La manifestation dans l'Education mardi matin © TF1La mobilisation sociale a marqué le pas mardi en France où les personnels de l'Education nationale et de La Poste étaient appelés à faire grève et à manifester contre les réformes du gouvernement.
La Poste et l'Education renouent avec le pavé
Les syndicats espèrent faire une nouvelle démonstration de force cette semaine avec la coïncidence de mouvements sociaux mardi à La Poste et dans l'Education nationale.
Publié le 23/11/2009
Pour le premier mouvement national des enseignants depuis la rentrée, le taux de grévistes a été de 31% à 40% dans le premier degré et le secondaire, selon la SNUipp-FSU et le SNES-FSU. Le ministère de l'Education a fait état de 13,39% de professeurs grévistes dans les écoles maternelles et primaires et de 12,26% dans les collèges et lycées publics.
Convergence de défilés
A La Poste, la grève a été de moindre ampleur que le 22 septembre, date à laquelle 22% à 40% des personnels avaient cessé le travail pour protester contre le changement de statut de l'entreprise publique. Selon la direction de La Poste, la grève à l'appel des syndicats CGT, Sud, CFTC, FO et CFDT a été suivie mardi par 15,53% des personnels. La Fédération CGT des activités de postes et télécoms (Fapt) avance une estimation autour de 30%.
Des manifestations se sont en outre déroulées dans plusieurs villes de France. A Paris, entre 2.900 et 8.000 personnes selon les sources, ont défilé pour la défense de l'Education nationale à l'appel de la FSU, majoritaire, de la Ferc-CGT, de Sud-Education, des organisations étudiante et lycéenne Unef et Fidl, et des collectifs "Sauvons l'université" et "Sauvons la recherche". La manifestation des postiers a rassemblé dans la capitale entre 830 et 3.000 personnes. En province, les défilés ont parfois convergé. Ainsi à Nantes, 1.500 lycéens, enseignants et postiers ont manifesté dans le centre-ville.
"Une base de mobilisation significative"
"La grève n'est pas majoritaire mais en même temps, on a une base de mobilisation significative", a déclaré à la presse le secrétaire général de la FSU, qui participait au cortège parisien des personnels de l'Education. "Je pense que c'est un peu un coup de semonce (...) et le gouvernement ferait bien de l'entendre", a dit Gérard Aschieri. Les syndicats souhaitent "une remise à plat" de l'ensemble des dossiers : réformes du lycée et de la formation des enseignants, revalorisation des salaires et des carrières, suppression d'effectifs dans l'Education nationale. "Système éducatif, emploi, salaires, conditions de travail, l'Ecole est asphyxiée : stop!:", pouvait-on lire sur la banderole de tête du défilé parisien.
Le gouvernement a inscrit dans le projet de budget 2010 16.000 suppressions de postes pour la rentrée prochaine, ce qui porte à 50.000 le nombre de postes supprimés en trois ans. Le ministre de l'Education, Luc Chatel, a exclu de revenir sur ces orientations. A La Poste, les personnels étaient appelés à cesser le travail une nouvelle fois pour dénoncer le projet de loi transformant La Poste en société anonyme à capitaux publics en vue de l'ouverture complète du marché postal européen à la concurrence le 1er janvier 2011. Le texte a été adopté le 9 novembre au Sénat et les députés l'examineront à partir du 15 décembre. L'opposition et les syndicats dénoncent une privatisation déguisée alors que le gouvernement assure que La Poste sera "imprivatisable". L'Etat apportera 2,7 milliards d'euros. Le mouvement est susceptible d'être reconduit de jour en jour dans certaines régions, selon la Fapt.
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