"On ne peut pas négocier avec le couteau sous la gorge. Il faut absolument que le gouvernement annule ou en tout cas bloque le plan de licenciement de Peugeot", a déclaré Jean-Pierre Mercier, délégué syndical CGT du groupe PSA d'Aulnay à la mi-journée sur LCI. Cette revendication, c'est le message qui a été porté une heure plus tard l'intersyndicale du groupe automobile à l'Elysée où elle était reçue par François Hollande.
Lors de cet entretien, le chef de l'Etat a promis une négociation tripartite - Etat, PSA syndicats d'Aulnay - mi-octobre, a annoncé un syndicaliste. Mais il ne s'est pas engagé à suspendre le plan de PSA. "Le président a dit qu'il soutenait notre demande et que la prochaine réunion tripartite ce serait mi-octobre" a déclaré à sa sortie de l'Elysée Tanja Sussest du syndicat SIA. "Sur la suspension du plan de licenciement, François Hollande ne s'est pas engagé", a pour sa part indiqué Jean-Pierre Mercier.
Manifestation à Paris
Pendant que le président recevait l'intersyndicale, des centaines de salariés de l'usine d'Aulnay-sous-bois ont défilé pour protester contre la fermeture de leur établissement en 2014. Selon les organisateurs, ils étaient quelque 800 ouvriers à manifester dans le VIIIe arrondissement de la capitale, où se situe le palais de l'Élysée, sous des banderoles "Non à la fermeture d'Aulnay" ou encore "Hollande le changement, c'est le néant".
"On demande des actes"
Le syndicat SUD, par la voix de son porte-parole Mohamed Khenniche, avait indiqué ce matin qu'il n'attendait "franchement rien" de la rencontre avec François Hollande. "Il nous reçoit parce qu'il devait nous recevoir", a estimé Mle syndicaliste, qui portait un t-shirt noir barré du slogan "Le changement ce sont nos luttes qui le feront", allusion au slogan de la campagne présidentielle du candidat PS, "le changement, c'est maintenant".
Selon lui, l'intersyndicale n'attend pas davantage du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg qui "ne nous a pas montré qu'il servait à quelque chose jusqu'à présent" et qui participait à la réunion avec le chef de l'Etat.
"Je pense que le gouvernement ne fera rien pour nous, on va se battre jusqu'au bout pour essayer d'empêcher la fermeture du site d'Aulnay" (Seine-Saint-Denis), a enchaîné le syndicaliste."On demande des actes", a lancé pour sa part Jean-Philippe Hardy, secrétaire du syndicat FO à PSA Aulnay, appelant François Hollande à "peser de tout son poids, de par sa fonction, en tant que président, pour (parvenir à) une réunion tripartite".
En direct sur LCI, Philippe Poutou, le leader du Nouveau parti anticapitaliste, s'est insurgé contre les licenciements à PSA et ailleurs.
Voir la vidéo :
PSA a annoncé un vaste plan de restructuration prévoyant la suppression de 8.000 postes, dont 3.000 emplois en contrat à durée indéterminée à Aulnay-sous-Bois, après la fermeture du site, et 1.400 à Rennes. Après la publication la semaine dernière d'un rapport d'expert qui jugeait "inévitable" ce plan social, les salariés en ont appelé à François Hollande qui avait promis, pendant la campagne présidentielle, de les rencontrer.










