Le ton monte dans le milieu, traditionnellement peu porté aux revendications, des arbitres. Le Syndicat des arbitres de football de l'élite (SAFE) a appelé samedi la ministre des Sports, Chantal Jouanno, à intervenir dans le conflit les opposant à la Fédération (FFF) et à la Ligue (LFP), qui a entraîné la désignation de directeurs de jeu de niveau inférieur pour les rencontres de ce week-end en Championnat de France. Une demande exprimée par le SAFE dans un communiqué rageur, où le syndicat a exprimé son "indescriptible indignation face à la réaction disproportionnée, injustifiée et proprement illégitime" de la fédération. "Nous ne laisserons pas la FFF attenter au droit syndical, qui est constitutionnel, au sein de notre République française. Ces pratiques autocratiques d'un autre temps ne devraient plus avoir droit de cité de nos jours", souligne le syndicat, qui représente les arbitres des première et deuxième divisions.
Arbitres contre FFF : la suite du match prévue mercredi
La ministre des Sports Chantal Jouanno, saisie du problème de l'arbitrage, réunira mercredi la FFF, la LFP, l'Union des clubs professionnels et le Syndicat des arbitres de football d'élite.
Publié le 05/03/2011
La grève des arbitres tuée dans l'oeuf par la FFF
Les arbitres du Championnat de France de football, qui avaient prévu un mouvement de protestation ce week-end, seront finalement remplacés par des arbitres amateurs. Pour protester contre le manque de respect à leur égard, ils comptaient retarder le coup d'envoi des rencontres de 15 minutes.
Publié le 05/03/2011
Il faut dire que, confronté à la menace du syndicat des arbitres de retarder d'un quart d'heure les coups d'envoi des matches de la 26e journée de Ligue 1, ce week-end, la FFF a annoncé vendredi soir que ces rencontres seraient dirigées par d'autres arbitres. Et elle a dénoncé une grève prenant pour paravent l'éthique, mais dont le motif, selon elle, serait purement financier, les arbitres réclamant une hausse substantielle de la somme qui leur est allouée... Le contexte était explosif depuis plusieurs semaines déjà mais les critiques récurrentes contre les hommes en noir, symbolisées par les convocations incessantes des différents acteurs du football (joueurs, entraîneurs, dirigeants) devant le Conseil national de l'éthique (CNE), ont fait déborder le vase et provoqué ce mouvement de révolte inédit. A ce grief s'en est ajouté un autre: la faiblesse des sanctions infligées par le CNE ou par la commission de discipline de la Ligue (LFP) pour "des attitudes ou propos irrespectueux à l'égard des arbitres".
Pressions
Mais le fait de vouloir retarder d'un quart d'heure le début des matches de Ligue 1 ne pouvait que constituer un casus belli pour la Ligue, dont les relations avec les arbitres sont loin d'être au beau fixe. Pour la LFP, qui doit lancer son appel d'offres sur les droits télévisuels de la L1 entre le 30 avril et le 15 mai, cette protestation tombe au plus mauvais moment. La 26e journée doit en effet se clore dimanche au stade Vélodrome par un choc entre le leader lillois et le champion de France en titre marseillais, diffusé en direct à 21 heures sur Canal+.
Selon une source proche du dossier, le président de la LFP, Frédéric Thiriez, et son directeur général, Jean-Pierre Hugues, ont mis "une pression forte sur la FFF" pour la pousser à réagir et éviter ainsi de voir le début des matches retardé. Les dirigeants de la Ligue ont notamment menacé, dans un courrier adressé à Fernand Duchaussoy, le président de la FFF, "de demander réparation du préjudice qui aura été subi par le football professionnel".
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