Mobilisation en demi-teinte contre l'austérité

Par , le 11 octobre 2011 à 12h36 , mis à jour le 11 octobre 2011 à 22h02

Pour dire non à l'austérité et exiger une autre répartition des richesses, entre 145.000 personnes - selon l'Intérieur - et 270.000 - selon la CGT - ont défilé mardi en France. La journée a été marquée par peu de grèves et des perturbations limitées dans les transports.

Manifestation contre l'austérité à Paris le 11 octobre 2011. Manifestation contre l'austérité à Paris le 11 octobre 2011. © LCI

 Ils ont battu le pavé pour dire non à l'austérité et exiger une autre répartition des richesses. Selon la CGT, 270.000 personnes - dont 9.500 lycéens - ont manifesté mardi dans toute la France, répondant à l'appel de la CGT, CFDT, FSU, Unsa et Solidaires. Selon le ministère de l'Intérieur, ils n'étaient que 145.000. Ces organisations exigeaient, sans appeler à la grève nationale, à  "des mesures d'urgence". Ne s'attendant pas, à quelques mois de la présidentielle, à la mobilisation massive de l'an dernier contre la réforme des retraites, les syndicats ont misé sur une journée décentralisée, avec des actions plus symboliques, sectorielles et locales. 200 défilés ont été enregistrés.  
 
"Une autre répartition des richesses. Pour l'emploi, les salaires et la protection sociale. Ce n'est pas aux salariés de payer la crise", proclamait la banderole de tête du cortège parisien qui a réuni 16.000 personnes selon la préfecture de police, 25.000 selon la CGT. Ils étaient 5.300 à Marseille selon la préfecture, 30.000 selon les organisateurs, avec Bernard Thibault en tête de cortège juste devant les salariés de l'usine Fralib de Gémenos, menacée de fermeture. Le secrétaire général de la CGT a demandé au gouvernement de "changer d'optique" car "loin de nous sortir de la crise économique, cette austérité salariale, cette précarité sociale vont nous enfermer dans la récession et tout le monde va y perdre". Le numéro un de la CFDT François Chérèque a misé lui sur une "action symbolique" place de la Bourse à Paris pour dénoncer "l'injustice" du plan anti-déficit du gouvernement qui, selon lui, fait payer les salariés six fois plus que les riches.
  
A Toulouse (entre 3.200 et 7.000 manifestants), les salariés de l'américain Freescale (ex-Motorola) ont dit "non aux licenciements", alors qu'à Bordeaux (entre 4.800 et 11.000 participants) la CGT de Ford était particulièrement représentée, tout comme celle d'Ipsos, ainsi que de nombreuses professions médicales et organismes de prestations sociales. A Rouen, les manifestants (entre 3.000 et 5.000) ont remonté la rue Jeanne d'Arc, la "rue des banques", en distribuant des faux euros estampillés de slogans : "pour une autre répartition des richesses taxons le capital" ou "pour une autre richesse, augmentons les salaires".  
 
20% de grévistes à la SNCF
 
FO, qui avait organisé une journée d'information le 20 septembre, s'est abstenue, de même que la CFE-CGC qui a opté pour "consultation nationale" des salariés. La mobilisation a provoqué quelques perturbations dans les transports, mais moins qu'espéré : le trafic ferroviaire a été légèrement affecté, avec trois TGV sur quatre, mais la circulation revenait "à la normale" en fin d'après-midi selon la direction, selon qui le taux de grévistes était de 20,57% (25% selon la CGT Cheminots).
  
A la RATP, le trafic en début de soirée était quasi-normal, hormis quelques perturbations comme sur le RER B avec un train sur deux en circulation.  Dans les transports urbains, 39 préavis ont été déposés mais le service était assuré quasi-normalement sur la totalité des réseaux. Quelques préavis de grève ont aussi été déposés, notamment dans la fonction publique: 6,8% de grévistes dans la Territoriale, 3,83% pour l'Hospitalière et 4,17% dans la Fonction publique de l'Etat (3,25 % dans l'Education nationale).  A la Poste, le taux de grévistes était de 6,91% à 10h, de 6,08% à Pôle emploi le matin, selon les directions respectives. Toutes les cantines scolaires étaient par ailleurs fermées à Toulouse et Montpellier, 43 à Bordeaux, selon la CGT.

Les lycées se sont aussi invités dans le mouvement. Une dizaine de barrages filtrants ont été installés à l'entrée de lycées parisiens, à l'appel de l'UNL, principal syndicat lycéen, pour dénoncer les conditions de rentrée.

Par Olivier Levard le 11 octobre 2011 à 12:36
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55 Commentaires

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  • antirobert21, le 12/10/2011 à 05h52

    Oui, enfin l'emploi jusqu'à 80 ans, justement, on n'en veut pas.

  • clementine1218, le 12/10/2011 à 00h53

    Mr Thibault a accusé les journalistes de ce concentrer sur la primaire et de ne pas avoir parler de cette manif qui du coup c'est solder par quelques participants.C'est énorme !!!!!!!

  • jeanluck88, le 11/10/2011 à 23h04

    C'est tout juste 10% de la population active et plus objectivement 80% des fonctionnaires et autre emploies de service qui ne créer aucune richesse mais la dilapide en empêchant les autres de travailler plusieurs jours par mois et toute l'année, enfin sauf pendant les congés scolaires!! Qu'attend donc leur patron (le Président) pour mettre ses employés au boulot et leur faire comprendre qu'il faut laisser tranquille ceux qui veulent bosser et font tourner le pays?

  • xxl.44., le 11/10/2011 à 21h56

    Pour beaucoup qui font grève il faudrait peut-être voir pour les autres pays comment cela se passes car la- bas en Grèce c'est 20% de moins sur les salaires , les retraites et les prix qui montent .???

  • djimn509, le 11/10/2011 à 21h54

    Djimn509, n'oublie pas de voter a gauche en 2012, comme prime tu auras celle de pole emploi, si cet organisme de fonctionnaires n'est pas supprime etant donne qu'il ne sert strictement a rien

  • kosotto1, le 11/10/2011 à 21h21

    Dameiris : il y a des gens qui cherchent du boulot, et qui pour survivre sont prêts à accepter n'importe quoi, y compris un travail au noir (tous les demandeurs d'emploi ne souhaitent pas vivre d'assistanat et avec un RSA on ne va pas bien loin).

  • dameiris, le 11/10/2011 à 20h33

    Les gens qui souffrent vraiment, dans ce pays, ne font pas la grève, mais travaillent ou recherchent activement un emploi. Ils ne peuvent pas se payer le luxe de perdre une journée de salaire.

  • dameiris, le 11/10/2011 à 20h28

    @aciery Les riches droitards font donc travailler au noir des personnes qui ne travaillent pas au noir ? Parce que jusqu'à preuve du contraire, pour commettre ce délit, il faut un employeur et un employé.

  • dameiris, le 11/10/2011 à 20h26

    @bernard0084 Je vous crois ! Si je n'avais pas eu cours, je serais néanmoins aller les compter moi-même, par acquis de conscience, au moins une fois...

  • vv4vv, le 11/10/2011 à 19h58

    Ce n'est pas aux salariés de payer la crise : tout est dit et il n'y a pas à tourner autour du pot.

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