Jean-Paul Huchon répond à Arnaud Montebourg. Le Stif "n'a eu d'autre choix" que d'attribuer un marché à un prestataire disposant d'une plate-forme téléphonique au Maroc en raison du code des Marchés publics, au risque de supprimer quatre-vingts emplois en France, a écrit son président Jean-Paul Huchon (PS) au ministre du redressement productif Arnaud Montebourg.
Pour Jean-Paul Huchon, il est "nécessaire" de mieux prendre en compte dans les textes qui régissent la commande publique des risques encourus "du fait d'une concurrence en provenance d'Etats où les règles de droit social et de droit du travail sont peu exigentes". Il lui semble également nécessaire "d'introduire une clause de préférence communautaire dans les cahiers des charges des marchés publics". "La rédaction actuelle du code des marchés publics, issue des directives européennes, ne permet pas de favoriser l'exécution de prestations sur le territoire national, voire européen", accuse Jean-Paul Huchon. "Les marchés de prestations qui requièrent une part importante de main d'oeuvre n'échappent pas à ce principe que la jurisprudence communautaire consacre régulièrement", relève-t-il. Souhaitant une "véritable réflexion sur ce sujet", M. Huchon termine son courrier au ministre par une mention manuscrite : "C'est un sujet d'importance".
De son côté, M. Montebourg a indiqué vendredi sur Europe 1 avoir demandé à M. Huchon de "reconsidérer" cette décision, "en remettant l'appel d'offres sur le métier". Il a ajouté qu'il souhaitait que "dans les services publics, dans la commande publique, nous ne soyons pas prisonniers de règles qui contribuent à délocaliser les emplois". Le gouvernement se bat "pour les relocaliser ce n'est pas pour accepter qu'on les délocalise". Philippe Jousset, co-président de Webhelp, la société qui détient ce marché jusqu'au 1er février 2014, avait dénoncé auprès de l'AFP la décision du Stif. "Si la décision du Stif est confirmée, nous n'aurons pas d'autre choix que de faire un plan de sauvegarde de l'emploi" (PSE), avait-il expliqué.
Du côté de l'UMP, Valérie Pécresse estime que la gauche a été prise "en flagrant délit de contradiction". Enfin, pour Steeve Briois du FN, "les socialistes plongent dans l'obscénité".







