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Huissiers, notaires, pharmaciens : pourquoi les professions réglementées protestent

Brice Lahaye par avec
le 15 septembre 2014 à 06h00
Temps de lecture
4min
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Social Les professions réglementées continuent de manifester leur colère face au projet de loi de réforme de leurs métiers, avec des grèves prévues lundi, mercredi et le 30 septembre prochain. Le point sur leurs motifs de mécontentement.

Les professions réglementées sont en colère. Dans le viseur du gouvernement, les huissiers, notaires, opticiens ou encore dentistes et pharmaciens ont décidé de manifester leur mécontentement en organisant plusieurs manifestations cette semaine. Les huissiers feront grève lundi et les notaires mercredi pour protester contre le projet de réforme sur ces professions tandis que l'Union nationale des professions libérales (l'Unap) appelle à une "journée sans professions libérales" le 30 septembre prochain. Mais pourquoi manifestent-t-ils ? MYTF1News fait le point sur leurs revendications. 

Les huissiers

Premiers mécontents face au projet gouvernemental de réforme des professions réglementées, les huissiers appellent à la grève ce lundi. Dans un rapport dévoilé en août, l'Inspection générale des finances (IGF) propose de libéraliser ces professions pour faire baisser les coûts. Il suggère notamment d'ouvrir le capital des études d'huissiers, de leur donner une compétence nationale et de leur permettre de s'installer où elles le veulent. Le rapport préconise surtout de confier à un opérateur tel que La Poste une de leurs principales missions : la remise ("signification") d'actes et de décisions de justice. Autant de mesures qui, du point de vue des huissiers, risquent de corrompre leur mission de service public. Membres d'une corporation cordialement détestée, ils se sont aussi sentis blessés par l'ex-ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg, qui les qualifiait en juillet de "rentiers".

Les notaires

Tout comme les huissiers, les notaires refusent une libéralisation de leur profession. Selon l'Inspection générale des finances, il faudrait revoir le mode de fixation des tarifs, proportionnels à la valeur des biens immobiliers. Avec la hausse des tarifs depuis une quinzaine d'années, le gouvernement estime que les rentes des professionnels sont trop importantes. Une baisse des tarifs de 20%, selon Bercy, rendrait alors aux ménages plus de pouvoir d'achat. Une mesure que conteste les notaires. "On accompagne les gens dans toutes les périodes de leur vie, lorsqu'ils se marient, lorsqu'ils se pacsent ou quand il y a un décès. Là encore, le tarif est fixé par l'Etat, et dans 60% des cas, la rémunération du notaire est à perte", répond Me Couzigou-Suhas, notaire à Paris.  

Les pharmaciens

Du côté des pharmaciens, on s'oppose notamment à la suppression du monopole pour les médicaments à prescription facultative ou sans prescription, ce qui autoriserait les grandes surfaces à vendre certains médicaments. Une concurrence qui amènerait à une baisse des prix des produits pharmaceutiques, elle aussi dénoncée par les professionnels. "Il y a un seul autre levier qui est possible : diminuer les charges. Cela revient à dire qu'il faut diminuer le nombre de personnel pour accueillir les patients, qui seront moins bien accueillis. Et cela veut dire qu'il n'y a rien de positif en termes d'emploi", explique Caroline Teboul, pharmacienne. 

Les opticiens

Les opticiens seront eux aussi mobilisés le 30 septembre pour montrer leur colère face au projet de loi de Bercy. Avec la réforme des professions réglementées, les opticiens verraient leurs missions élargies, avec notamment la mise en place du contrôle de la vue. Ce qui les amèneraient à se concentrer sur les maladies de l'œil. Si cela n'est pas prévu dans le même texte, le ministère de l'Economie aimerait également fixer le plafond de la prise en charge des lunettes à 470 euros. Une mesure qui n'est pas non plus sans inquiéter les professionnels. "Au lieu d'égalité, on va entraîner un système à double vitesse," estime Nicolas Lethorey, opticien.

 

Les dentistes

Les chirurgiens-dentistes sont également visés par le projet de réforme du gouvernement. Le ministère de l'Economie souhaite en effet une baisse des prix des prothèses dentaires en permettant l'achat direct auprès des prothésistes ou en règlementant les tarifs appliqués par les dentistes, par exemple sur l'acte de conseil pour une prothèse comme celui de sa pose.

