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Montebourg: le gouvernement a un "vrai problème" avec la stratégie de PSA


le 18 juillet 2012 à 06h44 , mis à jour le 18 juillet 2012 à 10h17.
Temps de lecture
4min
Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, en septembre 2011.

Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, en septembre 2011. / Crédits : Lemouton Stephane/ABACA

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SocialLe patron de PSA Philippe Varin doit s'entretenir mercredi avec le ministre du redressement productif. Au menu des discussions : le plan social jugé "inacceptable en l'état" par le gouvernement.

Après les syndicats, c'est au tour du patron de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, d'être reçu, ou plutôt convoqué mercredi soir par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg. Le rendez-vous est prévu à 18h30 à Bercy. Les deux hommes s'étaient déjà vu  au ministère il y a un peu moins d'un mois pour parler des projets de PSA pour ses activités en France. Entretemps, le premier constructeur automobile français a officialisé ses  projets: suppression de 8.000 postes en France, après les 1.900 déjà annoncés à l'automne dernier et fermeture d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Ce plan est jugé "inacceptable en l'état" par le gouvernement. Le président  de la République François Hollande a demandé au groupe privé de le renégocier et a même accusé sa direction de "mensonge". Le gouvernement a un "vrai problème" avec la stratégie adoptée ces dernières années par PSA Peugeot Citroën, a déclaré mercredi le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, notamment sur "l'alliance avec General Motors, le comportement de l'actionnaire". "Où va PSA ? Où veulent-ils nous emmener ? Je vous rappelle qu'il y a trois ans, en 2009, 1.700 salariés à Rennes ont déjà perdu leur emploi. Si c'est pour recommencer dans trois ans, nous dirons non", a déclaré Arnaud Montebourg, qui a aussi souhaité rencontrer le principal actionnaire du groupe, la famille Peugeot.

Philippe Varin a dit, dans un entretien au Monde daté de mercredi, comprendre la réaction de François Hollande et s'est voulu rassurant. Mais sur le fond, sa position n'a pas changé d'un iota. "Nous avons examiné  toutes les alternatives" à la fermeture d'Aulnay, qui emploie 3.000 salariés et  que PSA s'engage à réindustrialiser, répète l'industriel. "Il n'y aura pas de licenciements secs", redit-il aussi, bien qu'un document interne montre que si le groupe ne trouve pas  suffisamment de volontaires au départ, une phase de licenciement collectif pour  motif économique sera ouverte.

Les syndicats veulent tout savoir

Arnaud Montebourg lui a répliqué, quelques heures après la parution de  l'interview, que "notre maître-mot est donc la négociation, le recalibrage, le  reformatage pour tout ce qui nous paraîtra abusif". Il a aussi annoncé vouloir  rencontrer l'actionnaire principal du groupe, la famille Peugeot, pour parler  de la situation actuelle. L'engagement du ministre a plus ou moins convaincu les syndicalistes qu'il  a reçu mardi. "Je sors de plus en plus convaincu que c'est aux salariés de se  mobiliser", a tempêté Jean-Pierre Mercier, leader CGT à l'usine PSA d'Aulnay.  Il reproche à Arnaud Montebourg de vouloir seulement "limiter les dégâts du plan social".

Franck Don de la CFTC a dit attendre le résultat de l'audit de l'expert  mandaté par le gouvernement, dont les conclusions finales sont attendues pour  septembre. Le gouvernement "ne peut pas à mon sens obliger le groupe à faire  quoi que ce soit", a-t-il dit. Les syndicats de PSA ont exprimé mardi, à l'issue de la rencontre avec Arnaud Montebourg, leur souhait d'arriver à un diagnostic précis sur la situation du groupe d'ici au 31 juillet, date de retour de l'expertise gouvernementale. "Il n'y a pas de plan B tant qu'on a pas de détail sur le plan A et l'état financier du groupe", a déclaré Franck Don, délégué CFTC. "On veut connaître l'état de la trésorerie réelle de PSA et si elle nécessite une annonce aussi dramatique et rapide, ce sera la base des discussions à venir", a résumé M. Don.

Pas de nouvelle prime à la casse

Le plan d'aide à la filière automobile passera par un "soutien massif" aux véhicules "innovants et propres", mais les constructeurs devront donner des contreparties pour obtenir des aides, a annoncé Arnaud Montebourg. "Nous écartons la prime à la casse", a déclaré le ministre sur France Inter. Le ministre doit dévoiler le 25 juillet son plan  d'aide à la filière automobile. "Nous sommes très tentés d'accentuer les mesures liées au bonus malus  écologique", a-t-il ajouté. "Il y a un avantage des constructeurs qui se sont  portés vers l'hybride et l'électrique. Nous souhaitons pousser cet avantage",  a-t-il dit. "On n'a rien sans rien. Les aides publiques ne seront pas données sans contreparties", a-t-il par contre prévenu. S'il exclut de ressusciter la prime à la casse, Arnaud Montebourg a dit aussi  "refléchir à une bonne mesure qui permette d'imaginer que les français puissent  accéder à la voiture moins cher".

Vidéo - Arnaud Montebourg sur la filière automobile : "Pas d'aides sans contreparties" :

 

 

Commenter cet article

  • tobian : Une pièce, peut-être de fabrication allemande, de 90 euros, et tous les produits français sont à jeter.

    Le 19/07/2012 à 13h58
  • theorie44 : A quoi sert ce ministre et son equipe? nous sommes en pleine période de depot de bilan! quitte à faire des economies autant fermer ce ministere qui ne sert qu'a faire du bruit;sans résultas

    Le 19/07/2012 à 11h55
  • fimadou : Comme ça on pourra faire plein de lofts à bas prix pour tous ces nouveaux chômeurs.

    Le 19/07/2012 à 03h12
  • severinesl : M. Montebourg a un vrai problème !

    Le 18/07/2012 à 19h55
  • morob... : Normal, c'est un bon à rien comme le reste du gouvernement!

    Le 18/07/2012 à 18h39
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