PSA : la CGT vent debout contre un "plan scandaleux"

Par F.L., le 09 juin 2011 à 15h49 , mis à jour le 10 juin 2011 à 08h52

Deux sites de PSA employant 6200 personnes, dont celui d'Aulnay-sous-Bois, sont-ils menacés de fermeture d'ici 2014 ? La CGT l'affirme, citant un document interne. Pour la direction, ce projet n'est "pas d'actualité". Une rencontre entre Eric Besson et le président du directoire de PSA est annoncée.

Tout est parti d'un document interne de PSA. Daté du 23 août 2010, il évoquait la possibilité de fermer deux sites employant 6200 personnes d'ici 2014, ceux d'Aulnay-sous-Bois, en région parisienne (qui produit notamment la Citroën C3, véhicule le plus vendu de la gamme Citroën), et de Sevelnord, dans le Nord. Il situait "la fenêtre d'annonce possible, dans le calendrier électoral français, au deuxième semestre 2012", soit après l'élection présidentielle. Et il citait la Turquie, le Maroc et les pays d'Europe centrale et orientale parmi les pays susceptibles d'accueillir de nouveaux sites. Un document qui n'avait pas vocation à être rendu public, mais sur lequel la CGT s'est appuyée pour dénoncer jeudi, au cours d'une conférence de presse, les plans de PSA : Jean-Pierre Mercier, délégué syndical à Aulnay, a dénoncé un "plan scandaleux, révoltant". Et de s'indigner : "On va sacrifier Aulnay pour surexploiter les usines de Poissy et Mulhouse, et développer le low cost".
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Des inquiétudes relayées jusqu'à l'Assemblée nationale par le député Jean-Pierre Brard (apparenté communiste), élu de Seine-Saint-Denis. Il a pris la parole en fin de matinée dans l'hémicycle pour "alerter" ses collègues sur la "note interne", induisant, selon lui, la suppression à terme de "15.000 emplois", y compris les emplois induits. "Voilà un grand groupe français qui se vantait de produire plus que Renault dans l'hexagone et qui est en train de détruire des milliers d'emplois !", a-t-il dénoncé.

Une rencontre Besson-Varin jeudi soir

La réponse de PSA est venue le jour même sous la forme d'un communiqué titré "Mise au point concernant le site d'Aulnay". Selon le groupe, la fermeture de l'usine de Seine-Saint-Denis n'est "pas un sujet d'actualité". Quant à la note citée par la CGT, il s'agissait d'un "document préparatoire (...) sur la compétitivité industrielle à long terme du groupe en Europe". Or, "anticiper sur ces sujets dans le contexte de crise qui était celui de l'industrie automobile à l'été 2010 était, et reste, du devoir de la direction générale", fait valoir PSA en affirmant que les questions de compétitivité faisaient "l'objet d'échanges réguliers" avec les partenaires sociaux. Dans ce même communiqué, la direction souligne : "au cours du dernier CCE du 26 mai, l'ensemble de ces sujets a été abordé et la CGT n'a posé aucune question".

Menace réelle ou supposée ? La CGT a-t-elle crié au loup trop tôt ? C'est l'avis de certains syndicats. "On attend de s'expliquer avec la direction cet après-midi. Mais des notes de ce style, on en a vu plein, Vélizy a fermé vingt fois en trente ans, La Garenne, quinze fois et pourtant, ils sont toujours ouverts", commente ainsi Anne Valleron, délégué central CFE-CGC. Ricardo Madeira, délégué central CFDT, est à moitié convaincu : "Cela reste à confirmer, mais il est vrai que nous avons des inquiétudes sur ces deux sites depuis un moment. A Aulnay, pour l'instant, ils travaillent sur la C3, mais après ? On ne voit pas ce qu'il y a derrière, rien n'est prévu". La CGT, pour sa part, n'est en rien convaincue par les explications de PSA, reproche à la direction d'avoir "menti depuis des années" et prévient : "on va demander des comptes".

La direction de PSA a déjà fait savoir qu'elle entend convoquer "un Comité central d'Entreprise exceptionnel dans les prochains jours pour une mise au point sur le sujet". Elle devait recevoir les syndicats jeudi après-midi. Le ministère de l'Industrie a indiqué de son côté qu'Eric Besson doit s'entretenir jeudi soir avec le président du directoire de PSA Peugeot Citröen, Philippe Varin.

