ARCHIVES

La fonderie de Vaux obtient un sursis

Olivier Levard par
le 05 mars 2013 à 18h44 , mis à jour le 05 mars 2013 à 18h49.
Temps de lecture
3min
En colère, les salariés de la fonderie DMI Vaux ont mis en place devant leur usine des bonbonnes de gaz reliées à un système de mise à feu factice en signe de protestation.

En colère, les salariés de la fonderie DMI Vaux ont mis en place devant leur usine des bonbonnes de gaz reliées à un système de mise à feu factice en signe de protestation. / Crédits : THIERRY ZOCCOLAN / AFP

À lire aussi
SocialLes 168 salariés de la fonderie DMI ont obtenu mardi un sursis du tribunal de commerce de Montluçon (Allier). Celui-ci a accordé un délai supplémentaire de 9 jours pour statuer sur une des offres de reprise.

Désespérés, ils avaient menacé de faire sauter leur usine. Les 168 salariés de la fonderie DMI de Vaux, mobilisés depuis plusieurs semaines pour la survie de leur entreprise, placée en redressement judiciaire depuis le 24 juin, ont obtenu mardi un sursis du tribunal de commerce de Montluçon (Allier). Celui-ci a accordé un délai supplémentaire de 9 jours, jusqu'au 14 mars, pour statuer sur une des offres de reprise.  Deux nouveaux candidats à la reprise se sont en effet fait connaître auprès du tribunal. La première offre émane de la société Secast dirigée par Jean-Claude Darugna, qui possède déjà deux fonderies dont une en région parisienne. Elle ne prévoit toutefois qu'une reprise partielle de l'activité de DMI avec une vingtaine de salariés.
 
L'autre candidat n'a pas déposé d'offre formalisée, a précisé le tribunal qui "au vu des enjeux sociaux et économiques a décidé de repousser sa décision jusqu'au 14 mars". Jusqu'à présent, un seul repreneur potentiel, l'industriel Gianpierro Colla (CMV Aluminium), avait déposé un dossier, mais son offre, qui prévoit le maintien de 90 à 100 emplois, reste conditionnée par un engagement de Renault, un des principaux clients de DMI, à maintenir sa charge de commandes.
 
Cette décision a été accueillie dans le calme par les quelque 150 salariés de la fonderie rassemblés devant le tribunal, et qui avaient auparavant manifesté dans les rues de Montluçon. "Ce n'est pas un miracle. On sait qu'on va y laisser des plumes mais c'est mieux que rien", a déclaré le secrétaire du comité d'entreprise Didier Verrier (FO). "La crédibilité de l'offre de Colla est entamée", a estimé pour sa part Gabriel Gawin, délégué CFTC, estimant que si les juges ne l'ont pas retenue ce mardi "on ne voit pas pourquoi elle aboutirait d'ici 10 jours".
 

Lettres à Montebourg et Obama

 
De son côté, un porte-parole de la direction a indiqué à l'AFP que "si le tribunal accorde un sursis c'est qu'il existe une solution" pour la reprise de la société. "Nous restons mobilisés", a-t-il ajouté. Les syndicalistes ont indiqué ne pas avoir de réponse au courrier adressé le 25 février au président américain Barack Obama, lui demandant de faire pression sur l'actionnaire américain de DMI afin de leur obtenir une indemnisation.
 
Les salariés de DMI multiplient depuis plusieurs semaines les initiatives pour se faire entendre des pouvoirs publics et médiatiser leur mouvement. Ils ont notamment écrit également au ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, pour lui demander d'intervenir auprès des dirigeants de Renault. Ils ont également menacé DMI de faire "sauter" l'usine à l'aide de bonbonnes de gaz, reliées par un dispositif électrique de mise à feu.
 
Le groupe DMI avait racheté en 2011 cette usine qui produit des pièces en aluminium pour l'industrie automobile. Elle avait déjà fait l'objet de deux dépôts de bilan en 2006 et 2010. DMI, qui y avait investi 10 millions d'euros, ne pouvait plus faire face aux pertes financières générées notamment par l'annulation d'un contrat d'un important client, avait indiqué la direction.

Commenter cet article

  • jjtournan : Quelque soit le désarroi des employés de cette fonderie, il faut bien reconnaitre que, vus de Washington, ils ne représentent pas grand chose.

    Le 05/03/2013 à 19h33
      Nous suivre :

      Didier François à ses collègues d'Europe 1 : "ce n'est pas mon meilleur reportage"

      logAudience