ArcelorMittal : "il est certain que des usines vont fermer"

Par , le 20 février 2012 à 18h44 , mis à jour le 21 février 2012 à 13h19

INTERVIEW-L'usine d'ArcelorMittal de Florange est à l'arrêt, et les syndicats occupaient les bureaux lundi, contestant le manque de demande invoquée par la direction. Pour Gilles Le Blanc, professeur d'économie aux Mines ParisTech, les choses ne vont pas aller en s'améliorant.

TF1 News : Le site de Florange, en Lorraine est à l'arrêt, sans date de reprise de l'activité. La direction d'ArcelorMittal explique qu'elle n'a pas assez de demande, les syndicats disent le contraire... Quelle est la situation d'ArcelorMittal aujourd'hui ?

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  • Les salariés de Florange craignent la mort lente de leur usine

    La direction de l'aciérie ArcelorMittal de Florange a annoncé mardi que la filière liquide du site, à l'arrêt depuis octobre 2011, ne redémarrerait pas au deuxième trimestre de cette année. Une nouvelle étape vers la fin programmée de l'usine, estiment les syndicats.

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  • Lejaby : Sarkozy promet de s'occuper des autres sites du fabricant

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  • Sauver les Lejaby d'Yssingeaux, le nouveau mot d'ordre politique

    L'espoir renaît à l'usine Lejaby d'Yssingeaux, dont la fermeture a été annoncée avant que la possibilité d'une reprise soit évoquée. Alors que gouvernement et politiques défilent dans l'usine et promettent leur soutien, Laurent Wauquiez, élu de Haute-Loire, prévient : il ne faut pas leur "vendre des illusions".

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  • Un repreneur pour la raffinerie de Petit-Couronne ?

    L'homme d'affaires anglo-américain Gary Klesch, fondateur du groupe du même nom, a confirmé vendredi son intérêt pour la reprise sous conditions de la raffinerie du groupe Petroplus.

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  • Lejaby : 5 pistes et les machines en legs pour l'usine d'Yssingeaux

    Les pouvoirs publics recherchent activement un repreneur pour l'usine de Lejaby d'Yssingeaux, en Haute-Loire, qui doit fermer. Cinq pistes sérieuses sont à l'étude. Alain Prost, le nouveau patron du fabricant de lingerie, s'engage à laisser l'outillage sur le site. Le socialiste Arnaud Montebourg apporte aussi une proposition de reprise.

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  • Les Lejaby écrivent leur "indignation" à Nicolas Sarkozy

    Les ouvrières de l'usine Lejaby, en Haute-Loire, fermée à la suite de la reprise du fabricant de lingerie par un consortium associant son sous-traitant tunisien, ont exprimé leur "indignation" lundi dans une lettre ouverte au président Nicolas Sarkozy, refusant les licenciements.

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  • Cofinoga supprime 433 emplois

    Le comité central d'entreprise de Cofinoga a annoncé vendredi matin la suppression de 433 emplois au sein de la société de crédit à la consommation, a indiqué la direction dans un communiqué.

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  • Le cap des 3 millions de chômeurs sera dépassé en 2012 selon l'Unédic

    L'Unédic a prévenu jeudi que son déficit allait se creuser en 2012 à 4,3 milliards d'euros, avec une hausse prévisible de 214.200 demandeurs d'emplois sur l'année.

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  • "Les pouvoirs publics nous ont menti", dénoncent les ouvrières de Lejaby

    Les salariées de l'usine d'Yssingeaux du fabricant de lingerie ont accusé, vendredi, l'Etat d'avoir "fait semblant de [les] soutenir" et de leur avoir "menti". Elles ont par ailleurs décidé de poursuivre le Groupe Palmers pour "licenciements abusifs".

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  • Grève à Arcelor Mittal : les salariés de Florange mobilisés

    Les salariés du site de Moselle ont répondu à l'appel à une grève générale sur tous les sites d'Europe. A Florange, les fourneaux sont à l'arrêt depuis plusieurs mois. La fermeture du site a été évoquée.

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  • Florange s'inquiète pour son avenir

    Alors que 200 salariés du site sidérurgique de Florange se sont rendus au Luxembourg pour manifester devant le siège social d'ArcellorMittal, on continue dans la région à s'inquiéter et à s'interroger sur l'avenir.

