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Les hôpitaux publics au bord du naufrage financier ?


le 13 juin 2012 à 07h41 , mis à jour le 13 juin 2012 à 07h43.
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TF1/LCI : Couloir d'hôpital

Couloir d'hôpital / Crédits : TF1/LCI

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SocialSelon une enquête du Point, la situation financière des hôpitaux est "désastreuse", avec une dette cumulée de 23,6 milliards d'euros pour les 1266 établissements de soins de court séjour. Une dette qui ne fait que s'accroître, plus de 40% des 603 hôpitaux de France étant en déficit.

Pour son enquête, Le Point affirme avoir dû batailler, et avoir eu accès "de haute lutte" à la base de données HospiDiag de l'Agence nationale d'appui à la performance (ANAP). Qu'est-ce que l'ANAP ? Un organisme qui surveille l'activité hospitalière, notamment sur le plan financier. Grâce aux chiffres qu'il recense, il est possible d'établir un classements des hôpitaux les plus dépensiers, de ceux qui ont les plus grosses charges administratives... Mais aussi d'établir un bilan global sur la situation financière des hôpitaux publics en France. C'est précisément ce que fait cette semaine Le Point, avec une étude très précise. Et un bilan en forme de signal d'alarme : selon l'hebdomadaire, la situation financière de l'hospitalisation publique est "désastreuse" en France. Les 1266 établissements de soins de court séjour cumuleraient ainsi une dette totale de 23,6 milliards d'euros. Le poids de cette dette, dans un contexte de crise économique globale, a d'ailleurs déjà suscité des craintes gouvernementales, comme en témoigne le décret du 14 décembre 2011 relatif aux limites et réserves du recours à l'emprunt par les établissements publics de santé. Le plus préoccupant est que ce "trou", loin de se résorber, ne fait que s'accroître : en tout, selon Le Point, 43% des 603 hôpitaux seraient actuellement en situation de déficit, pour un total de 637 millions.

Parmi les établissements les plus dépensiers, dont les coûts de personnels soignants pèsent beaucoup plus que la moyenne (36 à 47% des recettes) la palme revient à la clinique Bonneveine de Marseille (Bouches-du-Rhône), un établissement de la Mutualité française avec 75,1%, devant le centre hospitalier de Freyming-Merlebacht (Moselle) avec 68,8% et celui de Figeac (Lot) avec 67,7%. Les hôpitaux ayant les plus lourdes dépenses administratives sont le groupe hospitalier Sud-Ardennes Rethel-Vouziers (38,1% des frais généraux) devant le centre hospitalier de Nanterre (Hauts-de-Seine) avec 37,5% et celui de Bayeux (Calvados) avec 36%.

Les blocs opératoires les moins utilisés

L'hebdomadaire publie aussi une carte de France des 100 blocs opératoires ayant la plus faible productivité. Le critère retenu n'est pas le nombre d'interventions au cours d'une année mais l'indice de coût relatif (ICR) qui reflète mieux l'utilisation et l'organisation des blocs. Ces blocs opératoires non performants se retrouvent sur l'ensemble du territoire, de Cambrai (Nord) à Saint-Affrique (Aveyron) de Lisieux (Calvados) à Brignoles (Var), en passant par Loches (Indre-et-Loire) et Chalon-sur-Saône (Saône et Loire).

La région parisienne est concernée avec une vingtaine de blocs sous-utilisés, dont ceux de l'hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis), de Neuilly-Courbevoie (Hauts-de-Seine) ou encore le centre hospitalier des courses de Maisons-Laffitte (Yvelines).

Selon des comparaisons européennes citées dans l'enquête, la France arrive en 8e position sur 25 pays pour le nombre de lits d'hôpitaux par habitant. Elle occupe le premier rang pour la survie à cinq ans après un cancer (pour les femmes) mais se retrouve dans le bas du tableau pour la mortalité à l'hôpital après un infarctus ou un AVC.

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  • deleiya : Des consultations pour un rhume, une coupure. ça c'est connu depuis des années.

    Le 17/06/2012 à 16h50
  • francisk1 : Aucun rapport, nos cotisations ne servent pas au fonctionnement des hopitaux mais aux soins chez le médecin,le dentiste,le kiné et éventuellement aux hopitaux et cliniques si besoin en est

    Le 16/06/2012 à 17h12
  • m1pe : Tout le monde doit être soigné, mais il y aurait beaucoup moins de dépense à l'hopital si l'on était pas obligé à faire le 15 la nuit et le week-end. Je pense que si un médecin pouvait soit se déplacer, soit nous recevoir, cela couterait beaucoup moins cher à la sécurité sociale. De plus tout le monde devrait faire un effort, car il est tout a fait anormal qu'il n'y ait que les gens qui travaillent ou qui ont travaillé qui donne 1 euro lorsque l'on va chez le docteur. Là aussi tout le monde doit être a égalité, personne ne donne rien où tout le monde donne

    Le 14/06/2012 à 15h22
  • anne342 : 9a cent l'argent facile pour augmenter les cotisations sociales, car tout le monde est prêt à payer pour avoir des soins dignes de nom mais où vont toutes nos cotiations ?

    Le 14/06/2012 à 07h25
  • sergiotlse31 : Allez faire un tour aux urgences et observez...Vous aurez la réponse concernant le naufrage de l'hôpital public Français.

    Le 13/06/2012 à 21h14
      Nous suivre :

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