L'avenir de SeaFrance se joue aujourd'hui au tribunal

le 03 janvier 2012 à 07h37 , mis à jour le 03 janvier 2012 à 10h07

Alors que le gouvernement affiche désormais son soutien au projet de coopérative ouvrière destiné à assurer la survie de la compagnie de ferries, les salariés et leurs avocats se montrent sceptiques sur le montage financier proposé. Ils espèrent un report de décision.

Les salariés de SeaFrance retiennent leur souffleIls seront fixés mercredi après-midi sur leur avenir. Le tribunal de commerce de Paris doit rendre sa décision et choisir entre une liquidation et une reprise. Par prudence, tous les ferries sont à quai. © LCI

Tout s'est accéléré lundi pour le dossier SeaFrance, dans lequel Nicolas Sarkozy a décidé de s'impliquer personnellement ; mais c'est ce mardi que le tribunal de commerce doit se prononcer sur l'avenir de la compagnie de ferries, en liquidation judiciaire depuis le 16 novembre. Une seule offre de reprise est en lice pour sauver la filiale de la SNCF, qui emploie 880 personnes à Calais et génère au moins autant d'emplois indirects : il s'agit du projet de coopérative ouvrière des salariés de l'entreprise.
  • SeaFrance : nouvelle réunion ce dimanche

    Une réunion interministérielle devait se tenir dimanche en fin d'après-midi pour examiner la nouvelle version du projet de reprise de la compagnie de ferries par des salariés, à la veille de son examen par le Tribunal de Commerce.

    Publié le 08/01/2012 SeaFrance : nouvelle réunion ce dimanche
  • SeaFrance : le projet de Scop est-il en train de sombrer ?

    Tous les salariés ne suivent pas le projet de Scop de la CFDT de SeaFrance. Les non-syndiqués se sont déclarés favorables à un autre plan de reprise par un groupe privé. Les syndicalistes de SeaFrance ont malgré tout déposé leur dossier vendredi soir.

    Publié le 06/01/2012 SeaFrance : le projet de Scop est-il en train de sombrer ?
  • SeaFrance : les négociations au point mort

    La situation de la compagnie de ferries SeaFrance est plus enlisée que jamais, le gouvernement et les porteurs du projet de reprise par une coopérative ouvrière (Scop) campant sur leurs positions quant au sauvetage de la filiale de la SNCF menacée de cessation d'activité.

    Publié le 05/01/2012 SeaFrance : les négociations au point mort
  • SeaFrance : la SNCF propose de reprendre les salariés

    Alors que les salariés de l'entreprise de ferries jugent "pas faisable" le projet du gouvernement visant à financer une Scop avec leurs indemnités de licenciement, le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, se dit prêt à leur proposer un reclassement en cas d'échec de la reprise de SeaFrance.

    Publié le 05/01/2012 SeaFrance : la SNCF propose de reprendre les salariés
  • SeaFrance : la Scop rejette les propositions de Sarkozy

    Dans une lettre ouverte, les porteurs de la coopérative ouvrière jugent mercredi irréalisables les propositions de Nicolas Sarkozy pour financer leur projet de reprise de la compagnie de ferries en Manche.

    Publié le 04/01/2012 SeaFrance : la Scop rejette les propositions de Sarkozy
  • Le gouvernement appuie le projet de coopérative pour SeaFrance

    Le gouvernement a décidé de soutenir la création d'une Scop pour la reprise de la compagnie maritime SeaFrance en liquidation judiciaire. Nicolas Sarkozy a demandé à la SNCF de verser une indemnisation exceptionnelle aux salariés pour leur permettre d'apporter des fonds.

    Publié le 02/01/2012 Le gouvernement appuie le projet de coopérative pour SeaFrance
  • La CFDT se bat pour faire reprendre la mer à SeaFrance

    Alors que les navires sont bloqués à quai, malgré la décision du tribunal qui a décidé la poursuite des activités de SeaFrance jusqu'au 28 janvier, la CFDT dénonce une "politique de la terre brûlée", et attaque en justice SeaFrance, ses administrateurs, le préfet et le ministre des Transports.