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  • Hollande et Aubry à Gandrange, symbole des "promesses non tenues" de Sarkozy

    François Hollande et Martine Aubry se sont rendus ensemble mardi à Gandrange, en Moselle. L'occasion, à la veille du sommet social à l'Elysée, de dénoncer la TVA sociale. Le candidat PS a promis de tenir toutes ses promesses s'il est élu.

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    Il l'avait promis aux salariés de l'usine d'ArcelorMittal en février 2008. Accusé de ne pas tenir ses promesses, le président s'est rendu jeudi à Gandrange.

    Publié le 15/10/2009 Sarkozy enfin à Gandrange
Plus d'infos

Gilles Le Blanc, professeur d'économie au Cerna, le Centre d'économie industrielle des Mines ParisTech : Ils n'ont pas de vraies difficultés financières, mais l'activité d'acier a toujours été cyclique. Et aujourd'hui s'y ajoute la crise. ArcelorMittal a connu de 2006 à 2008 un haut de cycle avec un volume de production fort et des prix élevés. Ensuite, elle était en bas de cycle et a dû faire face à la crise : les volumes et les prix ont baissé. Et ils ont plus baissé en Europe qu'aux Etats-Unis et dans les pays émergents. La difficulté réside dans l'ajustement de la capacité de production selon le cycle.

Les syndicats tout comme la direction ont en quelque sorte raison, puisqu'au quatrième trimestre, la demande d'acier - et notamment l'acier plat qui est produit à Florange - en Europe a diminué. Mais cette demande doit remonter dans les prochains mois.

TF1 News : La crise en Europe est-elle la seule explication ?

Gilles Le Blanc : Les utilisateurs de l'acier plat sont les secteurs de l'emballage et de l'automobile. Et ce dernier ne va pas au mieux en France.

Concernant l'emballage, comme la production de cannettes, le volume et l'activité ne bougent pas trop, mais les prix ne sont pas très favorables. Et ArcelorMittal a trois sites de production en Europe dans ce domaine et les met en concurrence.

Il y a aussi une spécificité européenne. Alors qu'ArcelorMittal gagne de l'argent au niveau mondial, il perd de l'argent en Europe. C'est dû à la crise dans son ensemble et aux difficultés du marché de l'automobile. Les constructeurs automobiles français produisent de moins en moins en France. Auparavant, les sites de sidérurgie en Lorraine fournissaient les usines du Nord, de l'Est et de la région parisienne. Aujourd'hui le groupe fait un comparatif de chaque site et il veut privilégier les sites "sur l'eau", comme Dunkerque ou Fos-sur-Mer pour s'approvisionner en matière première. Les ajustements sur la capacité de production se font sur les sites à l'intérieur des terres. Mais à terme, personne n'est dupe, tout le monde sait que les productions européennes vont fermer. Pour l'instant il n'y a que Liège qui doit fermer, mais il est certain que d'autres vont fermer.

Dans cette compétition, ce qui domine, ce sont les coûts globaux des sites et le transport. Cela ne peut être compensé que si le site est à proximité des marchés finaux, ce qui était le cas avant dans l'Est. Ou si le site dispose d'une sécurité technologique. Comme à Hayange, tout à coté de Florange, où Tata Steel produit des rails pour train à grande vitesse, ce qui n'est développé que là-bas. Mais ce n'est pas le cas à Florange.

TF1 News : Est-ce que, finalement, on peut prédire la fin de la sidérurgie en France ?

Gilles Le Blanc : Non, il y aura toujours de la sidérurgie en France. Mais la question est : pour quel produit ? Les usines d'acier plat ont un gros volume de production, avec presque 5.000 personnes à Florange quand l'usine tournait à fond. Mais compte tenu des perspectives de croissance et de sa localisation géographique, leur survie à terme est très menacée. A coté de l'automobile, la sidérurgie au sens large comprend la production d'acier inoxydable, comme ce que fait Aperam, des tubes sans soudure de Vallourec, des aciers spéciaux à destination d'établissements de santé ou de l'aéronautique que produit AscoMetal. Ce sont des entreprises qui marchent bien, qui exportent même parfois. Elles sont rentables et augmentent leurs effectifs. Mais ce sont des usines qui ont des volumes bien moins importants que celles qui produisent pour l'automobile et emploient moins de monde. A Hayange, il y a 400 à 500 salariés.

