Mardi, le leader de la CGT, Bernard Thibault, est arrivé à son meeting à Matignon avec sa "liste noire" sous le bras. Le nom de 46 entreprises, qui s'apprêtent à mettre en place des plans sociaux. Et un chiffre de 45.000 emplois qui seraient concernés. "Réaliste" a commenté le ministre du Travail Michel Sapin mercredi matin sur RTL, qui parlait "d'inquiétudes réelles" à propos des chiffres du chômage. Une inquiétude confirmé par les chiffres de la Dares tombés jeudi soir : le chômage touche 2,888 millions de personnes en avril.
Mais si ces chiffres - et leurs cortèges de zéros - sautent aux yeux, les licenciements économiques ne comptabilisent en réalité que 2,8% des inscriptions à Pôle emploi en avril, soit 13.200 personnes. Soit une petite hausse par rapport à mars, lorsqu'ils concernaient 2,4% des inscriptions. Ce chiffre grimpe lorsque la conjoncture économique se dégrade. Ainsi, en juillet 2009, alors que la crise économique se faisait durement ressentir sur les entreprises, les licenciements économiques concernaient 24.200 nouveaux inscrits à Pôle emploi, soit 4,8%.
En effet, la majorité des entrées à Pôle emploi sont dues à des fins de contrat à durée déterminée (25,2% en avril) ou des fins de mission d'intérim (6,4%).
Départ à l'amiable
Ces derniers temps, cependant, les entreprises évitent de licencier et utilisent d'autres méthodes pour supprimer des postes. Les grandes banques désirant réduire certaines de leurs activités privilégient aujourd'hui les plans de départs volontaires. C'est également la méthode que souhaite utiliser Air France, qui indiquait le 24 mai qu'elle désirait "éviter le recours aux départs contraints". Ces départs ne sont pas quantifiables : il peut s'agir autant de départ en retraite que reclassement en interne ou en dehors de l'entreprise.
Par ailleurs, de nombreuses ruptures de contrats se font désormais en "rupture conventionnelle". Il s'agit ni d'un licenciement ni d'une démission, mais d'un... consentement mutuel. Instaurées en 2008, ces ruptures concernaient 192.000 demandes en 2009, et déjà 287.000 en 2011. Mais derrière cet accord à l'amiable, les syndicats craignent des licenciements déguisés.






