A la Poste, la grève du "mal-être"

Par , le 29 mars 2011 à 10h27 , mis à jour le 29 mars 2011 à 13h12

Selon la direction, 13,23% du personnel est en grève ce mardi. Les salariés de la Poste sont en grève nationale pour dénoncer malaise social et conditions de travail.

la Poste

Selon leur direction, ils étaient 13,23% à faire grève ce mardi - 20 à 25% selon le syndicat Sud. Les salariés de la Poste sont appelés à cesser le travail au niveau national pour dénoncer, selon leurs syndicats, malaise social et conditions de travail dans l'entreprise. Pour Régis Blanchot (SUD-PTT), "c'est le mal-être au travail qui est le premier motif" de l'appel à la grève. Un mot d'ordre que reprennent l'ensemble des organisations, Colette Duynslaeger (CGT) y voyant "une alerte forte envers la direction". A Paris, une manifestation est prévue à la mi-journée au départ de la place Denfert-Rochereau vers Vaugirard, à proximité du siège du groupe. D'autres rassemblements sont attendus sur l'ensemble du territoire. Dans un appel commun, la CGT, SUD, la CFDT, et la CFTC ont dénoncé "une politique économique destructrice pour l'emploi et les conditions de travail", FO, l'UNSA et la CFE-CGC ayant appelé à la grève séparément. Pour Régis Blanchot, "il y a toutes les raisons de faire grève", car "les conditions de travail sont très très mauvaises", Mme Duynslaeger soulignant que"les restructurations sont au service de la rentabilité" et "se font forcément au détriment des conditions de vie et de travail".

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De son côté, la direction du groupe, qui emploie 276.000 salariés, dont environ une moitié de fonctionnaires, explique que "La Poste doit s'adapter à son environnement", mais souligne qu'elle a "le plus grand souci de la santé et de la qualité de vie au travail de tous les postiers".    Le groupe rappelle que "son modèle social est fondé sur la qualité de l'emploi et l'absence de plans de départs imposés".  Pour Régis Blanchot, il est impossible de dissocier les conditions de travail de l'emploi. Or, 11.700 postes ont été perdus en 2010 et, selon lui, 10.000 devraient suivre en 2011, malgré l'annonce du recrutement de 4.000 personnes, dont 2.500 en alternance.
 
"On est en train de vivre ce qu'a vécu à France Télécom"
 
Marc Duhem (Unsa), va dans le même sens, indiquant que "le problème aujourd'hui à la Poste, ce sont les suppressions d'effectifs" et le "manque de visibilité". Pour lui, "il faut une pause au niveau des réorganisations" car "il y a des endroits où c'est prêt à exploser". Alain Barrault (CFDT) affirme que même si la direction s'est engagée à espacer de 18 mois les réorganisations, les postiers sont "déstabilisés" par leur multiplication. Certains syndicats n'hésitent pas à faire un parallèle avec la situation qu'a connue France Télécom avant la vague de 35 suicides de 2008 et 2009. Pour la CGT, syndicat majoritaire, "France Télécom a connu aussi l'ouverture du capital, la privatisation, des choix stratégiques qui à un moment donné déniaient le rôle des salariés, avec une mise en cause du service public".
 
"On est en train de vivre en quelques mois à la Poste ce qu'on a vécu à France Télécom en quelques années", indique le syndicat, qui prévient que "les mêmes maux ayant tendance à produire les mêmes effets, (...) il faut sans attendre que la Poste se rende compte de ce qui est posé". Pour illustrer le malaise social, les syndicats pointent la multiplication des arrêts maladies, le coût des congés longue durée et congés longue maladie ayant augmenté de 4 millions d'euros sur deux ans. S'ils se refusent à évoquer les suicides, le chiffre de plus de 70 cas parfois cité étant plus que critiqué, le mal-être est bien réel pour les syndicats.
 
"Je ne suis pas sûre que La Poste mesure le niveau de la gravité de la situation, même si des premières mesures ont été annoncées, qui montrent qu'elle a quand même la volonté de mettre le couvercle sur la marmite", estime Joëlle Roeye (CGT), citant notamment les annonces liées au recrutement. Des mesures "très insuffisantes" pour le syndicat, "mais en même temps une ouverture de possibilités".

Par Olivier Levard le 29 mars 2011 à 10:27
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39 Commentaires

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  • kosotto1, le 29/03/2011 à 17h01

    Al38240 : la Poste est privatisée, vous ne payez donc pas d'impôts pour "la faire tourner"

  • gtom42, le 29/03/2011 à 16h49

    Le jour où vous critiquerez votre médecin, allez vous vous lancer dans des études de médecine ?

  • chronos34, le 29/03/2011 à 16h31

    Qu'ils changent de boulot,les beaux jours reviennent et en ce moment,c'est fout le nombre de mannoeuvres qu'on recherches dans les travaux publics.....

  • sincere86, le 29/03/2011 à 15h40

    Il faudra apprendre le sens du mot gratuit . et dans le service public ilsdevrait auusi voir le sens du mot aimable il y a du boulot a revoir

  • liliane46, le 29/03/2011 à 15h33

    Récemment, je me suis trouvée à la poste, j'avais une lettre à affranchir. 3 employées, personne au guichet, qui discutaient entre elles, pendant que les usagers faisaient la queue devant la machine à affranchir. J'ai demandé un timbre, dans un premier temps on m'a répondu que ce n'était pas possible, et qu'il y avait une machine pour cela, alors finalement je leur ai demandé si cela ne les dérangeait pas d'être là à ne rien faire, sauf discuter, pendant qu'on attendait devant une machine ! finalement j'ai eu mon timbre. Mais cela m'a montré que la seule règle qui prévaut est "être payé à ne rien faire" ! et en plus ça se plaint.

  • decl2ab, le 29/03/2011 à 15h11

    Petit sondage : quel est selon vous le métier le moins stressant ?

  • supermaman2007, le 29/03/2011 à 15h04

    Pourquoi faire greve, dans le privé si on n' est pas ou peu satisfait de son emploi, on demissionne et on en change Ce serait peut etre ca la secret!!!!!

  • robertfaible, le 29/03/2011 à 15h04

    @antirober21 si, elle va permettre de la concurrence, avec des sociétés qui n'ont pas nécessairement le "passif social" de la poste. ça peut être pire, mais ça peut être aussi beaucoup mieux. J'aurais tendance à vouloir donner sa chance au produit quand je vois où en est rendu la poste aujourd'hui et son "dynamisme".

  • robertfaible, le 29/03/2011 à 15h02

    Mais personne n'a dit qu'il avait envie : on peut critiquer la façon dont le service est rendu, ça ne veux pas dire qu'on veux le faire. Par contre il y a plein de gens qui vont le faire mieux que vous bientôt et dont c'est le metier, n'ayez crainte.

  • ke2807, le 29/03/2011 à 14h47

    Un conseil valable pour tous les syndicats : arretez de faire grêve, vous gagnerez en crédibilité si comme vous le dites vous n'avez pas d'avantages au vu des nombreuses greves qu'il y a, c'est que ça ne sert à rien de continuer !

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