Image d'archive. Usine Arcelor Mittal de Gandrange © TF1/LCIL'arrêt des hauts fourneaux était annoncé comme provisoire. Pourtant, il s'éternise. Et les syndicats de l'usine ArcelorMittal de Florange, en Moselle, tirent le signal d'alarme à deux mois de l'élection présidentielle sur les risques de fermeture du site. La direction a confirmé mardi à l'intersyndicale qu'aucun redémarrage des fourneaux n'était prévu avant la fin de 2012, et que la situation actuelle, qui se traduit par du chômage partiel pour 2600 des 5000 employés du site durerait au moins jusqu'à la fin du deuxième trimestre et pourrait se poursuivre sur l'ensemble de l'année, a dit la CFDT.
"La sidérurgie ce n'est pas que des prix de revient, ce sont aussi des hommes"
TROIS QUESTIONS-Les candidats à l'élection présidentielle défilent à Florange, vendredi puis lundi. Comment les ouvriers le vivent-ils ? La réponse d'un syndicaliste CFDT.
Publié le 24/02/2012
Sarkozy veut "tout faire pour que Florange rouvre"
Le chef de l'Etat a assuré mardi matin qu'il s'était "entretenu avec les dirigeants" d'ArcelorMittal "pour parler" du site de Florange. Et d'assurer : "Moi, je ne veux pas que Florange meure". Une promesse considérée avec prudence par les syndicats.
Publié le 21/02/2012
ArcelorMittal : "il est certain que des usines vont fermer"
INTERVIEW-L'usine d'ArcelorMittal de Florange est à l'arrêt, et les syndicats occupaient les bureaux lundi, contestant le manque de demande invoquée par la direction. Pour Gilles Le Blanc, professeur d'économie aux Mines ParisTech, les choses ne vont pas aller en s'améliorant.
Publié le 20/02/2012
Les "Arcelor" veulent mettre leur direction au chômage technique
Dénonçant une "mort programmée du site" ArcelorMittal de Florange, des ouvriers ont investi lundi matin les locaux de la direction. Les syndicats ont promis de faire de Florange "le cauchemar du gouvernement" s'ils n'étaient pas épaulés dans leur lutte.
Publié le 20/02/2012
ArcelorMittal : ils craignent la mort de Florange
Ce site de Moselle est à l'arrêt depuis octobre et la reprise de l'activité vient d'être repoussée à une date incertaine. Les 5.000 salariés craignent désormais la mort définitive de la sidérurgie dans la région, trois ans après la fermeture de Gandrange.
Publié le 15/02/2012
En octobre, le directeur du site de Florange, Thierry Renaudin, avait affirmé que la "mise en veille" du haut fourneau P6 était "conjoncturelle". Et ce fameux "P6" cristallise aujourd'hui toutes les inquiétudes et les derniers espoirs des salariés : il est le dernier du groupe sidérurgique encore en activité en Lorraine. Et il doit être en activité pour recevoir un projet européen Ulcos de captage de CO2, représentant un investissement de quelque 600 millions d'euros et sur lequel la Commission européenne doit statuer en juin-juillet. Les syndicats estiment que seul ce projet, qui ferait de Florange un site pilote pour la capture et le stockage de CO2 dans le sol, garantirait l'avenir. Mais le contexte ne laisse que peu d'ouvertures pour les salariés : après avoir décidé fin 2011 la fermeture définitive de ses hauts fourneaux de Liège en Belgique et la mise à l'arrêt de ceux de Florange et d'Eisenhüttenstadt, en Allemagne, ArcelorMittal a annoncé en janvier des suppressions d'emploi en Pologne et la fermeture de son aciérie de Madrid.
Et la direction a confirmé mercredi qu'elle allait présenter le 23 février aux représentants du personnel un projet de prolongation de la fermeture temporaire du site pour le deuxième trimestre. "Le projet qui sera présenté au comité (central d'entreprise, ndlr) du 23 février 2012 porte sur la prolongation de la suspension temporaire d'une partie des installations de Florange, pour le deuxième trimestre de l'année 2012 ainsi que sur le maintien de l'ensemble des mesures permettant le redémarrage des installations lorsque les conditions de marché le permettront", indique-t-elle dans une déclaration écrite.
"Nous ne serons pas les Grecs de la métallurgie"
Pour Edouard Martin, membre CFDT du comité central d'entreprise du numéro un mondial de l'acier, "cette annonce, c'est peut-être la mort programmée du site de Florange". "Lorsque le P6 avait été mis à l'arrêt, la direction avait affirmé que cette fermeture ne serait que provisoire. On comprend mieux maintenant comment celle-ci s'inscrit dans une stratégie globale d'ArcelorMittal pour rentabiliser ses sites côtiers", a-t-il ajouté. "Nous ne serons pas les Grecs de la métallurgie française", a prévenu le syndicaliste, en annonçant une mobilisation "tous azimuts". Une assemblée générale a été convoquée jeudi à 16h30 à Florange, a-t-il annoncé. "On ne va pas se laisser tuer en silence. On peut agir jusqu'en mai. Après, c'est rideau", a renchéri Frédéric Weber, responsable cédédiste du site, jugeant que "les politiques doivent mouiller leur chemise comme pour le fabricant de lingerie Lejaby".
"L'arrêt prolongé de l'outil (...) cache mal les véritables intentions d'ArcelorMittal, à savoir un arrêt définitif des installations (de Florange, ndlr) après les échéances électorales", a pour sa part jugé le maire de Florange, Philippe Tarillon. Selon lui, "il est temps que ce groupe, qui a annoncé un résultat net de 2,3 milliards de dollars (environ 1,69 milliard d'euros) pour 2011, arrête son comportement de prédateur financier et industriel et que l'Etat (...) oeuvre pour la ré-industrialisation de la vallée de la Fensch".
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"La sidérurgie ce n'est pas que des prix de revient, ce sont aussi des hommes"
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