"Les laiteries veulent le beurre et l'argent du beurre"

Par TF1 News, le 02 août 2010 à 07h10 , mis à jour le 02 août 2010 à 07h14

Dénonçant une situation toujours bloquée avec l'industrie laitière, des prix inacceptables et des accords inappliqués depuis la crise de l'automne 2009, les producteurs laitiers en appellent à Nicolas Sarkozy.

Bouteilles de laitBouteilles de lait © TF1/LCI

La crise du lait n'était qu'assoupie ; elle se réveille à présent, et de manière de plus en plus virulente. "Rien n'a changé depuis un an", regrette Yves Sauvaget, responsable de la commission lait à la Confédération paysanne. Les discussions avec les industriels du secteur pour fixer le prix d'achat du lait ont échoué jusqu'à présent ; la conséquence directe étant que les producteurs ignorent toujours, en ce début août, à quel prix leur sera payé le lait qu'ils livrent depuis début juillet. Une contrainte inacceptable pour eux.

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Une situation qui rappelle étrangement celle de l'automne dernier, qui avait alors déclenché une grave crise du lait et l'arrêt des livraisons aux industriels, certains producteurs n'hésitant pas à répandre leur production en plein champ - geste spectaculaire et désespéré en forme d'appel à l'aide. Outre les prix, jugés trop bas, les producteurs de lait dénonçaient alors un système de fixation des prix qui ne permettait aucune visibilité, puisqu'ils étaient informés des prix après les livraisons. Nicolas Sarkozy lui-même avait dénoncé ce fonctionnement lors d'un discours à Poligny, dans le Jura, le 27 octobre. "Peut-on admettre qu'un producteur de lait qui travaille sans compter ses heures du 1er au 31 janvier, ne connaisse le prix de son travail que le 10 février, et par une fiche de paye ?" avait demandé le chef de l'Etat.

"Que les politiques se remettent au travail"

Or, aujourd'hui, aucun tarif n'a encore été fixé pour les livraisons prévues de juillet à septembre. "Et la contractualisation (prévue par la loi de modernisation de l'agriculture adoptée début juillet) n'y changera rien", estime Yves Sauvaget avant de souhaiter que "les politiques se remettent au travail pour qu'on sorte de cette situation". Or, le temps presse pour les producteurs, pris à la gorge : "la paye du lait doit tomber entre le 12 et le 15", souligne Yves Sauvaget.

Face à cette impasse, les producteurs commencent à reprendre leurs manifestations devant les laiteries. Ils réclament une hausse de 10% des tarifs laitiers pendant le trimestre, à laquelle les industriels ne sont pas opposés, au vu des marchés. Mais ces derniers demandent aussi de prendre en compte dans le calcul des prix, à partir de 2011, l'évolution des tarifs du lait en Allemagne. Ce que les producteurs français refusent puisque leurs volumes de production sont limités, contrairement aux volumes allemands, et que le prix payé Outre Rhin est plus faible.

"Les marchés vont beaucoup mieux qu'en 2009"

"Les laiteries ne peuvent pas avoir le beurre et l'argent du beurre", s'indigne pour sa part Henri Brichard, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), syndicat majoritaire affilié à la FNSEA, en prévoyant des actions plus musclées dès cette semaine. "Les marchés vont beaucoup mieux qu'en 2009. Au moment où les producteurs pensaient en avoir les répercussions, les industriels ne sont pas d'accord. Les exploitants ne comprennent pas qu'après une année catastrophique on ne leur donne pas leur juste dû alors que les cours sont bons. On a l'impression que quand ça va mal, on nous le répercute mais que quand ça va bien, on ne nous répercute qu'une petite partie".

En 2009, les prix étaient descendus "jusqu'à moins de 200 euros les 1000 litres", rappelle le patron de la FNPL et tournaient "autour de 275 euros au deuxième trimestre 2010". Au trosième trimestre, période où les prix sont plus élevés pour cause de production plus rare, "on s'attendait à 330-334 euros, or on nous propose presque 20 euros de moins". Et les producteurs font état aussi d'une hausse de leurs charges, avec l'augmentation actuelle des prix du blé de 30% pour cause de sécheresse en Europe.

Par TF1 News le 02 août 2010 à 07:10
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22 Commentaires

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  • blitz39, le 02/08/2010 à 17h50

    Les laiteries : des escros de grands chemins!!!!!!!!!!!!!

  • sibowi, le 02/08/2010 à 16h17

    Je ne comprends toujours pas que depuis le temps, aucun groupe d'agriculteur n'ait été créé au niveau national pour vendre leur lait (et autre produit d'ailleurs) mis en bouteille, étiqueté et transporté directement dans les grandes surfaces. On leur pose souvent la question à nos agriculteurs, mais veulent ils seulement en entendre parler?

  • louis7517, le 02/08/2010 à 16h13

    Espérons au moins qu ils vont nous épargner le spectacle affligeant dont ils nous ont gratifiés il y a qq mois : des hectolitres de lait déversés dans les prés alors qu ' un milliard d'individus crèvent de faim!...

  • mc58000, le 02/08/2010 à 15h48

    Et pourquoi pas directement du pis de la vache, au verre......... Et vous allez faire vous même les yaourts, la crême et le beurre....

  • emersons, le 02/08/2010 à 13h27

    Exacetement ils font pas beaucoup de marge au contraire avec le transport la transformation etc cest pas enorme je connais des societes francaises qu iachetent des jouets en chine à 10 euros et les revendent 89 euros en magasin et eux on leur dit rien ca passent inapercu et ils sen mettent plein les poches

  • emersons, le 02/08/2010 à 13h23

    Je suis daccord avec vous , il ya les couts de transport , la manutenttion , les salaires , les charges il se font pas tant de marge que cela sinon le gouvernement français aurait deja taper du poing sur la table

  • olivierlc, le 02/08/2010 à 12h23

    La raison, cest que les clients ne souhaitent pas se déplacer pour du lait uniquement. Il y aura un certain nombre de personnes qui iront acheter du lait directement au producteur ou à la coopérative mais ce volume sera très loin du volume des hypermarchés.

  • nanardesbordes, le 02/08/2010 à 12h14

    Non, là ou les intermédiaires et les revendeurs se font des tunes ce sont principalement sur les fruits et légumes , tout est préparés et conditionnés à la production suivant les ordres des décideurs, eux éventuellement stockes un temps les produits et les distribues à la vente

  • 566456, le 02/08/2010 à 12h11

    Absoluement pas, je pense que beaucoup de métier aimeraient avoir un prix de vente final aussi proche du prix de production.

  • nanardesbordes, le 02/08/2010 à 12h10

    Un litre de lait en emballage bouteille plastique , que pour fabriquer la bouteille , il faut des moules , des opérateurs (hélas payés ) pour fabriquer et sur certaines chaines mettre en bouteilles de suite , avant ils faut des outilleurs de préférence Français (qui ont un salaire et oui encore) , pour étudier et réaliser les moules et autre machines, il ,faut de la matiére premiere pour travailler , il faut fabriquer la matière première donc encore des ouvriers à payer, des employés de bureau rémunérés pour gé, rer les commandes etc .etc. ... et cela uniquement pour la bouteille, je ne détaille pas l'imprimerie dessus, je connais pas !

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