Bouteilles de lait © TF1/LCILa crise du lait n'était qu'assoupie ; elle se réveille à présent, et de manière de plus en plus virulente. "Rien n'a changé depuis un an", regrette Yves Sauvaget, responsable de la commission lait à la Confédération paysanne. Les discussions avec les industriels du secteur pour fixer le prix d'achat du lait ont échoué jusqu'à présent ; la conséquence directe étant que les producteurs ignorent toujours, en ce début août, à quel prix leur sera payé le lait qu'ils livrent depuis début juillet. Une contrainte inacceptable pour eux.
Elevage : coup de pouce et coup de tension
Dans un climat de tension et même de violences, le ministre de l'Agriculture a annoncé mardi lors du Salon de l'élevage à Rennes un plan de développement pour "consolider" les filières laitières, bovines et porcines, mises à mal depuis quelques années en raison de prix bas à la production.
Publié le 14/09/2010
Lait : 48 heures pour trouver un accord
Eleveurs et fabricants de produits laitiers reprennent mercredi les négociations pour s'accorder sur une hausse du prix du lait. La fédération nationale des producteurs de lait a donné, mercredi, jusqu'à vendredi aux industriels pour faire aboutir l'accord.
Publié le 17/08/2010
Hausse des prix du lait: première avancée pour les producteurs
Les éleveurs ont réalisé jeudi une première avancée sur la hausse des prix du lait, en obtenant un début d'accord avec les industriels, ce qui les a conduit à suspendre jusqu'à la semaine prochaine leur boycott.
Publié le 12/08/2010
Lait : le boycott suspendu, la Vache qui rit a cédé
Selon un syndicat, le boycott des éleveurs contre certains produits se refusant à payer le lait plus cher "est suspendu" une semaine. Le groupe Bel accepte une hausse de 10%.
Publié le 12/08/2010
Des producteurs laitiers appellent au boycott de "produits phares"
Le Camembert Président, le Caprice des Dieux et la Vache qui rit boycottés ? C'est ce qu'espère la FRSEA Rhône à compter de vendredi. Les industriels à l'origine de ces produits refusent, selon le syndicat agricole, d'acter une hausse des prix du lait "conforme" aux tendances du marché.
Publié le 29/07/2010
Une situation qui rappelle étrangement celle de l'automne dernier, qui avait alors déclenché une grave crise du lait et l'arrêt des livraisons aux industriels, certains producteurs n'hésitant pas à répandre leur production en plein champ - geste spectaculaire et désespéré en forme d'appel à l'aide. Outre les prix, jugés trop bas, les producteurs de lait dénonçaient alors un système de fixation des prix qui ne permettait aucune visibilité, puisqu'ils étaient informés des prix après les livraisons. Nicolas Sarkozy lui-même avait dénoncé ce fonctionnement lors d'un discours à Poligny, dans le Jura, le 27 octobre. "Peut-on admettre qu'un producteur de lait qui travaille sans compter ses heures du 1er au 31 janvier, ne connaisse le prix de son travail que le 10 février, et par une fiche de paye ?" avait demandé le chef de l'Etat.
"Que les politiques se remettent au travail"
Or, aujourd'hui, aucun tarif n'a encore été fixé pour les livraisons prévues de juillet à septembre. "Et la contractualisation (prévue par la loi de modernisation de l'agriculture adoptée début juillet) n'y changera rien", estime Yves Sauvaget avant de souhaiter que "les politiques se remettent au travail pour qu'on sorte de cette situation". Or, le temps presse pour les producteurs, pris à la gorge : "la paye du lait doit tomber entre le 12 et le 15", souligne Yves Sauvaget.
Face à cette impasse, les producteurs commencent à reprendre leurs manifestations devant les laiteries. Ils réclament une hausse de 10% des tarifs laitiers pendant le trimestre, à laquelle les industriels ne sont pas opposés, au vu des marchés. Mais ces derniers demandent aussi de prendre en compte dans le calcul des prix, à partir de 2011, l'évolution des tarifs du lait en Allemagne. Ce que les producteurs français refusent puisque leurs volumes de production sont limités, contrairement aux volumes allemands, et que le prix payé Outre Rhin est plus faible.
"Les marchés vont beaucoup mieux qu'en 2009"
"Les laiteries ne peuvent pas avoir le beurre et l'argent du beurre", s'indigne pour sa part Henri Brichard, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), syndicat majoritaire affilié à la FNSEA, en prévoyant des actions plus musclées dès cette semaine. "Les marchés vont beaucoup mieux qu'en 2009. Au moment où les producteurs pensaient en avoir les répercussions, les industriels ne sont pas d'accord. Les exploitants ne comprennent pas qu'après une année catastrophique on ne leur donne pas leur juste dû alors que les cours sont bons. On a l'impression que quand ça va mal, on nous le répercute mais que quand ça va bien, on ne nous répercute qu'une petite partie".
En 2009, les prix étaient descendus "jusqu'à moins de 200 euros les 1000 litres", rappelle le patron de la FNPL et tournaient "autour de 275 euros au deuxième trimestre 2010". Au trosième trimestre, période où les prix sont plus élevés pour cause de production plus rare, "on s'attendait à 330-334 euros, or on nous propose presque 20 euros de moins". Et les producteurs font état aussi d'une hausse de leurs charges, avec l'augmentation actuelle des prix du blé de 30% pour cause de sécheresse en Europe.
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