Sommet sur l'emploi : les syndicats méfiants

le 02 décembre 2011 à 07h55 , mis à jour le 02 décembre 2011 à 09h13

Dossiers : Élection présidentielle 2012, Crise financière

Après l'annonce d'un sommet sur l'emploi en janvier auquel Nicolas Sarkozy a invité jeudi les partenaires sociaux, les premières réactions syndicales sont mitigées. "On en a un peu marre d'être invité au coup par coup", se plaint la CFTC. La FSU craint de voir "le débat confisqué".

Nicolas Sarkozy lors de son discours de Toulon du 1er décembre 2011Nicolas Sarkozy lors de son discours de Toulon du 1er décembre 2011 © www.abacapress.com

Devant l'envolée du chômage en France, Nicolas Sarkozy a convié jeudi, lors de son discours de Toulon, les partenaires sociaux à un sommet sur l'emploi en janvier, assurant que "tout n'a pas été essayé" dans ce domaine. "Quand on voit monter le chômage on n'a pas le droit de dire qu'on n'y peut rien, même si tout ne dépend pas de nous", a-t-il souligné. "La crise ne doit pas nous faire baisser les bras. Et ce n'est pas parce qu'il y a une élection présidentielle qu'il faut attendre", a-t-il ajouté en mettant en avant la nécessité de "lever les tabous sur les freins à la compétitivité française". Une proposition faite trois jours après l'annonce d'une nouvelle envolée du chômage à un niveau inégalé depuis 12 ans - 2,814 millions de personnes sans activité en quête de travail.

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Qu'en pensent les partenaires sociaux ? S'ils se disent prêts à se retrouver autour d'une table, ils préviennent d'emblée qu'ils ne comptent pas ouvrir des discussions dont il ne sortirait rien et qui n'auraient d'autre but que de servir de caution. Aussi Véronique Descacq, secrétaire nationale de la CFDT, a-t-elle mis en garde dès jeudi soir : "On ira à ce sommet social, s'il est convoqué, mais il faut aussi écouter les propositions". Elle a souhaité qu'il s'agisse d'un "sommet avec esprit d'ouverture et pas pour la galerie", en commentant, mi-figue, mi-raisin : "Un sommet, pourquoi pas ? Nous les propositions on les a depuis des mois, il faut juste qu'on nous écoute".

"Une demi-journée pour régler le chômage" ?

Même réaction désenchantée du côté de la CFTC. Pascale Coton, sa secrétaire générale, remarque ainsi : "Nous avons toujours demandé qu'il y ait un dialogue social permanent. On en a un peu marre d'être invité au coup par coup. S'il y avait un dialogue social permanent (...), ce serait mieux que de gérer uniquement quand il y a des crises". La CFTC ira-t-elle au sommet en janvier ? "Bien sûr que nous irons, puisque cela concerne l'emploi, on ne se pose même pas la question. Il faut arriver à travailler ensemble".  Stéphane Lardy, secrétaire confédéral FO, est encore plus pessimiste : "Si c'est simplement pour refaire un sommet social comme les autres fois... Je pense qu'on ira car on est républicain, mais ce n'est pas en une demi-journée qu'on va régler la problématique du chômage dans ce pays. La solution pour créer de l'emploi ne relève pas uniquement des partenaires sociaux, mais elle relève de la volonté politique au niveau français et européen".

Enfin, pour Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, "si ce sommet se tient, il faut qu'il ne soit pas formel, et que tous les partenaires soit entendus". Et d'ajouter : "J'ai le sentiment que le débat est confisqué, qu'il y a des tabous. J'aimerais que le sommet parle aussi de l'emploi public. Nicolas Sarkozy dit qu'il va continuer le un sur deux (non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, ndlr), qu'il faut réduire les dépenses publiques car elles sont inutiles. Au contraire, il est utile d'investir dans le secteur public, il y a là des leviers indispensables en période de crise".

Sur le plan politique, la seule réaction pour l'instant à gauche est la plus virulente : Manuel Valls, chargé de la communication de campagne de François Hollande, a vu vendredi une "provocation" dans cette annonce d'un sommet social par Nicolas Sarkozy. "Le président de la République ne respecte ni les institutions, ni l'opposition, ni les partenaires sociaux", a accusé le député-maire PS d'Evry sur France Inter.

le 02 décembre 2011 à 07:55
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19 Commentaires

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  • riviera13, le 02/12/2011 à 18h04

    Je confirme pour celui de Marseille.

  • alain-paris, le 02/12/2011 à 14h45

    Ony est peut être plus au temps de Germinal, mais on y retourne

  • dom145, le 02/12/2011 à 14h27

    Quand sarko les invite, c'est qu'il a derrière la tête, une idée qui va encore faire mal aux salariés et aux catégories les moins aisées !!! donc, ils ont raison de se méfier de celui qui piétine la démocratie et le social !!!

  • zeaulai, le 02/12/2011 à 14h19

    Vous oubliez qu'en 1995 il y avait 3.000.000 de chomeurs en France lorsque F. Mitterand a laissé sa place à J Chirac et qu'en 1993 le déficit public était à -6.5%. Pour les 35 h l'état donne encore aujourd'hui 15Mds d'? aux entreprises qui ont signé des contrats et c'est pour cela qu'il est difficile de revenir en arrière. Les 35h nous ont fait perdre 10% de pouvoir d'achat et le pot de réserve pour les retraites qui était bien plein en 1981 a été liquidé en quelques années !!! Il faut être vraiment naîf pour ne pas voir le mal qu'à fait la gauche en rasant gratis !!!

  • antilopejaune, le 02/12/2011 à 14h17

    Ben non justement, ils ne sont pas vraiment lunatiques, car ils ne changent et ne changeront jamais... même lancés à 200 km/h devant un mur

  • moicontribuable, le 02/12/2011 à 14h14

    Aciery, si c'est pour que les syndicats fasent au pays ce qu'ils ont faits a nos ports, comme vous dites, ils feraient mieux de rester chez eux.

  • moicontribuable, le 02/12/2011 à 14h13

    Le mieux serait de ne pas les inviter, apres avoir detruits tous les ports francais et pas mal d'entreprise, ils sont mals places pour parler d'emploi.

  • kline972, le 02/12/2011 à 14h07

    @al38240 : vous devez être le (la) seul (e) à n'avoir pas réalisé que l'une des causes du chômage record, notamment celui des jeunes, est la défiscalisation des heures supplémentaires qui, en plus de coûter une fortune, est un frein à l'embauche des jeunes qui, de + en + diplômés sont de + en + désoeuvrés !!!

  • wayne16, le 02/12/2011 à 12h47

    Si il y avait de la croissance il y aurait moins de chomage,si il y avait d'autres façons de recruter les gens il y aurait moins de chomeurs toujours trouver des mauvais prétextes et mauvaises raisons pour nepas embaucher les gens,si les salaires étaient plus motivants les gens seraient plus motivés pour bosser

  • __camille__, le 02/12/2011 à 12h44

    Ils redoutent surtout d'avoir à prendre des responsabilités dont ils devraient répondre ensuite.

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