Un expert-comptable bientôt désigné. Les représentants du personnel au Comité central d'entreprise (CCE) de PSA Peugeot Citroën ont voté mercredi à l'unanimité la désignation d'un expert-comptable, le constructeur mettant en avant de lourdes pertes au premier semestre 2012 pour justifier son plan de 8.000 suppressions de postes, ce qui a secoué le marché automobile. Les syndicats, qui ont le pouvoir de demander une expertise, ont annoncé cette décision en précisant que la mission débuterait le 27 août. Par voie de conséquence, ils ont repoussé la consultation des élus sur le plan de réduction de postes, inscrite à l'ordre du jour. Pour Jean-Pierre Mercier, délégué CGT, la nomination d'un expert "repousse provisoirement la machine à licencier". Le gouvernement a également mandaté un expert, Emmanuel Sartorius, pour réaliser un audit de la situation financière et économique du groupe. Un rapport final est attendu en septembre.
Devant l'Arc de Triomphe. Au moins un millier de salariés de PSA Peugeot Citroën, qui s'étaient rassemblés devant le siège du groupe mercredi matin, ont convergé vers l'Arc de Triomphe à la mi-journée, promettant notamment à leur patron de devenir "son cauchemar". Ils étaient 1.300, selon la police et 2.000, venus de tous les sites du groupe, dont 400 de l'usine d'Aulnay (Seine-Saint Denis) vouée à la fermeture en 2014, selon Jean-Pierre Mercier (CGT). "Varin, à partir d'aujourd'hui on sera ton cauchemar!", proclamait une banderole en tête du cortège, en référence au président du directoire, Philippe Varin. Ils sont ensuite revenus pique-niquer devant le siège, avant de reprendre le chemin du retour. Ils s'étaient auparavant rassemblés devant le siège du constructeur, avenue de la Grande Armée, où se tenait un Comité central d'entreprise consacré au plan de suppression de 8.000 postes dans l'Hexagone. Une nouvelle mobilisation est prévue le 4 septembre.
"Pas aux salariés de payer la note". Pour Jean-Pierre Mercier, délégué CGT chez PSA Peugeot Citroën, "Il faut voir ce que PSA a fait de l'argent gagné en 2011 et s'il devait y avoir des mesures de prises, ce n'est pas aux salariés du groupe de payer la note". Après avoir pris connaissance des lourdes pertes de PSA, Philippe Petry, élu CFDT au Comité central d'entreprise, a quant à lui indiqué qu'il n'était pas possible de "nier la conjoncture". Mais le syndicaliste "attend une analyse économique pour voir si le projet de PSA est en phase avec les pertes annoncées". "C'est vrai que les résultats sont négatifs, mais les mesures annoncées par PSA ne sont elles pas disproportionnées par rapport aux résultats ?", s'est aussi interrogé Franck Don (CFTC). Pour FO enfin, "L'addition ne doit pas se régler par des licenciements mais par la refonte de nos ressources actuelles".









