Les prestations sociales compensent de moins en moins les inégalités

Par , le 16 novembre 2011 à 05h00 , mis à jour le 16 novembre 2011 à 09h36

Les prestations sociales permettent un peu moins qu'avant de réduire les inégalités dans la population, selon le "portrait social" de l'Insee publié mercredi.

allocation © TF1/LCI

Si les prestations sociales restent le premier vecteur de réduction de l'écart de niveau de vie entre les ménages les plus riches et les plus pauvres, elles y contribuent un peu moins qu'il y a 20 ans. Idem avec l'impôt sur le revenu, indique une étude de l'Insee publiée mercredi. "20% des Français qui ont les revenus les plus élevés avant redistribution ont un niveau de vie un peu plus de 7 fois supérieur aux 20% des ménages les plus modestes", a indiqué Fabrice Lenglart, directeur des études sociales et démographiques : 53.600 euros par an pour les uns, contre 7.400 euros pour les autres. Mais une fois que l'on prend en compte les transferts liés aux prestations sociales (allocations familiales, logements, minima sociaux...) et aux prélèvements obligatoires (impôt sur le revenu, cotisations sociale et CSG), le rapport montre que le niveau de vie moyen des 20% les plus riches n'est plus que 3,9 fois supérieur aux 20% les moins riches.
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Proportionnellement, ce sont les prestations sociales qui contribuent le plus à réduire les inégalités (pour deux tiers, contre un tiers pour les prélèvements), notamment via les prestations familiales. Depuis 20 ans, elles ont toutefois fait l'objet de modifications législatives, qui ont eu tendance à les affaiblir, relève l'Insee. Ainsi, même si certaines prestations ont été relevées (par exemple l'allocation de rentrée scolaire) ou le Revenu de solidarité active (RSA) a été récemment créé, leurs montants "sont revalorisés le plus souvent en fonction de l'inflation, qui a augmenté en moyenne moins vite que les revenus" depuis 1990, souligne l'Insee. Elles sont donc moins "redistributives" que par le passé.

La réduction des inégalités va continuer de s'atténuer

Le gouvernement vient en outre d'annoncer son intention de revaloriser en 2012 les prestations familiales et les allocations logement en fonction, non  plus de l'inflation, mais de la croissance : elles devraient donc augmenter l'an  prochain de 1%, à partir du 1er avril, au lieu de 2,3%. "Cela pourra avoir tendance à la marge à atténuer la réduction des  inégalités mais d'autres mesures vont dans le sens inverse, comme le gel annoncé du barème de l'impôt sur le revenu", a souligné Fabrice Lenglart.
 
L'impôt sur le revenu contribue également un peu moins qu'avant à diminuer les inégalités. Mais la création de contributions sociales, comme la CSG, qui  intègre les revenus du patrimoine dans son assiette a eu l'effet inverse, si  bien que la redistribution opérée en France est "globalement stable" depuis 1990, souligne l'Insee dans son "portrait social".

Les autres constatations de l'étude de l'Insee

-Les bas revenus travaillent plus et gagnent plus que dans les années 90.  Les salariés aux revenus les plus faibles ont davantage travaillé en 2009 qu'ils ne le faisaient quinze ans plus tôt, compensant ainsi les écarts avec les revenus salariaux les plus hauts, qui restent néanmoins élevés, selon une étude de l'Insee publiée mercredi. "Les 25% de personnes aux revenus salariaux les plus faibles ont travaillé en moyenne 95 jours (en équivalent-temps plein) en 2009, contre 81 jours en 1995", indique l'étude. Cela-dit, les écarts restent très importants : le revenu salarial moyen des 25% de salariés les mieux payés était de 38.749 euros, contre 3.891 euros pour les 25% les moins payés. Sur l'ensemble des salariés, du public comme du privé, le revenu salarial moyen s'est établi à 19.284 euros.

-La démographie tirée par la fécondité, l'espérance de vie et les migrations.
La population est passée de 55 millions d'habitants en 1981 à 65 millions au 1er janvier 2011. La croissance démographique a été beaucoup plus forte en  France qu'en Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni, souligne l'Insee. La forte fécondité française explique largement cet écart, mais pas seulement. Comme dans les autres pays, la hausse de l'espérance de vie, qui a augmenté en France en trente ans de 8 ans pour les hommes et 6,5 ans pour les femmes, a  entraîné une hausse de la population française de 3,1 millions de personnes. Un troisième facteur de croissance démographique est le solde migratoire,  différence entre les entrées et sorties du territoire, qui dépasse deux millions de personnes en trente ans.

-Les enfants de familles monoparentales moins bien logés que les autres.
En 2006, les enfants vivent majoritairement (75%) dans une famille nucléaire, c'est-à-dire avec leurs deux parents, souligne l'Insee. Mais la proportion de ceux appartenant à des familles monoparentales n'a cessé d'augmenter : 16% en 2006 contre 11% en 1992. Et lorsque les enfants vivent dans une famille monoparentale, c'est majoritairement avec leur mère (84% en 2006). Ces enfants, ainsi que ceux vivant dans une famille d'au moins quatre enfants se retrouvent plus souvent en situation de pauvreté, en raison des difficultés financières rencontrées par leurs parents, poursuit l'Institut. La situation financière de ces famille les contraint souvent à se tourner vers la location et notamment vers le logement social, composé à plus de 80% d'appartements. Ainsi, 62% des enfants de ces familles résident dans un appartement, contre 35% des enfants vivant avec leurs deux parents. 7,3% des enfants ne vivant qu'avec un seul parent sont encore touchés par la privation de confort.

