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VIDEO. Nitrates : colère des agriculteurs près du ministère de l'Agriculture


le 16 janvier 2013 à 07h19 , mis à jour le 16 janvier 2013 à 13h57.
Temps de lecture
4min
Manifestation d'agriculteurs rue de Varennes, près du ministère de l'Agriculture (16 janvier 2013)
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SocialProtestant contre une directive européenne sur nitrates qu'ils estiment inapplicable et qui les pénalise, des agriculteurs ont manifesté mercredi à l'appel de la FNSEA. A Paris, ils ont déversé des bottes de foin près du ministère de l'Agriculture.

Les premières actions ont commencé tôt mercredi matin, notamment rue de Varennes, à Paris, près du ministère de l'Agriculture, où des agriculteurs ont bloqué la circulation en déversant des bottes de foin sur la chaussée. D'autres devraient suivre tout au long de la journée, ce mercredi étant décrété jour de mobilisation pour l'agriculture française. La Fédération départementale du Pas-de-Calais se singularise en appelant ses adhérents à se retrouver dans le centre d'Arras, avec barrages filtrants aux abords de la ville dès mardi 10h30. Et dès mardi soir, un premier tour de chauffe avant les manifestations de ce mercredi avait eu lieu au Mans, où environ 150 agriculteurs s'étaient regroupés au pied de la cathédrale en annonçant loeur volonté de déverser des pneus et du fumier devant la préfecture, ainsi qu'à Rennes, où une quarantaine de militants avaient érigé un mur de parpaings devant l'entrée de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement. Sur ce mur, ils avaient tracé à la bombe le slogan "Laissez-nous faire notre métier".

La raison de cette colère paysanne : la "directive nitrates" de 1991 sur la protection des ressources en eau, qualifiée de "monstre administratif". Menacée de lourdes sanctions financières par Bruxelles pour non-respect de ce texte adopté il y a plus de 20 ans, la France a pris récemment des mesures restreignant diverses pratiques agricoles pour protéger les points de captage de l'eau et les nappes phréatiques. D'où l'appel à manifester lancé pour ce mercredi par la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). "Non aux décisions politiques arbitraires, Oui au bon sens paysan", clame le syndicat. En pleine campagne pour les élections aux chambres d'agriculture prévues à la fin du mois, la fédération réclame un moratoire: une pétition en ce sens a recueilli "au moins 40.000 signatures" qui seront déposées dans les préfectures ce mercredi.

Le plaidoyer du ministère

"L'agronomie ne se décide pas depuis un bureau", explique Dominique Barrau, secrétaire général du premier syndicat des agriculteurs en France. Mais pour lui, au nom du principe de précaution, elle se retrouve prisonnière d'objectifs intenables de teneur en nitrate sur lesquels l'Europe demande aujourd'hui des comptes. Producteur de lait dans l'Aveyron, il dénonce en particulier la disposition qui interdirait tout épandage de fumier sur les terrains d'une pente supérieure à 7% pour protéger les points de captage d'eau. Ou la capacité obligatoire de stockage du lisier et de fumier, qui vient subitement de doubler.

En région parisienne, après les premières actions de la matinée, la fédération d'Ile-de-France se dit prête à en découdre. Son président, Damien Greffin, traduit l'exaspération des adhérents: "on nous a contraints à des investissements très lourds, en dizaines de milliers d'euros. Puis un nouveau ministre arrive et les règles changent: il n'y a aucune logique de continuité d'un ministre à l'autre", dénonce-t-il. Pour lui, "les nouvelles mesures édictées à l'emporte-pièce sur la protection des captages reviendraient à sortir 3 millions d'hectares de la production agricole".

Le ministère de l'Agriculture souligne pour sa part qu'il s'agit d'abord "de ne pas s'exposer à des sanctions qui coûteraient de l'argent aux Français" d'autant que le nouveau tracé des zones de captage, contesté, "ne change rien pour la majorité des agriculteurs". Si 1500 communes ont été ajoutées à la liste des quelque 18.000 déjà concernées, assure un proche du ministre, "440 qui ont fait l'effort d'être aux normes en sont sorties, preuve qu'on peut y parvenir". "On va tenter de trouver une solution concrète qui satisfasse tout le monde. Nous serons en mesure de discuter avec les organisations à partir de début février"... soit après les élections.

Commenter cet article

  • planetwatcher : Le taux maximum réclamé par l'OMS est de 25 mg/l, contre les 50 actuellement "jalousement protégés" en France et par un lobby hexagonal largement exercé à Bruselles... A l'instar des particules fines en milieu urbain, nous nous arrogeons le droit de ne pas suivre les seuils pourtant réputés conservateurs de l'OMS. Diesel urbain, phytos, nitrates et surconsommation médicamenteuse : les Français sont en pole position MONDIALE sur l'ensemble des 4 facteurs les plus délétères sur le plan santé... Remarquable...

    Le 17/01/2013 à 06h55
  • endiendo2 : @null : vous connaissez bcp de grandes compagnies faisant de la déforestation massive en France ? non . Par contre, des agriculteurs qui gavent nos champs d'engrais puis de pesticides, ça oui. Regardez les granulés blancs qu'ils mettent dans leur champ, puis les différents épandage de produits.. 3 à 5x pour faire pousser du simple blé.. le long de nos maisons... et de nos rivières..

    Le 16/01/2013 à 19h03
  • vansterarful : Il faut restreindre les épandages , la pureté de l'eau est notre priorité !

    Le 16/01/2013 à 18h50
  • alain-paris : Mais non, mais non, seraient encore capables de réclamer une indemnisation pour ça

    Le 16/01/2013 à 18h12
  • alain-paris : C'est vrai que 20 ans pour appliquer une directive, c'est trop peu, ça mérite bien un petit moratoire

    Le 16/01/2013 à 16h55
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