médiocres relations qu'entretiennent syndicats et gouvernement, aggravées par le conflit des retraites. Les syndicats dénoncent aussi "les ponctions régulières de l'Etat" sur les fonds qu'ils gèrent paritairement (formation professionnelle etc.), dans un contexte morose, marqué par les restrictions budgétaires.
 
Le débat sur les 35 heures en toile de fond
  
Tous les autres syndicats jugés représentatifs (CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) ont
confirmé mercredi qu'ils iraient, eux, aux voeux du président, invoquant souvent
le respect de la "tradition républicaine". Hasard du calendrier, ces voeux surviennent au moment où ressurgit le débat sur l'hypothèse d'une refonte des 35 heures, qui sème la pagaille à droite après avoir provoqué le zizanie à gauche, lorsque Manuel Valls, candidat aux primaires socialistes, a ressorti l'idée des placards. Favorable à la mort de ce symbole des années Jospin, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé s'oppose au ministre du Travail Xavier Bertrand, qui ne souhaite pas y toucher. Chaque camp se targue d'avoir le soutien de Nicolas Sarkozy. Qui pourrait profiter de l'occasion de ces voeux pour dire lui-même ce qu'il en pense.

"L'aveu de sa propre faiblesse"
 
Dans le camp de la majorité, les réactions fusent après le boycott des vœux de Nicolas Sarkozy par la CGT. "Je regrette cette décision de la CGT parce que je crois que c'est une attitude profondément anti républicaine", pour Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur, sur France 2. Le président de la République a été "légitimement élu. Même si on n'est pas d'accord avec lui, on lui serre la main, on va à ses voeux, on écoute ses arguments", a-t-elle ajouté.
  
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, a dit regretter sur Canal +, "parce que je pense que c'est un rendez-vous républicain. On peut être en désaccord, on peut mener des combats" contre la politique gouvernementale mais "quand on est une grande formation syndicale, on est présent aux voeux du président de la République, ça me paraît tout à fait naturel".
  
 Jacques Myard, député UMP, sur RTL : "Non seulement c'est une belle bêtise qu'il fait vis-à-vis des institutions et du dialogue social, mais c'est l'aveu même de sa propre faiblesse. En réalité, on a bien vu que dans toute l'affaire des retraites, les syndicats ont été incapables d'avoir une cohérence interne pour pouvoir dialoguer avec l'Etat. Bernard Thibault devrait y réfléchir à deux fois, car il signe aujourd'hui sa propre défaite. Je crois qu'il porte un mauvais coup au syndicalisme français".

le 06 janvier 2011 à 06:31
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96 Commentaires

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  • sambrest, le 06/01/2011 à 19h52

    Gillou vous parlez comme si c'était réglé, ce qui n'est absolument pas le cas!

  • csoud, le 06/01/2011 à 18h32

    Réponse à desgriffes .... vous êtes aveugles et sourds ou quoi ? pour une fois soyons honnêtes calculons combien de familles, de personnes se sont retrouvées en grandes difficultés - encore plus qu'en raison de l'économie - au moment des grèves ? si vous n'avez pas conscience de cela c'est que vous n'^tes pas très crédibles (et pourtant je ne suis pas de droite!)

  • mcg35, le 06/01/2011 à 17h21

    Ceci porte un nom: Le manque de courtoisie, voire l

  • juniorgros1475, le 06/01/2011 à 17h01

    Goléador, il n'a pas été élu par 53% des électeurs, mais par 53% des voix valides. si vous comptez les abstentionnistes , les votes blancs et les votes non valide, il ne représente même pas 30% des électeurs, on ne peut pas appeler ça une majorité des français

  • margat, le 06/01/2011 à 16h36

    Les smicards sont toujours payés au smic, sinon ce n'est pas des smicards

  • bebert59560, le 06/01/2011 à 16h18

    Vivement 2012 qu'on puisse voir à l'oeuvre ceux qui réclament cette année future à cor et à cri.Je crois qu'il y aura du sport que ça sera tordant hilarant et même bidonnant!

  • titizom, le 06/01/2011 à 16h05

    Desgiffles : vous n'allez pas nous dire que cela en crée......lol. Beaucoup de français perdent de l'argent......et par conséquent il y a moins de création de poste....donc d'emploi, donc moins de chômage.....ainsi de suite

  • worldrunner, le 06/01/2011 à 15h54

    @ Aciery : vous lisez mal et interprétez trop vite. J'accepte totalement la différénce de position, la discute avec les syndicats, négotie et trouve un compromis. C'est souvent un résultat qui vient d'éffort de part et d'autre, un consensus qui ne met personne à mal, surtout pas l'entreprise et ses salariés. Mon point était de démontrer que ce dialogue, en france, notamment avec la CGT, n'est pas possible, puisque Thibault et ses sbires ne reconnaissent pas d'autre position que la leur, leur pensée unique et vraie (selon eux) et tout ce qui diffère génère grève, souvent même avant toute ébauche de discussion, juste "par principe". Il m'est arrivé, sans aucun remord, de "lacher" un peu de lest salarial, mais en contrepartie de qqchose, sur un accord trouvé avec des syndicats respectés de leur base, et autrement plus lourdement représentés dans les usines que les notres. "Je donne, tu donnes, tout le monde est content". C'est une négo normale mais comme dirait Ségo on fait du "gagnant-gagnant". Avec cela, on évolue, on avance, et le boulot reste dans le pays, voire on le pique à d'autres pays d'Europe ........

  • desgiffles, le 06/01/2011 à 15h33

    Pourquoi ecrivez vous des mensonges genre " des dizaines de milliers d emplois detruits a cause des grève ".... ces affirmations idéologiques ne reposent sur rien....

  • gillou955, le 06/01/2011 à 15h29

    En France nous faisons des grèves préventives, dans les autres pays, on la fait quand les négociations n'ont pas abouti. Voilà cherchez l'erreur.

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