Par Alexandra Guillet le 16 novembre 2011 à 05:00
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12 Commentaires

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  • rgfhl, le 16/11/2011 à 16h20

    A zoup76 : Je connais les chiffres car nous avons comparé avec ma soeur. Elle me soutenait qu'elle gagnait plus que moi à être à la maison, ce qui est le cas. De plus, les chiffres sont certes approximatifs à quelques euros près mais vos AF varient selon le nombre d'enfants mais également en fonction de l'âge. Vous pouvez aussi avoir un complément familial. Pour l'allocation logement, elle est calculée en fonction du revenu du foyer et du montant du loyer. Le RSA également en fonction des revenus du foyer. Cela varie donc d'une famille à une autre. Nos maris travaillant ensemble, je connais également les revenus de Mr. Cordialement

  • moicontribuable, le 16/11/2011 à 15h36

    Peut etre parceque certains ont fait plus d'efforts que les autres. Arretons de recompenser la mediocrite par les aides sociales. Les aides sociales sont la pour aider a court terme ceux qui ont fait l'effort de cotiser et se battent pour s'en sortir sans peser sur la commnaute.

  • titizom, le 16/11/2011 à 13h47

    Faut que je me relise...bientôt on va me sauter dessus pour les fautes...:o)

  • zoup76, le 16/11/2011 à 13h21

    Je ne sais ou vous avez trouver vos chiffre notamment la CAF, car pour trois enfant c'est 450 Euro horsAPL si vous avez 2 enfants 125,78 ? si vous avez 3 enfants 286,94 ? ajouter, par enfant en plus 161,17 ? Voici la réalité des chiffres Sachant que même si l'on rajoute L'APL nous sommes loins des 1200 euro mensuel

  • titizom, le 16/11/2011 à 13h14

    Parlons de ce que le ps veut faire : supprimer le quotient conjugal ainsi que familiale car j'ai cette sensation que les médias nous prépare.......quelques choses.....doucement

  • lucidite, le 16/11/2011 à 10h43

    Si on regarde ces chiffres de plus près, il en émerge une vérité un peu différente de celle que l'article veut souligner. Les 25% des moins bien payés travaillent en moyenne 95 jours. En supposant que les 25% les mieux payés travaillent à temps plein, c'est qu'ils travaillent 2,4 fois plus. Si l'écart du niveau de vie, après prestations sociales, n'est que de 3,5x, compte tenu de cette différence dans le nombre de jours travaillés, c'est que les inégalités sont en fait très bien compensées par ces prestations. Ce n'est pas forcément une bonne chose. Dire que la France est un pays où les inégalités sont très faibles revient en fait à dire que les français sont globalement très mal payés, et ont une très forte incitation à ne pas travailler.

  • mrpropre, le 16/11/2011 à 10h32

    Vous avez tout compris. Une situation que les politiques (droite et gauche) appâtés par un le gain populiste ne veulent pas regarder dans les yeux.

  • lucidite, le 16/11/2011 à 10h18

    Si on regarde ces chiffres de plus près, il en émerge une vérité un peu différente de celle que l'article veut souligner. Les 25% des moins bien payés travaillent en moyenne 95 jours. En supposant que les 25% les mieux payés travaillent à temps plein, c'est qu'ils travaillent 2,4 fois plus. Si l'écart du niveau de vie, après prestations sociales, n'est que de 3,5x, compte tenu de cette différence dans le nombre de jours travaillés, c'est que les inégalités sont en fait très bien compensées par ces prestations. Ce n'est pas forcément une bonne chose. Dire que la France est un pays où les inégalités sont très faibles revient en fait à dire que les français sont globalement très mal payés, et ont une très forte incitation à ne pas travailler.

  • rgfhl, le 16/11/2011 à 10h04

    L'inégalité est flagrante lorsque l'on est en bas de l'échelle. Un couple travaillant, avec 3 enfants va gagner 2400? de salaires et 400? (AF) de la CAF et déclarer aux impôts 2400?. Un couple avec qu'un salaire et 3 enfants va gagner 1300? de salaire et 1200? de la CAF (AF, AL, APE ou RSA...) et déclarer 1300? aux impôts. D'un côté, le couple travaillant va devoir dépenser en plus du logement et des charges courantes le carburant, garderie, cantine, bus.... alors que le 2ème couple n'a pas toutes ses charges à payer vu qu'un parent est à la maison. Pourquoi ne pas déclarer TOUTES les rentrées d'argent. Ce serait plus équitable. 1er couple : 2800? à déclarer et 2ème couple : 2500? à déclarer ? Toutes les personnes au foyer que je connais ont fais le choix de ne pas travailler et ce depuis parfois plus de 10 ans. Elles vivent du congé parental, du RSA ensuite, des AF..... Il y a des demandes d'embauches au SUPER U du coin ou dans la grande usine d'à côté mais non. Une m'a dit, je gagne plus à être chez moi qu'à bosser..... Elle est où l'égalité ?

  • fabienlaude-tf1, le 16/11/2011 à 09h49

    C 'est une autre société qui vas arriver , par le fait démographique, donc mathématique. Donc soit on revient du temps d 'avant la société de consommation, mais à l ' époque , tout manquait Soit on se dit aujourd 'hui il faut faire avec , mais comment. La recherche des solutions, comme toujours. C 'est le quotidien aujourd' hui de chaque français.

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