L'ambiance sera sans doute tendue. Syndicats (CDFT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC) et patronat (Medef, CGPME, UPA) se retrouvent jeudi et vendredi pour deux réunions de la dernière chance afin de tenter d'arracher un compromis sur la "sécurisation de l'emploi", tant souhaité par François Hollande. Les discussions achoppent notamment sur la taxation des contrats courts, refusée par le patronat. Les dirigeants de la CGT et de FO ayant confirmé qu'ils ne signeraient pas si le patronat maintenait ses exigences en matière de flexibilité, les chances de compromis reposent surtout sur des concessions du Medef et sur la CFE-CGC, la CFTC et la CFDT.
Un accord est-il encore possible alors que, aux deux extrêmes, la CGT et le Medef n'ont pas hésité à surlouer leur pessimisme ces derniers-jours ? "On est dans un moment difficile mais le match n'est pas fini, le match finit vendredi", veut croire Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT sur France Info. Pour lui, c'est le patronat qui doit bouger dans la négociation sur la sécurisation de l'emploi pour que les partenaires sociaux parviennent à un accord vendredi. Son syndicat a quatre "exigences fortes", a-t-il rappelé : "Une complémentaire santé pour tous les salariés, des droits rechargeables à l'assurance chômage, la limitation des temps partiels imposés et la taxation des contrats courts".
Le gouvernement calme le jeu mais...
L'éventuelle pénalisation des contrats courts, que les organisations patronales refusent jusqu'ici d'envisager, est l'une des clefs de l'issue des négociations. Selon une source patronale, le gouvernement a menacé le Medef de ne pas appliquer, en cas de désaccord, le crédit d'impôt pour améliorer la compétitivité des entreprises à celles qui abuseraient des contrats à durée déterminée.
Le ministre du Travail, Michel Sapin, accusé par le patronat d'ingérence dans cette épineuse négociation, a affirmé mercredi son "respect" pour "tous les partenaires sociaux" et a engagé les députés socialistes à suivre la même ligne. Mais, de son côté, le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, a rappelé qu'un texte sur la sécurisation de l'emploi serait présenté "avant fin février" en Conseil des ministres si les partenaires sociaux n'arrivaient pas à trouver un accord à l'issue de leur négociation.
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