En France, les sites de Fos et Dunkerque devraient rester. Mais le poids économique et symbolique de la fermeture de ces deux haut-fourneaux en Lorraine est important, parce qu'il s'agit des derniers haut-fourneaux en Lorraine. Il y a 40 ans, il y en avait 50 à 60. C'est un processus qui a commencé il y a 30 ans. Mais aujourd'hui il reste entre 25.000 et 40.000 emplois dans ce secteur en France. La question de la fin de la sidérurgie, je l'ai déjà entendue il y a 20 ans !

Par Jessica Dubois le 20 février 2012 à 18:44
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30 Commentaires

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  • libertecherie65, le 22/02/2012 à 14h35

    Tout comme vous..

  • libertecherie65, le 22/02/2012 à 09h38

    Ce n'est pas hollande....il fait avec les autres....

  • mcg35, le 21/02/2012 à 14h35

    Oui ... Cela peut paraître très dur ... Mais nous ne sommes plus au XIXè siècle, ni à la 1è moitié du XXè siécle, âge d'or de la Sidérurgie (avec un "S" majuscule). Je dis mon respect à tous ces gens qui ont travaillé dans ces usines (travail dur), et qui ont su mettre leur région en valeur. MAIS, ce que beaucoup de Français ne veulent pas entendre, c'est que le monde EVOLUE. Il y a de nouvelles opportunités, d'autres débouchés, parfois, dans d'autres régions, c'est vrai. J'observais sur la vidéo: Certains salariés ont 30-40 ans ... A cet âge-là, la vie n'est pas finie ... On peut se former et repartir sur des secteurs porteurs en ce moment. Bien sûr, cela impose de faire des efforts d'adaptation, voire de déménager, avec tout ce que cela implique de réorganisiation ... Mais ces salariés encore "jeunes" ne devraient-ils pas se poser la question, plutôt que de persister dans une lutte stérile à échéance???

  • alain-paris, le 21/02/2012 à 14h34

    On en reparle, le jour où votre boite ferme ?

  • francisk1, le 21/02/2012 à 14h34

    Ce n'est pas de l'anti-sarkozisme, c'est de l'anti fraude, évidemment, à l'UMP, on ne veut pas savoir que ça existe, comme au PS ou au MODEM. CHUTT!! ,je ne suis pas du FN.

  • aristochat0068, le 21/02/2012 à 14h09

    Aucun politique ne pourra empêcher qu'une usine non rentable ferme. Sarkozy avait promis, il aurait mieux fait de se raire.

  • laforet20111, le 21/02/2012 à 13h59

    Je dois ajouter ,de l'acier il en faut,(voir viitt)conçernant les radars fabriques aussi avec des metaux ,neanmoins sommes quand meme pas mals places aux constructions des centrales nucleaires,aeronautique,ferroviaire,et j'en passe,l'acier est partout, faut-il fermer nos usines pour acheter ailleurs je ne pense pas que le president actuel y est pour quelque chose surtout,en ce moment des elections qui arrivent bientot. pas facile .

  • michalowice, le 21/02/2012 à 13h48

    Sarko promet, mais il oublie vite !!!

  • alaisepartout, le 21/02/2012 à 12h53

    L'anti SARKOSISME primaire voila un beau programme de gouvernement c'est le seul programme des socialistes pourquoi le gouvernement devrait il intervenir souvenez vous de JOSPIN a propos de VILLEVORDE on ne peut pas tout faire les socialistes ont tout fait pour réduire la compétitivité de la FRANCE avec des mesures stupides qui flattaient l'électeur tout le monde était content vous pensez 35 h h superbe la retraite a 60 ans magnifique aujourd'hui il faut payer et la il n'y a plus personne c'est encore de la faute a l'autre curieusement ce fameux programme de 1981n'a été copié par aucun pays d EUROPE c'est dire

  • opalip, le 21/02/2012 à 10h42

    Arcelor va fermer en Lorraine, par contre il investit quelques 70 millions d' Euros dans une nouvelle ligne de production à St Chély en Lozère.

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