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Crise aiguë à la CGT pour la succession de Bernard Thibault


le 31 mai 2012 à 20h12 , mis à jour le 08 novembre 2012 à 12h21.
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3min
Bernard Thibault
Photo d'archives. / Crédits : TF1/LCI
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SocialLa crise de succession de Bernard Thibault est entrée jeudi dans une phase aiguë : le Comité confédéral national de la CGT a désavoué le numéro un du syndicat, en rejetant la candidature de Nadine Prigent, qui avait sa faveur. Une crise qui intervient alors que le gouvernement entend favoriser le dialogue social.

Remous à la CGT pour la succession de son emblématique secrétaire général. Le Comité national de la CGT (CNN), "le parlement", a rejeté jeudi la candidature de Nadine Prigent, pourtant soutenue par Bernard Thibault. Une prochaine réunion de la Commission exécutive est prévue dans deux semaines, mais son ordre du jour n'est pas encore établi, et le CCN devrait se réunir une nouvelle fois en septembre. 

Après ce rejet, le Comité confédéral national a décidé de reporter le choix du successeur de Bernard Thibault, qui quittera la direction de la CGT au congrès de Toulouse en mars 2013. Le CCN a mandaté la Commission exécutive ("gouvernement") d'"établir une méthode et un calendrier" pour cette désignation. "La CGT a décidé d'engager un processus démocratique, de forme inédite, pour la proposition du ou de la futur(e) secrétaire général(e)", affirme le CCN, comme pour expliquer cette crise. 

Composé des dirigeants des fédérations et des unions départementales du syndicat, le CCN a le dernier mot dans le choix du prochain numéro un. Il a rejeté jeudi matin la proposition que lui avait faite la Commission exécutive d'adouber Nadine Prigent, proche de Bernard Thibault.  "D'ici à mars 2013, Bernard Thibault reste secrétaire général de la confédération", assure-t-on à la CGT,  pour dissiper des rumeurs de démission de celui qui dirige la centrale depuis 13 ans, avec une certaine aura.

Bernard Thibault voulait une femme
 
La centrale syndicale est en crise depuis que Bernard Thibault a annoncé en janvier qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat. Sa succession s'est avérée d'emblée douloureuse, alors qu'aucune personnalité incontestée n'a émergé pour la relève.  L'insistance de Bernard Thibault de voir une femme lui succéder a compliqué la donne, ce qui l'a conduit à refuser son soutien à Eric Aubin, chargé du dossier de la retraite et issu du privé, qui a la préférence de plusieurs grosses fédérations.
 
Le secrétaire général avait connu un premier désaveu la semaine dernière lorsque la Commission exécutive avait rejeté sa proposition d'une candidature de Mme Prigent. Mercredi, à l'issue d'une première journée de débat à huis clos au CCN, Bernard Thibault avait convoqué une nouvelle fois la Commission exécutive, tard dans la soirée. Pour sortir de l'impasse, la Commission avait organisé un scrutin à deux tours mettant en concurrence trois candidats : Nadine Prigent, Eric  Aubin (éliminé dès le premier tour) et Agnès Naton, directrice du bi-mensuel La Nouvelle Vie Ouvrière, éliminée au second tour.

"Thibault rate sa sortie" 

Bien qu'elle a remporté la mise, la favorite de Bernard Thibault n'a pas la cote auprès de nombreuses fédérations. Les neuf réunions interrégionales tenues par M. Thibault courant mai pour les convaincre n'ont rien changé. Désormais, elle est hors jeu, puisque le CCN est souverain. D'autres noms sont avancés par la presse comme celui de Thierry Lepaon, qui dirige le groupe CGT au Conseil économique, social et environnemental. 
 
C'est la première crise de succession à la CGT depuis la rupture de son cordon ombilical avec le Parti communiste dans les années 1990. La première vraie élection "non politique" était celle de Bernard Thibault en 1999, qui s'était déroulée sans heurts. L'ex-cheminot a été ensuite réélu de manière consensuelle pour quatre mandats consécutifs."Il aura raté le coche de sa sortie", selon un analyste. La crise tombe mal pour le premier syndicat français au moment où le nouveau gouvernement de gauche entend favoriser le dialogue social.

Commenter cet article

  • rpjbrpjb : Comment voulez vous que les syndicats français défendent les interets des travailleurs dans de bonne conditions. Ils se livrent en public a des luttes de pouvoir, à croire que les places sont bonnes là aussi. Pauvre France Pauvres travailleurs du privé on est pas prés d'y arriver avec des gens aussi interressés à gouverner un petit état plutôt que de lutter contre les injustices qui ne manqueront pas de grandir même sous le régime socialiste.

    Le 01/06/2012 à 12h15
  • vinebaut : POur ce qu'ils représentent ....Un non événement ...

    Le 01/06/2012 à 11h36
  • 2012adieufrance : Ils se chamaillent? La place doit être bonne à prendre....

    Le 01/06/2012 à 11h08
  • gege2703 : Qu il s en aille ou il veut on ne le regrettera pas et si ils sont si nombreux à vouloir le poste il ne faut pas étonner la place et les avantages doivent être énorme

    Le 01/06/2012 à 10h55
  • eldo78 : Il était tellement content de la sortie de Sarkozy. La sienne arrive aussi. L

    Le 01/06/2012 à 08h32

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