Les "Arcelor" veulent mettre leur direction au chômage technique

le 20 février 2012 à 08h56 , mis à jour le 20 février 2012 à 14h26

Dossier : Crise financière

Dénonçant une "mort programmée du site" ArcelorMittal de Florange, des ouvriers ont investi lundi matin les locaux de la direction. Les syndicats ont promis de faire de Florange "le cauchemar du gouvernement" s'ils n'étaient pas épaulés dans leur lutte.

Ouvriers du site Arcelor Mittal de Florange occupant des bureaux et exprimant leurs revendications face aux caméras de journalistes (20 février 2012)Ouvriers du site Arcelor Mittal de Florange occupant des bureaux et exprimant leurs revendications face aux caméras de journalistes (20 février 2012) © A.F.P. / J.-C. Verhaegen

Aux cris de "Mittal, on veut du travail", cent à deux-cents métallurgistes, pour la plupart casqués, ont investi lundi vers 8 heures du matin les locaux de la direction de l'usine ArcelorMittal de Florange. Répondant à l'appel d'une intersyndicale CFDT-CGT-FO-CFE/CGC, les ouvriers sont entrés dans les "grands bureaux" de l'usine avant de se rendre dans les étages supérieurs, dont la direction générale était absente. Selon Edouard Martin, membre CFDT du Comité central d'entreprise d'ArcelorMittal, il s'agit de "mettre au chômage technique la direction". Et le syndicaliste a prévenu : "Nous resterons dans ces bureaux tant que les haut-fourneaux de l'usine n'auront pas redémarré". Histoire de bien marquer la détermination des ouvriers, une source syndicale a annoncé que des tentes allaient être érigées sur les pelouses de l'usine lors de cette occupation qui devrait se prolonger plusieurs jours.
  • Après 300 kilomètres à pied, les ArcelorMittal sont arrivés à Paris

    Après un périple de 300 kilomètres à pied, les métallos de l'aciérie ArcelorMittal de Florange sont arrivés vendredi à Paris. Une marche symbolique sur la capitale qui s'est terminée par un concert gratuit au Trocadéro avec Bernard Lavilliers et le groupe Zebda.

    Publié le 06/04/2012 Après 300 kilomètres à pied, les ArcelorMittal sont arrivés à Paris
  • Ces entreprises qui aimeraient être des Lejaby

    Depuis que les candidats, et Nicolas Sarkozy en premier lieu, volent au secours des entreprises en difficulté, les salariés de celles ne trouvant pas de solutions montent au créneau.

    Publié le 08/03/2012 Ces entreprises qui aimeraient être des Lejaby
  • "La sidérurgie ce n'est pas que des prix de revient, ce sont aussi des hommes"

    TROIS QUESTIONS-Les candidats à l'élection présidentielle défilent à Florange, vendredi puis lundi. Comment les ouvriers le vivent-ils ? La réponse d'un syndicaliste CFDT.

    Publié le 24/02/2012 "La sidérurgie ce n'est pas que des prix de revient, ce sont aussi des hommes"
  • ArcelorMittal : "il est certain que des usines vont fermer"

    INTERVIEW-L'usine d'ArcelorMittal de Florange est à l'arrêt, et les syndicats occupaient les bureaux lundi, contestant le manque de demande invoquée par la direction. Pour Gilles Le Blanc, professeur d'économie aux Mines ParisTech, les choses ne vont pas aller en s'améliorant.

    Publié le 20/02/2012 ArcelorMittal : "il est certain que des usines vont fermer"
  • Les salariés de Florange craignent la mort lente de leur usine

    La direction de l'aciérie ArcelorMittal de Florange a annoncé mardi que la filière liquide du site, à l'arrêt depuis octobre 2011, ne redémarrerait pas au deuxième trimestre de cette année. Une nouvelle étape vers la fin programmée de l'usine, estiment les syndicats.

    Publié le 15/02/2012 Les salariés de Florange craignent la mort lente de leur usine
  • ArcelorMittal : une marche de l'acier sur Paris

    Des ouvriers de l'aciérie ArcelorMittal de Florange, en Moselle, menacée de fermeture sont partis mercredi, à pied, de la Lorraine pour Paris pour défendre leurs emplois auprès des populations".

    Publié le 28/03/2012 ArcelorMittal : une marche de l'acier sur Paris
  • Florange : les salariés d?Arcelor-Mittal mobilisés

    Les salariés ont occupé, lundi, les locaux de la direction de l'usine, déterminés selon leurs syndicats à obtenir des engagements des pouvoirs publics pour "assurer la survie du site".

    Publié le 20/02/2012 Florange : les salariés d’Arcelor-Mittal mobilisés
  • ArcelorMittal : ils craignent la mort de Florange

    Ce site de Moselle est à l'arrêt depuis octobre et la reprise de l'activité vient d'être repoussée à une date incertaine. Les 5.000 salariés craignent désormais la mort définitive de la sidérurgie dans la région, trois ans après la fermeture de Gandrange.

    Publié le 15/02/2012 ArcelorMittal : ils craignent la mort de Florange
Plus d'infos

Pour les syndicats, la décision de la direction de ne pas remettre en route la filière liquide à Florange annonce une "mort programmée du site" où travaillent quelque 5000 personnes, dont 3000 en CDI. Lors d'une assemblée générale la semaine dernière, les syndicats ont promis de faire de Florange "le cauchemar du gouvernement" s'ils n'étaient pas épaulés dans leur lutte.