    Publié le 18/11/2011 La CFDT se bat pour faire reprendre la mer à SeaFrance
  • SeaFrance en liquidation judiciaire, un sursis pour les salariés

    Le tribunal de commerce de Paris a prononcé mercredi la liquidation judiciaire de la compagnie française de ferries en Manche SeaFrance, mais en maintenant l'activité jusqu'au 28 janvier 2012.

    Publié le 16/11/2011 SeaFrance en liquidation judiciaire, un sursis pour les salariés
  • Bruxelles refuse le projet de renflouement de SeaFrance

    Alors que la société de ferries est en redressement judiciaire depuis juin 2010, la solution proposée par la France, passant par un prêt de 100 millions d'euros accordé par la SNCF, maison-mère de SeaFrance, a été retoquée par la Commission européenne pour cause d'aide d'Etat injustifiée.

    Publié le 25/10/2011 Bruxelles refuse le projet de renflouement de SeaFrance
  • Témoignages accablants contre les responsables de la CFDT de SeaFrance

    Pour la première fois, la CFDT nationale a exprimé jeudi son désaccord avec les responsables CFDT de SeaFrance, accusés de porter "une lourde responsabilité" dans la situation de la compagnie. Des salariés de l'entreprise ont accepté de témoigner de leurs pratiques parfois musclées.

    Publié le 06/01/2012 Témoignages accablants contre les responsables de la CFDT de SeaFrance
  • Thierry Mariani détaille les accords pour SeaFrance

    Les primes de licenciement constitueront le capital de la Scop explique le ministre des transports à l'issu de la réunion à l'Elysée

    Publié le 02/01/2012 Thierry Mariani détaille les accords pour SeaFrance
  • SeaFrance, Sapin craint "un discours d'affichage"

    Michel Sapin a tenu à souligner, mardi sur LCI, que depuis le début les élus de gauche du Nord soutiennent la création d'une scop par les salariés. Mais il craint que la décision de Nicolas Sarkozy ne soit "un discours d'affichage".

    Publié le 03/01/2012 SeaFrance, Sapin craint "un discours d'affichage"
  • SeaFrance : le gouvernement va aider les salariés à monter la Scop

    "Nous donnons aux salariés de SeaFrance le moyens de prendre leur destin en main" a annoncé Nathalie Kosciusko-Morizet après une réunion à l'Elysée sur l'avenir de l'entreprise. "Si tous les salariés réinvestissent leurs indemnités dans la scop, elle pourrait être créée a précisé la ministre de l'Ecologie et des Transports.

    Publié le 02/01/2012 SeaFrance : le gouvernement va aider les salariés à monter la Scop
  • Une scop pour sauver SeaFrance : Mailly "attend de voir"

    Le tribunal de commerce de Paris doit se prononcer mardi sur l'offre de reprise. Si le projet de coopérative est soutenu par la CFDT depuis le début, Jean-Claude Mailly a expliqué mardi sur RTL qu'il n'y avait "pas de solution miracle".

    Publié le 03/01/2012 Une scop pour sauver SeaFrance : Mailly "attend de voir"
Plus d'infos

Jusqu'à ce début de semaine, le gouvernement s'était montré dubitatif. Mais il affiche désormais sa volonté d'appuyer le projet. Ce qu'a notamment affirmé le chef de l'Etat à travers un courrier envoyé à la Scop-Seafrance (Société coopérative et participative), dans lequel il assure avoir "demandé à la SNCF de mettre en place une indemnisation supra-légale exceptionnelle en faveur des salariés licenciés afin de leur permettre d'apporter ces fonds à la Scop".

