Jean-Pierre Raffarin, le 10 novembre 2007 à Nantes © TF1-LCI
Initiée par le gouvernement Raffarin, la loi transformant à partir de 2005 le lundi de Pentecôte en journée travaillée au titre de la solidarité avec les personnes âgées avait reçu un accueil mitigé. Quelques années plus tard, force est de constater que les habitudes ont repris le dessus. L'an dernier, un sondage avait révélé que la fameuse journée de solidarité était chômée par quatre salariés sur cinq. Et pourtant... l'expérience pourrait-elle être étendue ? Un nouveau jour férié pourrait-il être à son tour travaillé, toujours au motif de la solidarité ? C'est ce que l'on redoute du côté des socialistes. Il est vrai que la piste a été évoquée au gouvernement ces derniers mois.
Des inquiétudes que viennent raviver ce week-end les propos du sénateur de la Vienne et initiateur de la fameuse "journée de solidarité", Jean-Pierre Raffarin lui-même. Jugeant sur Europe 1 que "les Français ont beaucoup de RTT", il pense qu'une telle mesure serait "ce qu'il y a de plus simple" pour financer la réforme de la dépendance. Car les besoins de financement pour les aînés sont toujours criants. Comme le soulignait récemment un avis du Conseil économique, social et environnemental, en 2010, les dépenses liées à la dépendance ont représenté une ponction de 24 milliards d'euros pour les comptes publics. En comparaison, le lundi de Pentecôte travaillé rapporte en moyenne dans les 2 milliards d'euros. Et ce déséquilibre ira croissant avec le vieillissement de la population : on estime que l'augmentation du nombre de personnes âgées dépendantes, évalué à 1% par an, impliquera une hausse des dépenses liées à la dépendances qui devrait connaître son apogée entre 2025 et 2050 et réprésenter dans les 30 milliards d'euros.
Un bilan "piteux"
Ce financement insuffisant est d'ailleurs ce qu'a déjà pointé le PS dans un communiqué diffusé à trois jours du fameux lundi de Pentecôte. "Pour financer son grand chantier de la dépendance, dont il ne sortira probablement que quelques mesures symboliques en 2012, Roselyne Bachelot a rouvert la piste d'une seconde journée de solidarité aussi inefficace et inadaptée que la première", écrivait Charlotte Brun, secrétaire nationale aux personnes âgées, handicap et dépendance, dans ce communiqué titré "journée de solidarité: deuxième fiasco en vue". Au passage, le PS jugeait que la journée de solidarité du lundi de Pentecôte, "pour ponctionner les salariés sous prétexte de prendre soin des personnes âgées", a un bilan "piteux". "Force est de constater que nos aînés ne sont pas mieux lotis qu'en 2003. Pire, cette année, les ressources de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) sont siphonnées par l'assurance maladie à hauteur de 100 millions d'euros". Pour contrer cette "piste" suivie par le gouvernement, le PS "propose une approche globale de la compensation de la perte d'autonomie tout au long de la vie et de l'adaptation de la société au vieillissement de la population", rappelait-il.
Réagissant à ce communiqué, la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale a déjà réfuté, chiffres à l'appui, le terme de "fiasco". "Les crédits pour les personnes âgées ont augmenté de 170% entre 2003 et 2011, et sont ainsi passés de 3,2 milliards d'euros en 2003 à 8,55 milliards euros en 2011", a fait valoir Roselyne Bachelot. "Depuis 2007, ce sont 1000 Ephad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) qui ont été créés, représentant 60.000 places net supplémentaires, soit une hausse de 10% à comparer à la hausse de 4% sur la période 2003-2007".
Retour MYTF1
Chargement en cours...