Un arrêt des hauts fourneaux qui s'éternise

A Florange, l'arrêt des hauts fourneaux était annoncé comme provisoire. Pourtant, il s'éternise. Et les syndicats de l'usine tirent le signal d'alarme à deux mois de l'élection présidentielle sur les risques de fermeture du site. La direction a confirmé la semaine dernière à l'intersyndicale qu'aucun redémarrage des fourneaux n'était prévu avant la fin de 2012, et que la situation actuelle, qui se traduit par du chômage partiel pour 2600 des 5000 employés du site durerait au moins jusqu'à la fin du deuxième trimestre et pourrait se poursuivre sur l'ensemble de l'année, a dit la CFDT.

En octobre, le directeur du site de Florange, Thierry Renaudin, avait affirmé que la "mise en veille" du haut fourneau P6 était "conjoncturelle". Et ce fameux "P6" cristallise aujourd'hui toutes les inquiétudes et les derniers espoirs des salariés : il est le dernier du groupe sidérurgique encore en activité en Lorraine. Il doit être en activité pour recevoir un projet européen Ulcos de captage de CO2, représentant un investissement de quelque 600 millions d'euros et sur lequel la Commission européenne doit statuer en juin-juillet. Les syndicats estiment que seul ce projet, qui ferait de Florange un site pilote pour la capture et le stockage de CO2 dans le sol, garantirait l'avenir.

Mais le contexte ne laisse que peu d'ouvertures pour les salariés : après avoir décidé fin 2011 la fermeture définitive de ses hauts fourneaux de Liège en Belgique et la mise à l'arrêt de ceux de Florange et d'Eisenhüttenstadt, en Allemagne, ArcelorMittal a annoncé en janvier des suppressions d'emploi en Pologne et la fermeture de son aciérie de Madrid. Et la direction a confirmé la semaine dernière qu'elle allait présenter jeudi aux représentants du personnel un projet de prolongation de la fermeture temporaire du site pour le deuxième trimestre.

le 20 février 2012 à 08:56
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

20 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • bill_boquet, le 21/02/2012 à 04h21

    Chacun sait que lorsqu'on paralyse le cerveau, tous les organes et les membres meurent rapidement. La méthode choisie par les syndicats pour tuer Florange est donc bien la meilleure.

  • lucidite, le 20/02/2012 à 17h01

    Arcelor Mittal a perdu un milliard de dollars sur l'ensemble de ses opérations mondiales rien que dans le dernier quarter 2011. Un 3ème quarter plutôt favorable à compensé, ramenant leurs pertes à seulement 341 millions de dollars sur la seconde moitié de l'an dernier, et ils ont même posté un léger gain sur l'ensemble de l'année. Ils annoncent de perspectives optimistes pour 2012, mais émettent une note de caution sur la situation économique en Europe, « qui continuera d'affecter négativement leur résultat ». Si vous voulez arguer que leur politique sociale est loin de ce qu'ils avaient promis lors de l'acquisition d'Arcelor, ceci est incontestable. Mais si vous postulez qu'ils ont de l'argent à brûler, et tout ce qu'ils font est de piller les travailleurs pour graisser les (déjà très grasses) pattes des actionnaires, la réalité de leur résultats publiés est loin de vos affirmations.

  • grognoonn, le 20/02/2012 à 16h14

    Oui mais la grèce à fond perdu.

  • 6henri, le 20/02/2012 à 14h42

    Arcelor...HARCELOR.....

  • kosotto1, le 20/02/2012 à 14h20

    ArcelorMittal est en train de fermer une à une ses usines en prétextant des surcapacités de production, avec pour conséquence le licenciement direct ou indirect de milliers de salariés. Dans le même mouvement, ArcelorMittal, qui s'est gavé, année après année, de milliards d'euros d'aides publiques et d'exonérations fiscales, poursuit sa course effrénée au profit et affiche d'imposants bénéfices.

  • vingas, le 20/02/2012 à 14h17

    Et les salariés ont besoin d'un patron ....

  • kosotto1, le 20/02/2012 à 13h57

    ArcelorMittal est en train de fermer une à une ses usines en prétextant des surcapacités de production, avec pour conséquence le licenciement direct ou indirect de milliers de salariés. Dans le même mouvement, ArcelorMittal, qui s'est gavé, année après année, de milliards d'euros d'aides publiques et d'exonérations fiscales, poursuit sa course effrénée au profit et affiche d'imposants bénéfices.

  • baron_von_bubba, le 20/02/2012 à 13h40

    Lakshmi Mittal a racheté Arcelor que pour fermer tous les sites sidérugiques européens et faire diparaitre la partie "Arcelor" au profit unique de Mittal Steel Company NV, et il n'a eu de cesse de faire que ça et il n'a jamais voulu que l'Europe continue a produir de l'acier, le combat de ces employés est vain, ceux d'ici comme tous les futurs autres.

  • dadeille, le 20/02/2012 à 12h00

    Un patron seul ne peut rien faire, il a besoin de ses salariés alors respectez les gens qui font vivre une entreprise!!!!!!!!!!!!

  • j---p, le 20/02/2012 à 11h32

    Oui, laissez MITTAL fermer tous les hauts fourneaux d'Europe, de toute façon nous ne consommons plus d'acier, laissez le faire ses profits nous nous occuperons de payer les dettes et les chômeurs. Nous avions en France une industrie de l'acier demain elle aura disparue parce que des gens comme vous pensent qu'il faut toujours laisser faire, un peu facile quand on est pas concerné, que sa vie n'en dépend pas !!

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience