E-commerce cherche candidats

Par Carole GUIRADO-CAILLEAU, le 22 avril 2011 à 13h35 , mis à jour le 02 mai 2011 à 15h39

Semaine pour l'emploi - Depuis quelques années, on embauche beaucoup dans le commerce en ligne avec ou sans diplôme et surtout des jeunes. Petit tour d'horizon du secteur...

Détail du site Carrières de Venteprivee.comDétail du site Carrières de Venteprivee.com © DR / Venteprivee.com

 

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 Grand soleil, sans même un nuage à l'horizon, le e-commerce se porte bien. L'an dernier, 27 millions de Français ont acheté sur Internet faisant bondir les ventes de 25% et le chiffre d'affaires du secteur à 31 milliards d'euros. Les sites marchands fleurissent. L'an dernier, ils ont ouvert au rythme de deux par heure. 70 000 sites étaient actifs au second trimestre 2010 soit 16 000 de plus qu'en 2009.


"Cette  effervescence a un impact direct sur l'emploi", se réjouit Marc Lolivier, délégué général de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad). Au cours des deux dernières années, la moitié des postes créés dans le commerce l'ont été dans le web. En 2010, l'emploi dans le secteur a progressé de 15% et la tendance à l'embauche n'est pas près de faiblir. Selon une étude publiée par la Fevad, les trois quart des sites de e-commerces ont l'intention de recruter en 2011. Comme chez Vente-Privée.com, spécialiste du déstockage dans les univers de la mode et de la maison, et Pixmania, distributeur de produits numériques et culturels, où l'on prévoit d'intégrer une centaine de nouveaux salariés.


Des profils et des compétences variés

Les opportunités d'emploi sont nombreuses quels que soient les profils. Quasiment autant de diplômés de l'enseignement supérieur que de personnes peu ou pas diplômées travaillaient dans le e-commerce l'an dernier. Les non-diplômés et titulaires du baccalauréat auront ainsi leur chance en maintenance et en logistique, notamment en tant que préparateur de commandes. Le job consiste à rassembler les articles commandés par les internautes, parfois dans d'immenses lieux de stockage comme chez Amazon (voir vidéo à la fin de l'article), pour les envoyer le plus rapidement possible. Sur cette fonction, les  effectifs dépendent fortement du rythme d'activité des sociétés. A l'approche de Noël, les intérimaires viennent traditionnellement grossir les rangs de la plupart des sites marchands.


D'autres métiers du e-commerce requièrent un haut degré de qualification. Les attentes des employeurs sont élevées sur les postes en marketing, vente, achat et informatique. Mais exigence ne signifie pas sectarisme. "Nous privilégions l'expérience sur le web sans forcément exiger de grandes écoles, même si on apprécie ces profils aussi", précise Ulric Jérome, directeur exécutif de Pixmania. Même son de cloche chez Vente-Privée où l'on "essaie de mixer des jeunes diplomés issus de grandes ecoles et d'universités francaises et européennes".

La chasse aux candidats flexibles

Le secteur étant fortement concurrentiel et évolutif, les salariés doivent en revanche tenir le rythme. "On recherche des personnes dynamiques et capables de s'adapter au changement parce que le marché bouge très vite. On veut s'assurer que les gens évoluent rapidement parce que nous réinventons les métiers constamment", explique Constance de Montmarin, directrice du développement RH de Vente-privée. En outre, la culture du résultat est d'autant plus forte dans le commerce en ligne que les indicateurs de ventes et de productivité y sont très précis.

Difficile de travailler dans le e-commerce ? Possible, en tout cas le recrutement ne semble pas aisé. Le délégué général de la Fevad note qu' "il existe des tensions sur ce marché,  en raison d'écarts entre offre et demande d'emploi, autant sur le plan quantitatif que qualitatif". En clair, toutes les offres d'emploi ne trouvent pas preneur ou les postulants ne possèdent pas le niveau de compétence exigé par les employeurs.

Les exemples les plus saillants de cette pénurie de candidats se trouvent dans l'informatique et le e-marketing. Les développeurs, sorte d'architectes des sites web, font partie des profils les plus pointus et donc convoités par les entreprises du Net. La chasse au "traffic manager", responsable de l'analyse et de l'augmentation du trafic, et au "community manager", chargé de la communication avec les internautes pour les fidéliser, est également ouverte.


"L'ascenseur social est une réalité"

Si les recruteurs bataillent, les employés peuvent se réjouir de ne pas faire leurs armes dans un marché saturé. On gravirait plus facilement les échelons dans le commerce en ligne que dans d'autres secteurs. "L'ascenseur social est ici une réalité", affirme Marc Lolivier. "Je connais plusieurs cas de salariés qui ont débuté comme assistant et qui aujourd'hui occupent un poste de direction au sein de grands entreprises du secteur, ajoute t-il. Une personne qui participe au démarrage de l'entreprise peut espérer connaître une ascension professionnelle rapide. L'e-commerce permet également à des jeunes sans diplômes de créer leur propre entreprise, seuls ou à plusieurs."

Côté entreprises, on assure que la motivation paie. "Il n'y a pas de placard chez nous, assure Ulric Jérome de Pixmania. Une personne peut être très facilement visible si elle performe bien car la direction reste très proche de l'opérationnel." La prise de responsabilité ne serait pas non plus proportionnelle à l'âge. "Cela peut aller très vite, déclare Constance de Montmarin chez Vente-privée, beaucoup de jeunes prennent des responsabilités soit dans le management, soit dans la conduite de projets. Nous avons des personnes de 30 ans qui managent 150 personnes." Le secteur fait effectivement la part belle à la jeunesse : 73% des employés sont âgés de 25 à 39 ans.


Bien-être du salarié contre dévotion à son métier

A salarié impliqué, salaire élevé ? Selon la Fevad, la rémunération mensuelle nette moyenne en 2010 était de 2300 euros contre 2000 euros dans le commerce traditionnel en 2008. Un différentiel modeste que chaque entreprise compenserait à sa manière pour rester attractive. "Mix entre fixe et variable" chez Pixmania, "fixe important et participation intéressante" pour Vente-Privée. Ces deux gros opérateurs du marché préfèrent toutefois parler de leurs efforts pour améliorer le bien-être de leurs employés.

Le personnel de Vente-privée dispose ainsi de services de conciergerie, de cours de yoga et d'un ostéopathe sur son lieu de travail. Au siège de Pixmania, à deux encablures de l'Arc de triomphe, c'est plutôt atmosphère colorée, salle de gym, terrasse aménagée, paniers bio et ... "Chief evangelist". Ce "nouveau" métier, inspiré par Google,  consiste à "s'assurer que les collaborateurs se sentent bien dans l'entreprise", précise Ulric Jérome. Comment ? Par une newsletter hebdomadaire "répertoriant tous les petits succès de chaque département pour que tous soient informés de ce qui se passe dans l'entreprise" mais aussi en gérant toutes les activités de détente propres à l'entreprise comme les "deux grosses soirées annuelles" pour les "Pixmaniaques", ces "collaborateurs passionnés". Une touche de "coolitude" bien méritée dans un univers d'acharnés du web. 

 

Quelques sites qui embauchent

Si vous êtes en recherche, voici quelques grands sites marchands qui recrutent. Vous n'avez plus qu'à cliquer dessus...

Amazon

Vente-privee.com

Pixmania

Redcats  (La Redoute, Vert Baudet, Cyrillus, etc)

E-Bay

Price Minister

FNAC

CDiscount 

Par Carole GUIRADO-CAILLEAU le 22 avril 2011 à 13:35
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