Le coup de colère des professionnels de l'urgence sociale

le 02 août 2011 à 15h14 , mis à jour le 02 août 2011 à 21h07

Les professionnels de l'urgence sociale, en grève ce mardi, dénoncent la réforme du secteur et les coupes budgétaires. Le mouvement a été suivi dans une trentaine de départements selon les associations.

 
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Deux semaines après la démission du président fondateur du Samu social Xavier Emmanuelli, c'est un nouveau cri d'alarme que poussent les professionnels de l'urgence sociale. En grève dans une trentaine de départements ce mardi, ils dénoncent la réforme gouvernementale de leur secteur, le manque d'hébergement et les coupes budgétaires. Ce mouvement social d'ampleur concerne le personnel du numéro d'appel d'urgence, le 115, ainsi que les équipes mobiles qui vont à la rencontre des sans-domiciles fixes.

A Paris, 300 manifestants se sont rassemblés à 12h30 au square Boucicaut (VIIe arrondissement), où des familles sans logement campent depuis mi-juillet, avant de marcher jusqu'au ministère du Logement, "avec l'espoir qu'une délégation soit reçue et entendue". Des grèves ont également eu  lieu à Lille, Strasbourg ou Lyon. Dans la Somme, une "journée morte" était observée. Une centaine de salariés s'est réunie à Rennes devant la préfecture, une vingtaine à Saint-Brieuc.

Une situation "plus gérable"

Le 19 juillet dernier, Xavier Emmanuelli, en claquant la porte du Samu social, a dénoncé "une situation financièrement plus gérable." Ce coup de sang a agi comme une traîné de poudre chez les travailleurs sociaux, exaspérés par les restrictions budgétaires décidées par l'Etat en mai dernier. Autres points de crispation : la saturation des hébergements d'urgence existant et du 115, qui amènent certaines familles à se réfugier dans les hôpitaux. Pour les associations, la crise s'aggrave.

Les restrictions budgétaires sont réalisées sur fond de réorientation de la politique du gouvernement autour du concept du "Logement d'abord": donner la priorité à un accès de long terme des personnes sans domicile à un véritable logement, sans passer par la case de l'hébergement d'urgence, très coûteux. Mais les associations estiment que le gouvernement "met la charrue avant les boeufs" en commençant à réduire le nombre de places en hébergement sans que suffisamment de logements soient disponibles.

Les politiques réagissent

Le Parti socialiste est lui aussi monté au créneau, dénonçant un "désengagement de l'Etat." Dans un communiqué, le PS affirme qu'il  "soutient le mouvement de grève national du Samu social" et demande un moratoire sur les fermetures de places d'hébergement d'urgence. Le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist  Apparu, a répondu à cette grogne, en affirmant que les budgets finançant l'hébergement d'urgence  avaient "augmenté en l'espace de quatre ans." "Sur la France entière, le budget a augmenté de 30%", a-t-il déclaré sur RMC. Il a ajouté qu'il existe 115.000 places d'hébergement d'urgence dans toute la France, et que si 4.500 doivent disparaître d'ici la fin 2011, 4.500 nouvelles seront dans le même temps créées dans des logements, doublant ainsi leur nombre.

Le maire de Paris, Bertrand Delanoe, a annoncé dans un communiqué la mise en place d"une subvention exceptionnelle au Samu Social pour accueillir les familles qui trouvaient refuge aux urgences hospitalières, faute de places d'hébergement." Aucun montant précis n'a pour l'heure été annoncé. La mairie de Paris précise que le Samu social "lui présentera la facture en septembre." "Grâce à cette subvention, depuis le 25 juillet, le Samu Social a pu prendre en charge 35 familles, soit 108 personnes et n'est plus contraint d'orienter les familles vers les urgences hospitalières. D'ici septembre, une centaine de familles pourront ainsi être prises en charge", précise le communiqué, tout en rappelant que "cette aide ne peut être que ponctuelle."
 

le 02 août 2011 à 15:14
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4 Commentaires

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  • zen1491, le 03/08/2011 à 08h50

    Monsieur Apparu et le Samu se parlent par médias interposés, cela donne un discours totalement incohérent. Ne pourraient ils pas se mettre autour d'une table une bonne fois pour toute et s'organiser, ensemble ?

  • rose-marie54, le 02/08/2011 à 19h00

    On manifeste ,mais on cache ses petits avantages

  • henri_bambelle, le 02/08/2011 à 18h26

    Bonne question, qui ne trouvera pas de réponse (top secret) !

  • cocho49, le 02/08/2011 à 16h18

    Quel est le salaire de ceux qui vivent ou travaillent pour le SAMU social et association ??

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