Le gouvernement appuie le projet de coopérative pour SeaFrance

le 02 janvier 2012 à 13h16 , mis à jour le 02 janvier 2012 à 21h54

Le gouvernement a décidé de soutenir la création d'une Scop pour la reprise de la compagnie maritime SeaFrance en liquidation judiciaire. Nicolas Sarkozy a demandé à la SNCF de verser une indemnisation exceptionnelle aux salariés pour leur permettre d'apporter des fonds.

Tout au long de la journée, le gouvernement a voulu montrer son soutien au projet de Scop de SeaFrance. "Le gouvernement a décidé de soutenir le projet de Scop au mieux des moyens de l'Etat", déclarait Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre chargée des Transports s'exprimait en fin de matinée après une réunion à l'Elysée sur la situation de la compagnie de ferries. En liquidation judiciaire, cette dernière doit voir son sort sceller mardi, par le tribunal de commerce de Paris. Or le seul projet déposé, venant des salariés sous la forme d'une coopérative ouvrière, n'avait pas réuni les 50 millions d'euros qui leur manquaient.
  • SeaFrance : nouvelle réunion ce dimanche

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    Publié le 08/01/2012 SeaFrance : nouvelle réunion ce dimanche
  • SeaFrance : le projet de Scop est-il en train de sombrer ?

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  • SeaFrance : les négociations au point mort

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  • L'examen du dossier SeaFrance reporté

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"Ce qu'on est en train d'imaginer, c'est de donner les moyens aux salariés de prendre en main leur destin et d'investir, eux, dans une coopérative", a précisé la ministre dans l'après-midi. L'Etat et la SNCF s'étaient vu interdire par la Commission européenne de recapitaliser la compagnie de ferries transmanche, filiale à 100% de la SNCF. L'idée est de contourner ce veto en accordant aux salariés des indemnités ou des avances suffisantes pour qu'ils les réinvestissent dans une Scop assez dotée pour être viable. "On est en train de regarder ce que seraient leurs indemnités et toutes les bonifications qu'on pourrait y ajouter", a expliqué la ministre de l'Ecologie. "A priori, il y a de quoi lancer cette société coopérative, reprendre les bateaux et garder les emplois." Les collectivités locales ont déjà promis 11 à 12 millions. Les salariés devront donc, à travers le montage imaginé, fournir le solde.

La SNCF, en plus, devrait racheter les bateaux et les louer à l'entreprise pour un montant symbolique. Lundi soir, Nicolas Sarkozy a demandé à l'entreprise de venir au secours de sa filiale en versant aux salariés des indemnités exceptionnelles, ce qui leur permettrait de financer leur projet. Cette opération est "de nature à permettre de réunir une part considérable du besoin de financement de la Scop", a estimé le président. "Sa réussite toutefois, ajoute-t-il, dépendra très étroitement de l'engagement concret et rapide des salariés de SeaFrance en faveur du projet de Scop", a ajouté le chef de l'Etat. David Azéma, directeur général délégué du groupe chargé de la stratégie, représentera mardi la société à l'audience, a indiqué un porte-parole du groupe. Il a ajouté que la SNCF étudiait la proposition de l'Elysée.

La CFDT prudemment satisfaite

Le secrétaire CFDT du CE de Seafrance Eric Vercoutre a exprimé lundi midi une satisfaction prudente après l'annonce du gouvernement. "Nous sommes bien évidemment satisfaits de cette proposition, mais nous attendons de savoir exactement ce qu'il y a dedans. Si les propos sont suivis d'effet, ce serait un retournement de situation incroyable", a déclaré M. Vercoutre à l'AFP. Précisant qu'il y aurait une réunion dans l'après-midi avec les ministres concernés, il espère avoir "rapidement plus de détails". "Nous sommes prêts à écouter toutes les propositions. Si on arrive à mettre tous les protagonistes autour d'une table pour trouver une solution et sauver les 880 emplois, ce serait formidable. Mais attendons de voir", a-t-il conclu.

