Les salariés de Florange craignent la mort lente de leur usine

le 15 février 2012 à 09h11 , mis à jour le 15 février 2012 à 21h18

Dossier : Crise financière

La direction de l'aciérie ArcelorMittal de Florange a annoncé mardi que la filière liquide du site, à l'arrêt depuis octobre 2011, ne redémarrerait pas au deuxième trimestre de cette année. Une nouvelle étape vers la fin programmée de l'usine, estiment les syndicats.

usine aciérie arcelor mittal GandrangeImage d'archive. Usine Arcelor Mittal de Gandrange © TF1/LCI

L'arrêt des hauts fourneaux était annoncé comme provisoire. Pourtant, il s'éternise. Et les syndicats de l'usine ArcelorMittal de Florange, en Moselle, tirent le signal d'alarme à deux mois de l'élection présidentielle sur les risques de fermeture du site. La direction a confirmé mardi à l'intersyndicale qu'aucun redémarrage des fourneaux n'était prévu avant la fin de 2012, et que la situation actuelle, qui se traduit par du chômage partiel pour 2600 des 5000 employés du site durerait au moins jusqu'à la fin du deuxième trimestre et pourrait se poursuivre sur l'ensemble de l'année, a dit la CFDT.

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Plus d'infos

En octobre, le directeur du site de Florange, Thierry Renaudin, avait affirmé que la "mise en veille" du haut fourneau P6 était "conjoncturelle". Et ce fameux "P6" cristallise aujourd'hui toutes les inquiétudes et les derniers espoirs des salariés : il est le dernier du groupe sidérurgique encore en activité en Lorraine. Et il doit être en activité pour recevoir un projet européen Ulcos de captage de CO2, représentant un investissement de quelque 600 millions d'euros et sur lequel la Commission européenne doit statuer en juin-juillet. Les syndicats estiment que seul ce projet, qui ferait de Florange un site pilote pour la capture et le stockage de CO2 dans le sol, garantirait l'avenir. Mais le contexte ne laisse que peu d'ouvertures pour les salariés : après avoir décidé fin 2011 la fermeture définitive de ses hauts fourneaux de Liège en Belgique et la mise à l'arrêt de ceux de Florange et d'Eisenhüttenstadt, en Allemagne, ArcelorMittal a annoncé en janvier des suppressions d'emploi en Pologne et la fermeture de son aciérie de Madrid.

Et la direction a confirmé mercredi qu'elle allait présenter le 23 février aux représentants du personnel un projet de prolongation de la fermeture temporaire du site pour le deuxième trimestre. "Le projet qui sera présenté au comité (central d'entreprise, ndlr) du 23 février 2012 porte sur la prolongation de la suspension temporaire d'une partie des installations de Florange, pour le deuxième trimestre de l'année 2012 ainsi que sur le maintien de l'ensemble des mesures permettant le redémarrage des installations lorsque les conditions de marché le permettront", indique-t-elle dans une déclaration écrite.

"Nous ne serons pas les Grecs de la métallurgie"

Pour Edouard Martin, membre CFDT du comité central d'entreprise du numéro un mondial de l'acier, "cette annonce, c'est peut-être la mort programmée du site de Florange". "Lorsque le P6 avait été mis à l'arrêt, la direction avait affirmé que cette fermeture ne serait que provisoire. On comprend mieux maintenant comment celle-ci s'inscrit dans une stratégie globale d'ArcelorMittal pour rentabiliser ses sites côtiers", a-t-il ajouté. "Nous ne serons pas les Grecs de la métallurgie française", a prévenu le syndicaliste, en annonçant une mobilisation "tous azimuts". Une assemblée générale a été convoquée jeudi à 16h30 à Florange, a-t-il annoncé. "On ne va pas se laisser tuer en silence. On peut agir jusqu'en mai. Après, c'est rideau", a renchéri Frédéric Weber, responsable cédédiste du site, jugeant que "les politiques doivent mouiller leur chemise comme pour le fabricant de lingerie Lejaby".

"L'arrêt prolongé de l'outil (...) cache mal les véritables intentions d'ArcelorMittal, à savoir un arrêt définitif des installations (de Florange, ndlr) après les échéances électorales", a pour sa part jugé le maire de Florange, Philippe Tarillon. Selon lui, "il est temps que ce groupe, qui a annoncé un résultat net de 2,3 milliards de dollars (environ 1,69 milliard d'euros) pour 2011, arrête son comportement de prédateur financier et industriel et que l'Etat (...) oeuvre pour la ré-industrialisation de la vallée de la Fensch".

le 15 février 2012 à 09:11
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13 Commentaires

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  • bill_boquet, le 16/02/2012 à 05h58

    Je suis triste pour le sort qui attend les salarié de cette aciérie car je ne crois plus au Père Noël depuis longtemps. Mittal a sans doute trouvé de meilleures conditions de production ailleurs : main d'oeuvre à prix cassé, absence de syndicats, taxation inexistante, transport compétitif, etc.

  • saintex54, le 15/02/2012 à 18h02

    Vous ne vous posez pas la question:Pourquoi ne voit on pas d´hommes politiques de gauche venir faire des promesses de sauvetage de ces usines?à part Mr Montebourg qui est venu faire un tour et puis s´en est allé,montrant son joli sourire face aux caméras à Yssengeaux.Pourquoi Mr Mélenchon le champion du sauvetage de tout et surtout de rien ne vient jamais proposer des solutions pour éviter les fermetures d´usines,à part venir manifester,faire du bruit et du vent.Tout simplement parcequ´ils n´ont aucune solution,à part critiquer,toujours et encore.Et Madame Aubry la fossoyeuse de notre économie,ou est elle passée?silence radio aussi sur les solutions.Les socialistes ne savent créer que des emplois de fonctionnaires,ce qui est à la portée de n´importe quel imbécile.

  • gerard4807, le 15/02/2012 à 16h51

    Faites une priére et Ns va sauver l'entreprise

  • laforet20111, le 15/02/2012 à 14h37

    Il faut sauver cette usine,nous avons une penurie pour trouver des metaux,nous dans le nord beaucoup d'acierie ont fermees,resultat,chomage et acier trop chére venant d'ailleurs,je croise les doigts pour nos voisins lorrains.

  • allillou57, le 15/02/2012 à 14h22

    Mr sarkozy ne va pas a florange pour sauver mittal bizard bizard surement le souvenir de gandrange qui refait surface a bonne entendeur!!!!!!!!!!!!

  • dom145, le 15/02/2012 à 13h53

    De sarko qui n'a trouvé aucune solution pour empêcher 1000 salariés d'être chaque jour, des nouveaux chômeurs !!!

  • jghttc1, le 15/02/2012 à 13h17

    De son côté M.Sarkozy sauvera les employés de Florange comme il aura sauvé ceux de ...Gandrange !

  • alain-paris, le 15/02/2012 à 13h16

    Prouve une fois de plus que le business a fait une croix sur Sarko. En d'autres temps, ils auraient attendu après l'élection pour annoncer la nouvelle, histoire de ne pas gèner le sortant

  • nice-oliver, le 15/02/2012 à 12h45

    Comme Mitterand en son temps!!!

  • clwillemin, le 15/02/2012 à 11h59

    Depuis le temps qu'on leur promet de les aider (comme SEB, Conti et les autres...). Mais aujourd'hui on préfère Lejaby, c'est plus médiatique et surtout proche des élections (et puis on va subventionner Vuitton à coup de millions...).

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