La direction du groupe a relocalisé la fabrication de 60.000 paires de skis pour enfants à Sallanches, jusqu'ici sous-traitée à Taïwan. Une bouffée d'oxygène pour la dernière fabrique de skis en Haute-Savoie. © TF1/LCI
- Rossignol, un exemple de relocalisation réussie - 01 min 13 s
Crédit agricole : des suppressions d'emplois annoncées mercredi ?
La banque devrait annoncer mercredi le nombre d'emplois qu'elle prévoit de supprimer, selon un représentant syndical du groupe qui affirme que plusieurs centaines de suppressions de postes seraient prévues.
Publié le 13/12/2011
L'Arbre Vert, une entreprise qui produit en France
L'Arbre Vert est une entreprise de produits ménagers. Son activité emploie 110 salariés à Saint-Benoist dans la Vienne. Tout est fabriqué en France. Une belle réussite du "produire en France" prônée mardi par le chef de l'Etat.
Publié le 13/12/2011
TF1 News : quels sont les secteurs concernés par les relocalisations ?
Olivier Bouba-Olga, économiste spécialiste de l'aménagement de l'Espace et Urbanisme à l'Université de Poitiers : Cela ne concerne que très peu d'entreprises. Nous avons très peu de données. Dans l'ensemble des projets d'investissements des entreprises, cela représente 0,3%, soit une dizaine d'entreprises par an. C'est donc très difficile de faire un calcul par secteur. De manière générale, ce sont des entreprises très mobiles, notamment des industries manufacturières. Et on a quelques exemples de centres d'appels.
TF1 News : Pour quelles raisons ces entreprises reviennent-elles en France ?
Olivier Bouba-Olga : On peut s'interroger sur les entreprises qui relocalisent et sur celles qui décident de ne pas délocaliser. Le critère essentiel est celui de la qualité. Lorsqu'elles délocalisent, elles se retrouvent avec des produits avec des défauts, des mauvaises couleurs. Au final cela leur coûte plus cher. Même si les choses changent.
Le deuxième élément, c'est que les entreprises ont besoin d'être très réactives vis-à-vis de la demande et les délais de transport ne favorisent pas une implantation à l'étranger.
Ensuite, il y a également les entreprises qui déchantent en termes de coûts. Derrière le coût du travail, il y a la question de la productivité plus faible, le problème du management : de contrôler ce qui se fait à l'étranger. Il y a également la problématique de la contrefaçon, la peur de se faire piller son savoir-faire. Ce sont donc des raisons très hétérogènes.
TF1 News : Lorsque ces entreprises relocalisent en France, peut-on dire que les choses "redeviennent comme avant" ?
Olivier Bouba-Olga : Non. Sur les exemples que l'on a, la relocalisation s'accompagne souvent d'un changement de positionnement stratégique. La délocalisation se fait pour une question de coût, la relocalisation est plus un retour sur une logique de qualité. Les entreprises ne reviennent donc pas sur les mêmes produits. Par exemple, dans le cas de l'entreprise Samas, qui fabriquait des caissons de bureaux, elle avait délocalisé en Chine avant de revenir en France, sous le nom de Majencia, pour faire du sur-mesure. Elle a donc opéré des changements en qualité, il y a eu des formations dans l'entreprise pour que les gens gagnent en compétence.
TF1 News : Ces relocalisations n'ont donc pas toujours lieu au même endroit, avec les mêmes salariés ?
Olivier Bouba-Olga : Cela dépend. Souvent ce ne sont plus les mêmes personnes. Majencia par exemple, est retourné en Picardie en 2006 après avoir délocalisé en 2000. Mais ils n'ont plus qu'un site au lieu de deux. Les lunetiers Atol n'avaient pas de fournisseurs en France. Ils ont été en Chine avant de finalement trouver un sous-traitant en France. Il n'y a pas de retour en France au même endroit et on reprend les mêmes ouvriers. Les entreprises relocalisent parfois dans les pays d'Europe de l'Est. On ne peut pas croire que cela peut-être un retour à l'identique.
TF1 News : Peut-on s'attendre à un retour en France des entreprises ayant délocalisé ?
Olivier Bouba-Olga : Compte tenu de tous les éléments dont on dispose aujourd'hui, croire que l'on va avoir un phénomène massif, c'est impossible. Les relocalisations, c'est un épiphénomène. En 2009 et 2010, il y a eu 24 cas de relocalisations sur les 8.048 opérations d'investissements qui ont eu lieu en France. Ces 24 cas ont créé 511 emplois sur les 356.393 créés par la totalité des opérations d'investissements sur cette période*. Atol et Majencia se sont regroupés en association avec d'autres entreprises ayant relocalisé, le Cedre (Comité des entrepreneurs pour un développement responsable de l'économie) pour communiquer autour de leur histoire. C'est quelque chose de très médiatisé, repris par les politiques. Mais il y a des enjeux autrement plus importants pour l'industrie française que de croire que l'on va multiplier les relocalisations.
*données de l'Observatoire de l'Investissement
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