Menaces sur l'emploi chez PSA : la mise au point de Fillon

Par F.L., le 10 juin 2011 à 09h02 , mis à jour le 10 juin 2011 à 19h40

Après les accusations de la CGT, qui, s'appuyant sur un document interne, affirme que plus de 6000 emplois sont menacés au sein du groupe, François Fillon souligne que les entreprises automobiles "sont redevables à la nation, qui les a aidées". Tout en se disant "rassuré" par le patron de PSA.

 
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A son tour, François Fillon monte au créneau sur le dossier PSA. Depuis Guérande, il a rappelé vendredi au patron du groupe que son entreprise est, comme une bonne partie su secteur automobile, "redevable vis-à-vis de la nation qui les a aidées", tout en se disant "rassuré" par les "engagements" pris sur l'avenir des sites d'Aulnay-sous-Bois et Sevelnord.

La veille, la CGT avait créé la stupeur en annonçant que PSA Peugeot Citroën prévoyait de fermer deux sites employant 6200 personnes d'ici 2014 en France, l'emblématique usine d'Aulnay-sous-Bois et celle de Sevelnord. Branle-bas de combat au sein du groupe... et au ministère de l'Industrie : dans la soirée, le ministre de l'Industrie, Eric Besson, a rencontré le patron de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, pour faire le point sur les projets industriels du groupe. Qu'est-il sorti de cet entretien ? Le ministre, en tout cas, s'est dit "rassuré" vendredi matin sur l'antenne de RTL, tout en jugeant qu'une délocalisation aurait été "inacceptable" pour l'Etat.

Du côté de l'opposition, Arnaud Montebourg, candidat à la primaire socialiste pour 2012, a jugé "inacceptable" le projet de PSA d'une éventuelle fermeture, d'ici 2014, de deux sites de productions du groupe automobile en France, dans un communiqué vendredi. "Ce projet - s'il était poursuivi - est une pièce de plus à verser au casier judiciaire de la mondialisation libérale et destructrice qui met en concurrence les hommes, les territoires et les modèles sociaux", ajoute-t-il.

"Le coût du travail en France pose problème"

Les sites d'Aulnay-sous-Bois et de Sevelnord sont-ils donc sauvés ? Ce n'est pas tout à fait ce que dit Philippe Varin, interrogé ce vendredi par Le Parisien. "La fermeture des usines d'Aulnay et de Sevelnord n'est pas d'actualité", affirme-t-il dans cet entretien, reprenant mot pour mot ce qui avait été dit la veille par le groupe. Il confirme en revanche l'existence de réflexions sur l'avenir de ces sites : "A Aulnay, la C3 a été lancée en octobre 2009 et c'est le modèle le plus vendu de la marque Citroën. Il est difficile de dire quelle sera sa durée de vie. Donc, il est normal de faire des études". En clair, la question de l'avenir du site d'Aulnay-sous-Bois est posée. Mais le patron de PSA promet la transparence : "Je dis aujourd'hui aux salariés de cette usine qu'ils font un excellent travail et que nous partagerons avec eux nos réflexions". Idem pour l'usine du Nord : "A Sevelnord, on a appris que Fiat allait partir. Nous avons jusqu'en 2017 pour réfléchir à ce que seront les activités de ce site. Nous allons y travailler en toute transparence".

La transparence : c'est précisément ce que réclament les syndicats, après la révélation par la CGT d'un document interne du groupe, qui évoquait la possible fermeture de ces deux sites d'ici 2014. Selon un responsable syndical, Bruno Lemerle, "une partie des mesures envisagées dans (l)e document ont déjà été mises en oeuvre, notamment l'augmentation de la production à Poissy pour préparer la fermeture d'Aulnay et la fin de l'alliance avec Fiat pour le site de Sevelnord", qui doit prendre effet en 2017. Jean-Pierre Mercier, délégué syndical à Aulnay, a souligné que l'usine était passée de 418.000 véhicules produits par 6200 ouvriers en 2003 à 195.000 véhicules en 2010. Pour Ludovic Bouvier (CGT), l'usine Sevelnord créé en 1992, vit "le même scénario", ayant perdu 2000 salariés en cinq ans.