"Une volte-face positive, même si elle tardive"

Pourquoi cette référence à des indemnisations de licenciement ? Tout simplement parce qu'il s'agit là du montage financier défendu désormais par le gouvernement, et présenté lundi à l'issue d'une réunion à l'Elysée. Il consiste à faciliter le financement de la société Scop, nouvellement créée, par les indemnités des salariés licenciés. A ces indemnités viendraient s'ajouter "des indemnités extra-légales", a précisé, devant la presse, la ministre de l'Ecologie et des Transports Nathalie Kosciusko-Morizet. Alors que les collectivités locales du Nord-Pas-de-Calais ont proposé de s'engager dans le projet à hauteur de 12 millions d'euros, la ministre a souligné que l'ensemble des fonds ainsi rassemblés permettrait de "couvrir" les besoins nécessaires à la création de la Scop, soit "40 à 50 millions d'euros".

Les salariés et leurs avocats se sont toutefois montrés sceptiques sur la faisabilité du projet gouvernemental. "Que l'Etat s'intéresse enfin au dossier SeaFrance, c'est une bonne chose. Mais la manière dont il s'y prend, et les solutions qu'il propose, sont mauvaises. C'est un montage juridique abracadabrantesque, qui a peu de chances d'aboutir", a jugé pour sa part Me Philippe Brun, l'avocat des salariés. Compte tenu de la complexité des propositions avancées, Me Fouad Barbouch, avocat de la Scop, voyait mal à quelques heures de l'audience "comment ne pas demander au tribunal de commerce de reporter sa décision. En tant que co-employeur de SeaFrance, la SNCF devrait être incitée à mettre la main à la poche et à intervenir en amont, sous forme d'indemnités versées aux salariés, afin d'éviter une mise en cause ultérieure", a-t-il toutefois déclaré.

Sur le plan politique, l'option défendue par le gouvernement fait aussi grincer des dents à gauche. Le porte-parole du PS Benoît Hamon a ainsi qualifié de "volte-face positive, même si elle tardive", l'initiative de soutenir le projet de reprise de la compagnie de ferries par ses salariés. Selon lui, "la mobilisation sans faille des salariés pour préserver leur emploi, semble ainsi porter ses fruits". Il rappelle aussi que les collectivités territoriales, au premier rang desquelles la région Nord-Pas-de-Calais à majorité de gauche, "ont très tôt soutenu le projet de coopérative, en s'engageant financièrement". Pour leur part, trois responsables de l'équipe de campagne de François Hollande, Alain Rousset (production), Frédéric Cuvillier (en charge de la pêche et de la mer) et Thierry Jeantet (Economie sociale et solidaire) estiment que "la plus grande vigilance" reste de mise "pour s'assurer que ce projet est bien conduit à son terme avec des moyens conséquents, au bénéfice du maintien de l'emploi et de la pérennité de cet outil de travail".

le 03 janvier 2012 à 07:37
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

15 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • iben770, le 03/01/2012 à 11h16

    Ces "braves gens" ont coulé leur entreprise par des grèves à répétition. Aucune raison d'investir le moindre euro.

  • contributeur11, le 03/01/2012 à 11h13

    Le gouvernement ne peut, Bruxelles oblige, financer Sea France, il demande donc à la SNCF de le faire à sa place. Et médiatiquement, il apparaît comme celui qui a sauvé Sea France... Pas sûr que Bruxelles n'accepte ce pseudo sauvetage. Et qu'en pensent les concurrents : distorsion de concurrence... Encore une solution faite avec des bouts de ficelle.

