
L'assuré social, plus honnête que l'allocataire de prestations sociales ? Nul ne le sait. En revanche, et c'est incontestable, il n'est pas le plus à blâmer dans les dérapages des déficits de la Sécu. Selon un rapport publié récemment par la Délégation nationale à la lutte contre la fraude et révélé par les Echos ce mardi, sur le montant total des fraudes détectées et stoppées en 2010 - 156,3 millions d'euros -, 150,9 millions étaient le fait de professionnels de santé. 71,1 millions viennent des hôpitaux et cliniques, 12,7 millions des infirmiers libéraux, 6,8 des ambulanciers, 4,9 des médecins, 3,8 des dentistes, 3,5 des pharmaciens et 2,5 des kinésithérapeutes.
Après les retraites, les députés s'attaquent à l'assurance maladie
Sitôt voté le texte réformant les retraites, l'Assemblée se penche sur les mesures prévues au budget 2011 de la Sécurité sociale pour, notamment, limiter la dérive des comptes de l'assurance maladie. Au menu : médicaments déremboursés, taxation accrue des assurances et mutuelles, des ventes de cigarettes...
Publié le 28/10/2010
Sécurité sociale : un trou à 21 milliards pour 2011
Le budget 2011 de la Sécurité sociale prévoit 2,5 milliards d'économies pour la branche maladie. Economies réalisées notamment grâce au déremboursement de certains médicaments.
Publié le 28/09/2010
Contre la fraude, Mariani veut ficher les allocataires sociaux
Le ministre des Transports Thierry Mariani a affirmé qu'il souhaitait "un fichier généralisé des allocataires" sociaux, ceci afin de lutter contre la fraude, dans une interview au Journal du dimanche daté du 7 août.
Publié le 07/08/2011
Les fraudes les plus courantes ? Les factures à l'Assurance-maladie de séjours plus chers que ceux réellement effectués de la part des hôpitaux et des cliniques. Ou encore les professionnels médicaux, paramédicaux ou les ambulanciers qui facturent pour certains une activité fictive. Pour repérer les fraudeurs, explique les Echos, les statisticiens de la Sécu repèrent des facturations atypiques, comme un infirmer qui pratique 4 fois plus de visites au domicile de ses patients que la moyenne de ses confrères. Le journal économique rappelle que bien souvent, les patients ne s'aperçoivent de rien car ils ne déboursent pas d'argent.
Indemnités journalières indûes
Le rapport cite aussi le cas de sociétés d'ambulance qui facturent des transports non effectués en falsifiant des ordonnances. Le "faux codage" est également courant chez les kinésithérapeutes ou les dentistes : un peu comme les hôpitaux, le professionnel facture un acte mieux rémunéré que celui qu'il pratique en réalité.
Du côté des assurés sociaux, les indemnités journalières de la Sécurité sociale touchées alors que la personne a repris le travail sont les duperies les plus courantes. Car attention : les arrêts maladies considérés comme abusifs, rappelle les Echos, ne sont pas considérés comme des fraudes. Ces abus, difficiles à déceler, coûtent d'ailleurs très cher à l'Assurance-maladie. "Nous avons eu par des arrêts de travail stoppés, une économie de 398 millions pour 2,34 millions de contrôles", indique ainsi Pierre Fender, directeur de la répression de la fraude à l'Assurance maladie.
Au total, selon lui, les économies réalisées à la suite de la détection des fraudes caractérisées toutes confondues et des abus de la part des assurés ont représenté l'an dernier 583 millions d'économies pour l'Assurance-maladie. La fraude estimée pourrait, elle, représenter trois fois plus. "Ce qu'on peut dire, c'est que la fraude à l'Assurance-maladie est rare, elle est probablement inférieure à 1% du montant des prestations versées".
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