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Dépassement d'honoraires : "il faut des règles nationales"

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le 23 février 2012 à 17h04 , mis à jour le 23 février 2012 à 21h03.
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Hopital médecin chirurgien

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TF1 News : Le magazine 60 Millions de consommateurs publie  jeudi une enquête épinglant les chirurgiens et autres médecins facturant des opérations avec de forts dépassements d'honoraires, par rapport au montant remboursé par la sécurité sociale. Comment réagissez-vous ?

Frédéric Valletoux, président de la fédération hospitalière française : Le dépassement d'honoraires est quelque chose que nous condamnons et qu'il faut encadrer dans le public autant que dans le privé. Sur les 40.000 praticiens hospitaliers, 4.500 pratiquent une activité libérale, mais seuls 250 font des facturations excessives. Cela doit rester un dépassement marginal. En 2010, il y a eu 2,1 milliards d'euros de dépassement d'honoraires mais seulement 6 millions à l'hôpital. Mais ce n'est pas pour autant que l'on souhaite voir cela continuer. Il faut trouver le moyen d'encadrer strictement ce dépassement d'honoraires.

TF1 News : Est-ce que vous-même vous avez la possibilité de connaître les dépassements d'honoraires excessifs ?

Frédéric Valletoux : L'assurance maladie a les moyens de voir combien a été facturé chaque acte, elle a les chiffres. Elle a déjà écrit aux praticiens. Mais il faut passer d'un système où l'on signale les abus à un système où l'on encadre pour qu'il n'y ait pas d'abus. L'hôpital doit accueillir tout le monde sans discrimination. Le dépassement d'honoraires a été fait pour permettre aux médecins d'avoir une carrière attractive à l'hôpital, nous ne revenons pas là-dessus. Mais ces dépassements sont faits dans des proportions déraisonnables par rapport aux valeurs de l'hôpital public.

TF1 News : Ne pouvez-vous rien faire de votre coté pour lutter contre ces pratiques abusives ?

Frédéric Valletoux : Il y a dans les hôpitaux des commissions qui encadrent la pratique médicale et qui font le point sur le volume des activités libérales réalisées au sein des hôpitaux. Car chaque hôpital connaît le revenu issu de l'activité libérale de ses praticiens. Mais quand un médecin renommé a une clientèle, parfois internationale, il y a là une facilité à aller vers un déplacement des honoraires excessifs. Alors pour un hôpital, le sanctionner, c'est un peu le pousser à la porte. L'hôpital a un intérêt à avoir un grand professeur de renommée internationale. C'est pour cela qu'il faudrait des règles nationales qui encadrent la pratique du dépassement d'honoraires.

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  • juillet45 : Avec les dépassements d'honoraires ce que je déplore c'est le chantage à l'attente , quant on souffre on choisit de le faire le plus tôt possible , mais la médecine à deux vitesses s'est bien installée . Avant seule la chirurgie esthétique était un luxe , maintenant l'ablation de la vésicule en fait partie ect..... . Des abus il y en a , je vous cite l'exemple d'un chirurgien qui pourrait faire l'opération en une seule fois à l'hôpital mais recommande de faire en quatre fois à son cabinet privé et de revenir à la première solution si cela ne marche pas , ce médecin roule en Ferrari .J'ai vu le sondage ou 66% des français sont pour les dépassements d'horaires ce qui m'étonne en temps de crise , les chirurgiens peuvent continuer apparemment ce n'est pas un problème pour les gens , 60 millions de consommateurs doit être découragé devant un tel sondage .

    Le 24/02/2012 à 08h41
  • ev002 : Il existe bien une solution simple : que les médecins hospitaliers s'occupent exclusivement des patients hospitalisés . Imagine t on un facteur lui aussi fonctionnaire distribuant les colis plus ou moins vite en fonction d'un certain quota de temps libre et à des tarifs variables en utilisant le matériel de la poste !!! Les médecins se secteur publique pour le publique , les médecins privés ou libéraux dans les cliniques et les cabinets de ville et là il y aura une véritable logique . Qui plus est à quoi rime cette logique , il manque de praticiens dans les hopitaux , dans les services , aux urgences , que les médecins fonctionnaires restent dans leurs taches hospitalières et c'est tout le fonctionnement de l'hopital qui s'en trouvera amélioré !

    Le 24/02/2012 à 07h38
  • gertrudeun : Il n'en reste pas moins qu'il y a une autre manière de considérer ce problème génant au plan moral. En outre, il est évident, pour nos compatriotes, que cette situation se rencontre également et peut être plus hors de l'hopital public. Où en effet est la liberté d'accepter ou ne pas accepter des tarifs profondément dérogatoires, quand tous les médecins spécialistes d'une des spécialités, ont opté pour le régime des "dépassements".

    Le 24/02/2012 à 06h42
  • macadam33 : En effet, si nous "VOULONS"; l'exigence a un coût. Pour autant les urgences et les détresses sont toutes prises en charge, n'importe où, n'importe quand, à n'importe quelle heure et à tarif opposable.

    Le 23/02/2012 à 23h01
  • caloma1 : Oui mais si nous voulons un rendez vous rapidement on banque hélas

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