  • dominique95240, le 03/01/2012 à 11h09

    Je viens répondre à Nossim. Tout d'abord, je vous remercie de m'avoir apporté votre point de vue. C'est, quelqu'il soit, toujours enrichissant. Regardez bien la définition d'un kolkhoze sur Wilkipédia et vous verrez qu'une Scop n'en est pas très éloignée même si je suis d'accord avec vous qu'un kolkhoze appartenait à l'état soviétique. Quant à la question de l'idéologie, je pense que mon commentaire n'approuve pas particulièrement ce projet de Scop. Néanmoins, je suis plutôt dans le rétablissement d'une autorisation administrative de licenciement car les entreprises abusent actuellement de la possibilité qui leur est offerte de se débarasser de leurs salariés qui ont pourtant contribué à leur développement. Voilà qui répondra également à la remarque de "jghttc1". Quant à la question du soutien d'une entreprise en difficulté, il me parait indéniable, qu'en temps de crise comme nous la subissons actuellement, le gouvernement français ou quelconque gouvernement européen ne doit pas se faire dicter sa loi par les eucrocrates de Bruxelles.

  • moicontribuable, le 03/01/2012 à 11h04

    Il suffit d'enlever les grevistes a repetition qui ont plombes et coules l'entreprise et ensuite, de reprendre les rennes avec une gestion saine. La Scop ne peut pas fonctionner temps qu'il y aura des "permanents" syndicaux dotn le seul travail sera d'organiser des bloquages et couler la boite encore une fois.

  • lacitrouille, le 03/01/2012 à 10h56

    Ce projet de scoop est-il fiable, les syndicats qui en sont à l'origine ont-ils vraiment étudié la réalité financière, il serait peut-être plus rentable de faire de sea France une société de croisières courtes locost. Je ne crois pas que les salariés qui toucheront 60000 euros d'indemnités de départ vont remettre cet argent dans l'entreprise, si sea France n'est pas rentable aujourd'hui, je ne vois pas pourquoi elle le serait demain juste en changeant de nom . Mon avis c'est que les syndicats comme l'état sont entrain de bananer les salariés. Enfin si cela se faisait pourquoi des salariés partiraient avec 60000 euros, ne réintégreraient pas l'argent dans l'entreprise et le garderaient pour eux, je trouve cela particulièrement injuste pour tous les salariés du privé qui sont laissés sur le bord du chemin.

  • lobo19600, le 03/01/2012 à 10h26

    Une pensée pour les milliers de français qui perdent leur boulot chaque mois et sont bien loin de toucher le 50 000 à 60 000 que vont toucher les salariés de SeaFrance... Merci les élections !

  • nossim, le 03/01/2012 à 10h23

    @dominique95240 la coopérative n'a rien a voir avec une kohlkoze qui appartenait a l'etat sovietique la ce sont les salariés qui sont propriétaires. D'autre part c'est marrant votre réflexion "Une Société Coopérative qui fonctionne avec autant de participants et, par conséquent, autant d'intérêts particuliers, ne peut fonctionner convenablement." C'est pas le principe du capitalisme que de défendre des intérets particuliers pour arriver a une société plus efficace les salariés de tf1 ne défendent pas leurs intérets particuliers ? Ceci dit je ne crois pas a ce projet de coopérative parce que comme vous les gens qui la défendent sont des idéologues et non des gens pragmatiques.

  • supersumo, le 03/01/2012 à 10h23

    L'UMP devrait pour glaner quelque voies les arroser de plusieurs miillions en glissant la dépense sur le tapis des 119 milliard de dettes, ça ne se verra meme pas

  • pilosite, le 03/01/2012 à 10h15

    Génial, ça vaut le coup de faire grèves à répétition jusqu'à couler l'entreprise. J'ai hâte de voir ce que ça donne avec les syndiqués aux manettes, je leur donne pas 2 ans pour couler définitivement. Ils ont de la chance de tomber en phase electorale ou Sarko veut absolument se faire briller sur la gauche.

  • jghttc1, le 03/01/2012 à 09h55

    Vous préferez, sans doute, qu'une entreprise étrangère financée par des fonds d'investissements russes, chinois ou du Golf Persique prenne la relève du trafic et que 880 citoyens Français se retrouvent au chômage, chômage pour lequel vous cotiserez également ?

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience