Economies à trouver, dépenses publiques à réduire, hausse du Smic... L'heure des choix a sonné pour le gouvernement. Un mois après l'élection présidentielle, le gouvernement au grand complet s'est réuni lundi pour préparer le budget de l'année prochaine et définir les orientations pour 2013-2015. Un débat d'orientation budgétaire est prévu début juillet au Parlement suivi d'un projet de loi de finances pluriannuel en septembre qui aboutira à une loi de programmation des finances publiques dans le courant de l'automne.
"Aujourd'hui les hypothèses de travail sont sur la table sans qu'aucun arbitrage n'ait été rendu", a affirmé vendredi la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. "Dans ce cadre, nous veillerons à respecter les règles de responsabilité budgétaire avec l'objectif que nous nous sommes toujours fixé (...) de retour à l'équilibre des comptes à l'horizon 2017", a rappelé Mme Vallaud-Belkacem. Jean-Marc Ayrault avait envoyé début juin aux membres du gouvernement des lettres détaillant la méthode de préparation du prochain budget pluriannuel et du projet de loi de finances pour 2013, ainsi que les objectifs de déficit de 3% en 2013 et d'équilibre en 2017.
Dans un premier temps le déficit doit être ramené à 4,5% du produit intérieur brut (PIB) à la fin de cette année, contre 5,2% fin 2011. Le nouveau gouvernement a confirmé être en quête de dix milliards d'euros pour y parvenir. Un collectif budgétaire attendu début juillet doit permettre de générer cette somme dès cette année. Il annulera d'abord plusieurs réformes phares de Nicolas Sarkozy et présentera des mesures nouvelles, telles qu'une taxe de 3% sur les dividendes distribués aux actionnaires.
Réduction des effectifs dans la fonction publique
Concernant 2013-2015, l'Hôtel Matignon avait indiqué début juin que le Premier ministre souhaitait entendre les propositions des ministres avant de fixer le cadrage pour l'élaboration du budget pluriannuel et du budget 2013. La marge de manoeuvre sera étroite, d'autant que Bercy pourrait réviser à la baisse sa prévision de croissance de 1,7% pour l'an prochain, jugée intenable, et donc compter sur des recettes fiscales réduites.
Si le candidat Hollande a émis un principe général de "maîtrise" de la dépense publique, censée progresser en volume de 1,1% par an en moyenne, il n'a pas étayé la manière d'y parvenir. Or, l'effort est considérable par rapport à son augmentation tendancielle de 2%. Le débat se focalise pour l'heure sur la fonction publique. Matignon a démenti des chiffres publiés jeudi par Le Figaro, selon lequel le gouvernement entend baisser de 2,5% par an les effectifs de la fonction publique sauf dans l'Education, la Justice et l' Intérieur. Une baisse pour compenser les recrutements promis dans ces trois secteurs prioritaires. Cela reviendrait à ne pas remplacer deux fonctionnaires partant à la retraite sur trois dans les ministères touchés, tout en stabilisant les effectifs globaux. La fonction publique d'Etat compte 2,4 millions d'agents sur un total de 5,3 millions de fonctionnaires (fonctions publiques hospitalière et territoriale comprises).
| 7 à 10 milliards d'euros d'économies nécessaires pour Moscovici |
La France aura besoin de sept à dix milliards d'euros d'économies supplémentaires pour atteindre son objectif de déficit budgétaire en 2012, a déclaré lundi le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici. Interrogé lundi matin sur Itélé, sur une fourchette d'économies supplémentaires desept à dix milliards d'euros nécessaires pour tenir l'objectifd'un déficit représentant 4,5% du produit intérieur brut (PIB) en 2012, Pierre Moscovici a déclaré : "Nous sommes entre les deux j'imagine, mais j'attends de voir les chiffres officiels." |








