Tout est parti, mercredi, d'un comité d'entreprise extraordinaire au sein de l'équipementier automobile MBF Technologies. Selon les syndicats, la direction de cette entreprise basée à Saint-Claude, dans le Jura, a annoncé 199 suppressions de postes sur 450 salariés. Mais les salariés craignent que la crise n'aille plus loin encore. Aussi, pour protester contre "la fermeture à terme de l'usine" et demander une "pérennité de l'emploi sur le bassin de Saint-Claude", ils ont décidé de retenir le directeur, Christophe Eded, et le directeur des ressources humaines, Georges Escamilla, à l'intérieur de leurs bureaux.
La séquestration dure depuis mercredi soir. Près d'une centaine de salariés bloquent toutes les entrées et sorties du site. Du côté de la direction, on veut faire preuve de compréhension vis-à-vis de l'angoisse qu'expriment les salariés. "Il n'y a pas de débordements, ni de pression particulière sur nous et nous ne cherchons pas à provoquer les salariés, dont nous comprenons et respectons l'émoi", a témoigné le directeur des ressources humaines, Georges Escamilla. Mais si la direction a admis qu'une réorganisation et une restructuration étaient en cours, elle n'a ni confirmé ni infirmé le chiffre de 199 suppressions de postes, estimant qu'il fallait "respecter une certaine confidentialité" sur ces données.
La crise dure en fait depuis longtemps à MBF Technologies. Ce sous-traitant automobile spécialisé dans la fonderie sous pression fait partie du groupe Arche depuis juillet 2007. Ses principaux clients sont Peugeot et Renault. En 2009, 76 postes avaient été supprimés et l'entreprise a régulièrement connu des périodes de chômage partiel depuis décembre 2008. En février, les salariés avaient suivi plus d'une semaine de grève. Ils avaient repris le travail contre l'assurance du maintien d'une activité suffisante sur le site si la conjoncture automobile le permettait. Et aujourd'hui, d'après Nail Yalcin, délégué CGT de l'entreprise et secrétaire du CE, la direction estime la restructuration nécessaire parce que le sous-traitant automobile "n'arrive pas à être rentable".
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