Dans le plan social prévoyant quelque 8000 suppressions de postes dont PSA doit dévoiler mercredi le détail, la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois d'Aulnay semble inéluctable. Mais le cas de Sevelnord, deuxième site du groupe le plus menacé après celui d'Aulnay, n'est pas encore réglé. Le groupe automobile français a envoyé lundi un signal positif pour cette usine, en annonçant un partenariat avec Toyota. Aux termes de cet accord qui couvait depuis plusieurs semaines, PSA "fournira à Toyota des véhicules de taille moyenne qui seront commercialisés en Europe sous la marque Toyota". Mais le communiqué commun aux deux groupes ne mentionne pas explicitement l'usine située à Hordain car toutes les conditions pour assurer sa pérennité ne sont pas encore remplies.
Concrètement, PSA a demandé des aides publiques pour l'aider à pérenniser Sevelnord. La direction de l'usine, qui emploie 2700 personnes, négocie actuellement un accord de flexibilité en échange de l'attribution à l'usine de la production de nouveaux véhicules, vital si le site ne veut pas connaître le même sort qu'Aulnay. "Ils ont dit sans pudeur qu'ils demanderaient aussi des aides importantes au gouvernement", affirme une source proche du dossier. "La direction du site a indiqué qu'elle avait du mal à atteindre ses objectifs en termes de coûts et qu'elle était à la recherche de compléments financiers", souligne une autre, précisant qu'il pourrait s'agir d'aides de l'Etat mais aussi de la région.
Qui obtiendra le K-Zéro ?
L'usine de Sevelnord craint pour son avenir depuis que Fiat a décidé de ne pas renouveler son partenariat sur place après 2017. Le site produira encore des utilitaires pour le groupe italien jusqu'en 2016, et également pour Toyota à partir de l'année prochaine. Mais au-delà de ces véhicules, l'attribution d'un modèle de nouvelle génération - nom de code K-Zéro - reste conditionnée à un accord de compétitivité avec les syndicats. Les négociations entre syndicats et direction sur la compétitivité de Sevelnord ont débuté depuis un mois. La CGT a d'ores et déjà indiqué qu'elle refusait de signer cet accord, dénonçant un "chantage" pour l'attribution de la production du K-Zero. La CFE-CGC de Sevelnord a réclamé des "contreparties claires en terme de maintien de l'emploi" avant d'accepter de signer. De son côté, la direction espère boucler les négociations d'ici le 27 juillet. L'accord serait valable cinq ans.
Le projet d'accord actuellement en discussion prévoit un gel des salaires pour l'ensemble du personnel en 2013 et 2014. Pour faire face aux baisses d'activité, il est envisagé aussi une mobilité accrue, qu'elle soit interne sur le site ou externe dans la région Nord-Pas-de-Calais, et une plus grande flexibilité dans les délais nécessaires pour monter une équipe en cas de surcroît de demande imprévu. Mais cet accord n'entrerait en vigueur que si Sevelnord obtenait effectivement la production du K-Zéro. Or l'usine est en concurrence avec le site de Vigo, en Espagne, où le coût du travail est inférieur d'un tiers.