Philippe Varin, pour sa part, confirme aujourd'hui l'existence de ce document "sur la situation industrielle de PSA à l'horizon 2020". Mais il a souligne qu'il date de plus d'un an et avait été réalisé au moment de la crise. "Notre responsabilité est de réfléchir à tous les scénarios possibles. Ce document pose un certain nombre de questions. Depuis, certaines réponses proposées sont devenues caduques", explique-t-il dans les colonnes du Parisien. Mais le patron des marques Peugeot et Citroën reconnaît que la question des délocalisations est posée : "C'est une vraie question de fond. Le coût du travail en France pose problème". S'il est plus facile de trouver des réponses pour les modèles haut de gamme, "c'est plus difficile pour les petits modèles où l'on se retrouve en concurrence avec la Turquie, les pays d'Europe de l'Est...", souligne-t-il. "Nous nous battons pour maintenir un niveau élevé de production en France".

Par F.L. le 10 juin 2011 à 09:02
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45 Commentaires

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  • sophie70000, le 12/06/2011 à 11h43

    Peugeot "bas de gamme" ? Ah bon ? 1ère nouvelle ! pppfffff

  • froggyb, le 11/06/2011 à 18h11

    Bien d'accord. C'est pour cela que les Anglais n'achetent plus de Peugeot depuis qu'ils ont fermé l'usine de Birmingham!

  • froggyb, le 11/06/2011 à 14h18

    Reveillez vous les gars! Si nos voitures coutent trop cher a fabriquer les clients iront ailleurs. Il est normal qu'une entreprise fasse des plans a long terme et de multiples scenarios. Si l'entreprise est préparée aux evenements économiques, elle peut mieux se défendre. Il me semble évident que pour rester compétitive, une production en France ne peut s'appliquer que pour des modeles a marge élevée. Si on veut vendre des voitures "bas de gamme" aux Chinois et aux Indiens (les marchésdu futur) il va falloir construire pour moins cher. Et comment? En réduisant les masses salariales, en augmentant la productivité et en automatisant. Quelque soit le scénario, il y aura moins d'humains dans la production, ou des humains moins chers a l'exterieur de nos frontieres. L'alternative est la faillite ou le rachat par un groupe étranger qui produira ailleurs. Le probleme, c;est qu'en France, quand on achete une voiture haut de gamme on se la fait rayer par les jaloux, donc on va acheter du bas de gamme. A bon entendeur.....

  • rkpmeister, le 11/06/2011 à 11h31

    Merci qui ! Merci la mondialisation ! Le système capitaliste assassine les peuples, le système capitaliste assassine mon peuple, la loi du pognon, toujours plus de profits, pour faire plaisir aux actionnaires, il y en a marre que la classe ouvrière n'a que les miettes des juteux profits, pendant que les "gros" s'engrossissent toujours plus !

  • grognoonn, le 10/06/2011 à 17h30

    Et honnêtes.

  • objectif-2012, le 10/06/2011 à 17h28

    L'État est actionnaire de Renault, alors que Peugeot est une entreprise totalement privée. On se demande pourquoi Fillon s'en prend à Peugeot en laissant faire Renault ?

  • inspatatrac, le 10/06/2011 à 16h57

    Vous pensez peut-etre que sans ces syndicats totalement irresponsables, aujourd hui nous travaillerions 60 a 70h par semaine alors que le reste des pays "avances" est a 40h en moyenne (US: 40h par semaine par exemple (et pas grace aux syndicats!)...).....reflechissez encore un peu....

  • nicapae, le 10/06/2011 à 16h55

    Nos politiciens ont signé les traités de libre échange qu ils assument!

  • charles.martel, le 10/06/2011 à 16h47

    Si le coût du travail pose problème en France, il suffit alors d'augmenter les bas salaires, de taxer sévèrement les entreprises qui délocalisent, et de taxer encore plus fortement toute vente n'étant pas issue d'une production locale. On n'a pas besoin des riches pour vivre, par contre ils ont besoin de nous pour s'enrichir ! Si on se débarrasse d'eux, on n'en vivra que mieux. Vivement 2012.

  • dur6200, le 10/06/2011 à 16h20

    Gpar2 " BRAVO"!!!!!

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