L'avocat des salariés est, lui, monté au créneau. "Que l'Etat s'intéresse enfin au dossier SeaFrance, c'est une bonne chose. Mais la manière dont il s'y prend, et les solutions qu'il propose, sont mauvaises. C'est un montage juridique abracadabrantesque, qui a peu de chances d'aboutir", a jugé Me Phippe Brun. "Si le gouvernement veut vraiment accorder un coup de main pour sauver SeaFrance, le plus simple serait de faire appel au FSI (fonds stratégique d'investissement), comme nous l'avons demandé", a-t-il ajouté. Selon l'avocat, "rien ne garantit que la SNCF sera en mesure de racheter les navires en cas de liquidation judiciaire", expliquant que ces derniers seront obligatoirement mis aux enchères et donc vendus au plus offrant. "Rien ne nous dit que d'autres repreneurs ne se tiennent pas en embuscade pour récupérer les navires une fois la liquidation prononcée", a indiqué l'avocat des salariés.
 

Le "fanatisme" des salariés

Une réunion entre le ministre délégué des Transports, Thierry Mariani, et les syndicalistes de la compagnie de ferries menacée de disparition, avec 880 emplois à la clé, avait pourtant abouti vendredi dernier à Paris à une impasse. Thierry Mariani avait dénoncé le "fanatisme" des représentants des salariés qui refusent, selon lui, toute autre solution que leur projet de Scop.

Lundi, outre Thierry Mariani, le Premier ministre François Fillon et les ministres de l'Economie, du Travail, de l'Ecologie, de l'Industrie et de la Justice - François Baroin, Xavier Bertrand, Nathalie Kosciusko-Morizet, Eric Besson et Michel Mercier ont participé à la réunion. Le Commissaire aux investissements d'avenir, René Ricol, était également présent. Lors de ses vœux aux Français, samedi soir, Nicolas Sarkozy s'est engagé à faire de la relance de l'économie, de la compétitivité des entreprises françaises et de la réindustrialisation de la France une priorité.

Le porte-parole du PS Benoît Hamon a qualifié lundi soir cette initiative de "volte-face positive, même si elle est tardive" et demandé dans un communiqué qu'elle soit "rapidement précisée".

le 02 janvier 2012 à 13:16
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28 Commentaires

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  • calimero33300, le 03/01/2012 à 07h49

    Les banques n'ont pas voulu leurs prêter de l'argent ? Pourquoi ? Frileuses c'est vrai, mais pas que ..... De l'argent public, ce n'est pas grave si il y a des pertes, le contribuable est la pour ça ! Les élections approches !

  • rose-marie54, le 03/01/2012 à 07h47

    @aciery: arretez de toujours taper sur le gouvernement,ils sont responsables de leur situation

  • zatoichi2, le 03/01/2012 à 04h34

    Recouler en quelque sorte

  • zatoichi2, le 03/01/2012 à 04h32

    Comment un actionnaire, la SNCF, peut il aider une société dont il va perdre la totalié du contrôle du fait de la liquidation et en plus racheter les actifs pour les relouer à vil prix???? En clair, le Tribunal devra permettre à l'ancien actionnaire de reprendre ses actifs pour les relouer au nouveau propriétaire... Vu autrement, la SNCF (vous et moi) qui ne voulait pas remettre au pot va payer 3 fois: perte de ses actions par liquidation, avance de fonds pour la reprise par les salariés et rachat des bateaux avec location à perte... Belle entreprise pour se permettre cela.

  • rojo48, le 02/01/2012 à 21h28

    Parce que la droite ne critique jamais?

  • Belialgoth, le 02/01/2012 à 19h02

    Les pauvres! Reculer pour mieux couler...

  • riviera13, le 02/01/2012 à 18h27

    Il y a déjà les bateaux à l'eau.

  • fabrice3221, le 02/01/2012 à 17h19

    Un projet qui ne se fera pas. En effet le gouvernement veut utiliser les indemnités des salariés pour financer le projet. Encore faudrait il que tout les salariés soient d'accord et c'est pas le cas. Donc je vous le dis ce projet va tomber à l'eau

  • norm8739, le 02/01/2012 à 17h09

    Pour ma part ça fait un bail que j'avais plus de doute... malheureusement

  • jean06riencore, le 02/01/2012 à 16h46

    "Les écologistes de Greenpeace traités de terroristes pour avoir etc..." Pour rappel les socialistes sous Mitterrand, leur ont coulé un bateau et fait une victime. Aujourd'hui, pour tenter de gagner quelques voix, on s'embrasse on oublie tout. Quel parti bizarre ce PS. Par ailleurs, en ce qui concerne votre dernière phrase, vous dites tout et son contraire. Si le gouvernement "écoute" et qu'il "plie", c'est bien parce qu'il a tenu "compte".

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