Commenter cet article

  • kleb37 : Je suis mitigé sur l'idée. concernant les conseils des pharmaciens, je n'ai pas à me plaindre a ce sujet mais peut-etre que j'ai eu de la chance. Ensuite tout produit médicamenteux en vente libre, pourquoi pas mais le fait que ce sont des médicaments me gène un peu. Si un médicament est vendu en grande surface, un enfant (un ado) pourrait l'acheter sans contrôle. Donc c'est un point à débattre malgré tout

    Le 17/09/2014 à 16h16
  • kleb37 : Je suis désolé de dire cela mais on s'enrichit tous sur le dos de quelqu'un : Patron, syndicat, actionnaire, politique, cadre, banque, médecin, vous, moi, etc.... Il es donc un peu facile de dire cela.

    Le 17/09/2014 à 16h05
  • kleb37 : "Les notaires sont en train d'obliger leurs salariés a défiler mercredi (il organise des bus dans toute la France), au motif que c'est la fin de la profession !! " Ben cela va être le cas mais comme vous le sous entendez. Ce ne sera qu'un dépôt d'acte ou le notaire sera sera responsable du contenu rédigé par un autre. Alors ne pas être rémunéré et subir les erreurs d'autre, personnellement, je suis contre "Prenez un cas immobilier entre les frais d'agence 7% et les frais de notaire (pour le notaire + taxe état) on en est environ presque à 25%" Les frais de notaire... le notaire ne touche que 0.85% (c'est réglementé) et le reste est pour l'etat. "Ce qui freine l'achat et la possibilité de revente donc la flexibilité et la mobilité. " La surcôte des biens immobiliers joue plus, à mon avis. "Le notaire prend en moyenne 5 à 10 fois plus que lui revient le travail effectué principalement par ses salariés. " 2 points. 1) 60 % des actes chez le notaires ne sont pas rentable. 2) si le travail des salariés est mal fait, c'est le notaire qui paiera les conséquences. Enfin, il ne faut pas croire que les notaires ne font rien. beaucoup travaillent 7 j/7. "Par ailleurs ces nantis se partagent le pactole en famille, c'est une profession presque héréditaire !! " Il n'y a pas de pactole comme vous dites.Quelqu'un qui veut devenir notaire doit passer un diplôme et acheter l'étude pour s'installer. Le fait que vous évoquez le terme de nanti montre que vous n'êtes pas objectif dans vos propos, et c'est dommage. Et pour votre liste, c'est assez démagogique. Je vais prendre quelque exemples afin de relativiser. Pas de CE.... Je travaille dans une societé ou je n'ai pas de CE car moins de 50 salariés, comme beaucoup de salarié. Pour les salaires, ce que je trouve étonnant, c'est que les employés sont sédentaires. A eux aussi de changer d'étude pour augmenter leur salaire, il y a une forte concurrence dans ce domaine. "Par conséquent, les salariés du notariat ont tout a gagner à cette réforme, il seront peut être débauchés pour leurs savoir faires par de nouvelles professions qui sauront peut-être mieux reconnaitre leurs mérites." Possible mais aujourd'hui, je ne suis pas convaincu. La libéralisation risque aussi toucher le conventions collectives et s'orienter vers une convention encore moins intéressante. Les gagnants seront les avocats et seulement, les avocats (je rappelle cette demande de déréglementation vient d'un...avocat.) Voila, j'ai essayé d'être constructif et objectif (sauf pour l'avocat :) )

    Le 17/09/2014 à 08h41
  • cbadet : L'état veut réformer ces professions pour redonner du pouvoir d'achat aux Français. Je pense que la priorité pour redonner du pouvoir d'achat c'est de réduire le chômage. Ça me paraît plus important que de taper dans des professions qui fonctionnent et qui ramènent de l'argent à l'Etat.

    Le 16/09/2014 à 12h07
  • shooby02470 : Ecrire votre commentaire ici ...parce que c'est cela la France : on veut bien qu'il y ai des réformes, mais à condition que cela touche les autres. Syndrome nimby, quoi

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