L'édition 2011 ne devrait pas être un grand cru. Le pouvoir d'achat, le chômage et les suppressions de postes dans la fonction publique seront dimanche au menu des défilés traditionnels du 1er-Mai. Mais les syndicats s'attendent d'ores-et-déjà à une mobilisation limitée. Après l'échec des mobilisations de l'automne dernier, impuissantes à bloquer la réforme des retraites, la période est en effet au reflux des grandes luttes sociales. Les organisations syndicales pensent que les salariés attendent la présidentielle de 2012 pour exprimer leur ras-le-bol dans les urnes.
Sondage : les cols-bleus votent pour Marine Le Pen
Selon un sondage Ifop/Paris Match/Europe 1, à paraître mardi et dont une partie est publiée dimanche dans le JDD, c'est la présidente du FN qui, à moins d'un an du premier tour de la présidentielle 2012, s'attache la préférence des ouvriers.
Publié le 24/04/2011
Le cégétiste membre du FN exclu par son syndicat
la CGT a exclu de fait Fabien Engelmann, membre de la confédération et candidat FN aux cantonales, et prononcé la "désaffiliation" du syndicat des agents de la mairie de Nilvange (Moselle) dont il était secrétaire.
Publié le 06/04/2011
Accord syndicats-patronat sur l'agenda social des mois à venir
Le patronat et les syndicats, sauf la CGT, se sont mis d'accord lundi soir sur les chantiers sociaux à ouvrir d'ici l'élection présidentielle par des pourparlers bilatéraux, avec comme sujet phare l'emploi des jeunes.
Publié le 10/01/2011
"On ne va pas être dans un 1er mai exceptionnel", estime Annick Coupé, porte-parole de Solidaires, à la différence de 2009 lorsque tous les syndicats s'étaient mobilisés ensemble contre l'hécatombe des plans sociaux, au plus fort de la crise. D'autant que "le caractère férié du 1er mai sera cette fois moins affirmé", cette journée tombant un dimanche, relève Marcel Grignard, numéro deux de la CFDT. Patron de FO, Jean-Claude Mailly "ne pense pas" que 2011 "fera partie des plus gros crus". Ses troupes feront comme d'habitude bande à part, alors que CGT, CFDT, FSU, Solidaires (syndicats SUD et autres) et les autonomes de l'Unsa défileront dans les mêmes cortèges.
Malaise autour du coming-out de certains syndicalistes
"Les 173 rassemblements du 1er-Mai doivent être l'occasion, avec un chômage qui reste à un très haut niveau et des salaires toujours orientés à la baisse pour les salariés de montrer leur détermination face à ces préoccupations sociales qui demeurent au premier plan", écrit la CGT.
Autre défi pour les cinq syndicats : profiter de l'occasion pour opposer leurs valeurs à celles du Front national, qui défile le même jour. Selon l'Ifop, Marine Le Pen est donnée en tête chez les ouvriers (36%), loin devant les autres candidats, dans les intentions de vote. Pour son premier défilé du 1er-Mai comme présidente du FN, Marine Le Pen veut se poser, dimanche à Paris, en défenseur des classes populaires face aux syndicats. Ces derniers doivent également faire face aux tentatives d'entrisme de militants d'extrême droite. La CGT et FO ont dû exclure deux candidats FN aux élections cantonales de mars.
Ce "coming out" de quelques syndicalistes a été perçu comme un signal d'alerte par les confédérations, qui ont réagi par un texte commun contre "la préférence nationale". L'appel intersyndical pour le 1er mai prend l'exact contre-pied des thèses de l'extrême droite, l'un des mots d'ordre étant de "lutter pour l'égalité des droits et contre toutes les discriminations, notamment concernant les travailleurs migrants". "On ne laissera pas la rue au Front national sur les questions sociales", assène Nadine Prigent.
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