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La grande pauvreté augmente et se féminise, selon le Secours catholique


le 08 novembre 2012 à 10h55 , mis à jour le 08 novembre 2012 à 23h27.
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SocialFemmes, chômeurs et étrangers. Depuis dix ans, la précarité s'est installée durablement parmi les bénéficiaires du Secours catholique, qui tire la sonnette d'alarme.

En 10 ans, la précarité s'est durablement installée chez les bénéficiaires du Secours catholique. C'est ce que souligne l'ONG dans son rapport annuel, rendu public jeudi. L'ONG a accueilli en 2011 dans ses structures 1.422.000 personnes, dont 668.000 enfants, révèle ce rapport intitulé "Regards sur 10 ans de pauvreté". La part des familles est passée de 47 % à 53 %, notamment du fait de la crise.   

Si le Secours catholique ne note pas une "explosion du nombre de personnes sous le seuil de pauvreté (moins de 964 euros par mois) en une décennie, il s'inquiète de l'accroissement du nombre de personnes en grande pauvreté (moins de 500 euros par mois)".

Durcissement" et "ancrage" de la pauvreté

"On constate un durcissement et un ancrage de la pauvreté", explique Bernard Schricke, directeur Actions et Plaidoyer France Europe. Un tiers des personnes accueillies en 2001 comme en 2011 avaient déjà fréquenté les structures du Secours catholique l'année précédente. L'ONG reçoit de plus en plus d'étrangers en situation de pauvreté (30 % contre 23 % en 2001, dont 6 % en situation irrégulière), et de plus en plus de femmes (57 % en 2011 contre 50 % en 2001). 

Les femmes sont largement majoritaires au sein de ces familles : le Secours catholique a ainsi accueilli 160.000 mères célibataires, contre 20.000 pères seuls. "Il y a des femmes de plus en plus pauvres parce qu'elles sont de plus en plus seules et notamment avec des enfants" mais "elles se battent", a affirmé sur RTL François Soulage, président du Secours catholique.

Le chômage, principal facteur de pauvreté

La proportion des personnes au chômage parmi les bénéficiaires s'est également accrue, passant de 58 % en 2001 à 66 % en 2011. De même, 25 % sont des chômeurs non indemnisés (contre 18% en 2001). "La difficulté d'accéder à un emploi" est le principal facteur de pauvreté, souligne Bernard Schricke.

Environ 60 % des ménages rencontrés par l'ONG ont des impayés, et dans 40 % des cas, ils concernent des dépenses contraintes comme le loyer ou l'énergie. Le Secours catholique demande la revalorisation des minima sociaux et une réduction des charges fixes (plafonnement des loyers, bouclier énergétique, réduction des coûts de transport) qui pèsent proportionnellement plus sur les familles modestes que sur les plus riches. Il faut aider les gens à s'en sortir et les pouvoirs publics ne font pas bien leur travail sur ce terrain", estimé François Soulage, réclamant une hausse des minimas sociaux.

Pour contrer cette pauvreté, quatre ONG françaises ont lancé en octobre un appel à la mobilisation pour défendre le Programme européen d'aides aux plus démunis en sursis jusqu'à fin 2013, le AirFood project.

Commenter cet article

  • bill_boquet : Le fait que la pauvreté se féminise ne doit pas nous étonner. Lors de l'éclatement d'une famille, la femme bénéficie (si j'ose dire) le plus souvent de la garde des enfants. Cela lui crée des contraintes financières qui ne sont que rarement compensées par la pension que doit verser le père.

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