Par F.L. le 09 juin 2011 à 15:49
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14 Commentaires

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  • gpar2, le 10/06/2011 à 09h22

    Justement, si les constructeurs Français font fabriquer leurs véhicules là ou la main-d'oeuvre est moins cher, pourquoi ces véhicules sont ausi chers que s'ils étaient fabriqués en France. Il y a bien là une volonté de s'enrichir, pour certains, coute que coute. Qu'on ne vienne pas nous dire que c'est la "conjoncture" et la "concurrence", c'est uniquement une affaire de gros sous.

  • matinen, le 10/06/2011 à 08h24

    C'est drole que la CGT ait été capable de ressortir ce document de travail qui date d'il y a plus d'un an, à l'époque à laquelle Varin indiquait dans les médias qu'il fallait peut etre penser à délocaliser une partie de la production (une année entre 2, ca permet d'oublier ce qu'ont dit les dirigeants). Donc, oui, il est possible que cette voie de fermer aulnay (toujours en grève) et sevelnord (départ de Fiat de la JV) ait été évoquée.... Par contre les syndicats ne sont pas capables de se rappeler, dans le meme temps que 800 millions d'? ont été investis il y a quelques semaines dans le site de sevelnord. C'est surment pas pour qu'il soit fermé dans 3 ans. Messieurs les syndicalistes, ayez un peu plus de consistance et de crédibilité dans vos communications si vous souhaitez dépasser les 5% d'encartés.

  • juillet45, le 10/06/2011 à 07h57

    J'ai l'impression que la CGT à l'approche des présidentielles essaye de relancer une grève .L' annonce d'une petite reprise économique les dérange peut être ? il faut faire croire que tout va mal . Combien couterait cette grève ? Ce matin ,aux informations un syndicaliste appelait les usines à les rejoindre , difficile pour le journaliste de lui faire dire qu'il "s'emballait peut être un peu vite " .

  • finigan, le 10/06/2011 à 07h29

    Le projet n'est pas démenti. soyons lucides : si les equipes de nuit sont supprimées et si il y a augmentation des intérimaires, cela correspond a des actes concrets et factuels de la délocalisation de la production. Rien n'empeche PSA de licencier par charettes et plans sociaux. C'est inéluctable et aucun parti politique ou gouvernement ne peut ou n'a le droit d'intervenir, élections ou pas. Voila les licenciements sont bien prévus, les salariés de PSA vont etre obligés d'aller chercher un emploi si il en existe. Quel dommage et gachis pour leur vie et leur famille.

  • henri_bambelle, le 09/06/2011 à 18h09

    PSA doit faire face à la concurrence et s'adapter en allant fabriquer ses voitures dans des pays où la main d'oeuvre qualifiée est bon marché. Les groupes industriels doivent choisir entre la mort et la compétitivité.

  • halx, le 09/06/2011 à 18h06

    Les documents internes sont donc systématiquement faux!!! Bizarre... Surtout que PSA parle d'un projet pas d'actualité. Ca ne veut surtout pas dire que le projet n'existe pas! Une petite remarque : il s'agit de l'avenir des salariés de PSA et non pas ceux de la CGT...

  • didier60190, le 09/06/2011 à 18h00

    Les politiques au pouvoir, ne vont pas annoncé de mauvaises nouvelles à 1 an des présidentielles, annoncé que le groupe PSA est prêt à licencier 6200 agents de production, ça on le fera après l'élection. De ce jour à l'élection présidentielle le chômage ne peut que diminuer ( les instituts de sondage sont aux ordres de notre Président ), l'inflation va disparaitre, le pouvoir d'achat augmenté. Enfin tous les français sont heureux !!!! Que ne ferait on pas pour être réélu.

  • distrino, le 09/06/2011 à 17h36

    Votre commentaire est assez juste, je rajouterais simplement que la délocalisation ne permet pas bien souvent de trouver un bénéfice pour le consommateur, car il paye le mème prix que si la fabrication était faite en France, c'est surtout le vendeur qui en retire un cout de main d'oeuvre moindre et qui vends le mème tarif.

  • claudcouledouce, le 09/06/2011 à 17h13

    L'argent de la prime à la casse n'est pas entré dans la poche des constructeurs mais des consommateurs. Soyez méprisants pour les voitures qui ne vous plaisent pas si vous le voulez mais respectez les français (et les autres) qui les achètent. Vous prouverez alors votre intelligence et votre ouverture d'esprit que, pour le moment, vous cachez bien.

  • djedi68, le 09/06/2011 à 17h10

    De toute façon la gauche risque fort de revenir au pouvoir en 2012. Si telle est le cas, des délocalisations, il y en aura par millier.

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